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Ron Weasley — Moi aussi, j'y ai pensé, dit Ron. Harry, il faut que tu viennes à la maison. J'arrangerai ça avec mes parents et je t'appellerai. Je sais comment me servir d'un fêlétone, maintenant.
— Un téléphone, Ron, rectifia Hermione. Tu devrais étudier les Moldus, l'année prochaine...
Il s'agit d'un Scrutoscope de poche. Lorsque quelqu'un en qui on ne peut pas avoir confiance se trouve dans les parages, il doit normalement s'allumer et se mettre à tourner. Bill prétend que c'est un attrape-nigaud qu'on vend aux sorciers qui font du tourisme. Il dit qu'on ne peut pas s'y fier, sous prétexte qu'il est resté allumé pendant tout le dîner, hier soir. Mais il ne s'était pas rendu compte que Fred et George avaient mis des scarabées dans sa soupe.
— Nous allons lui dire que nous lui donnerons l’épée quand il nous aura aidés à pénétrer dans la chambre forte… mais nous prendrons la précaution de ne pas lui préciser à quel moment exactement il
pourra la récupérer.
Un sourire s’étala sur le visage de Ron. Hermione, en revanche, parut s’alarmer.
— Harry, nous n’allons pas…
— Il l’aura, poursuivit Harry, après que nous nous en serons servis contre tous les Horcruxes. À ce moment-là, je la lui laisserai. Je tiendrai ma parole.
— Mais ça prendra peut-être des années ! s’exclama Hermione.
— Je sais, mais lui n’a pas besoin de le savoir. Je ne lui mentirai pas… pas vraiment.
Harry croisa le regard d’Hermione avec un mélange de défi et de honte. Il se rappela les mots gravés au-dessus de la porte de Nurmengard : « Pour le plus grand bien ». Il repoussa cette pensée. Quel autre choix avaient-ils ?
— Je n’aime pas ça, dit Hermione.
— Moi non plus, pas beaucoup, admit Harry.
— Moi, je trouve que c’est génial, approuva Ron en se levant. Allons lui annoncer ça.
— Attends un peu, toi ! s’écria Hermione en tendant le bras pour arrêter un élève de quatrième année qui l’avait poussée, un disque vert vif à la main. Les Frisbee à dents de serpent sont interdits, donne-moi ça, ordonna-t-elle d’un ton sévère.
L’air mécontent, le garçon lui tendit le Frisbee qu’on entendait gronder, se pencha pour passer sous le bras d’Hermione et courut rattraper ses amis. Ron attendit qu’il soit hors de vue pour arracher le Frisbee des mains d’Hermione.
— Parfait, j’ai toujours eu envie d’en avoir un.
Les protestations d’Hermione furent couvertes par un gloussement sonore. Lavande Brown avait apparemment trouvé désopilante la remarque de Ron. Elle les dépassa en riant et jeta par-dessus son épaule un coup d’oeil à Ron qui eut l’air très content de lui.
Mais l’image de Harry-Jedusor parlait à présent avec la voix de Voldemort et Ron, hypnotisé, fixait son visage.
— Pourquoi es-tu revenu ? Nous étions beaucoup mieux sans toi, beaucoup plus heureux, contents de ton absence… Nous nous moquions de ta stupidité, de ta lâcheté, de ta prétention…
— Ta prétention ! répéta en écho l’image d’Hermione-Jedusor, plus belle, mais aussi plus terrible que la véritable Hermione : elle se balançait, parlant d’une voix caquetante, devant Ron horrifié, cloué sur place, l’épée pendant inutilement à son côté. Qui donc pourrait te regarder, qui donc pourrait jamais te remarquer, à côté de Harry Potter ? Qu’as-tu jamais réussi à accomplir, comparé à l’Élu ?
Qui es-tu, comparé au Survivant ?
— Ron, transperce-le, TRANSPERCE-LE ! hurla Harry, mais Ron ne bougea pas. Il avait écarquillé ses yeux dans lesquels se reflétaient le Harry et l’Hermione-Jedusor, leurs cheveux dansant comme des flammes, leur regard rougeoyant, leurs voix aiguës se mêlant en un duo maléfique.
— Ta mère a avoué, reprit Harry-Jedusor d’un ton narquois, accompagné des ricanements de la
fausse Hermione, qu’elle aurait préféré m’avoir comme fils, qu’elle serait ravie de faire l’échange…
— Qui ne le préférerait pas ? Quelle femme te choisirait ? Tu n’es rien, rien, face à lui, susurra
Hermione-Jedusor.
À présent, Rogue se trouvait à nouveau dans le bureau du directeur où Phineas Nigellus revenait
précipitamment dans son tableau.
— Cher directeur ! Ils campent dans la forêt de Dean ! La Sang-de-Bourbe…
— N’utilisez pas ce terme !
— La fille Granger, si vous préférez, a prononcé le nom au moment où elle ouvrait son sac et je l’ai
entendue !
— Tu connais le Saule cogneur, dit Ron. Il... il n'aime pas du tout qu'on lui tombe dessus.
Ron à Harry à propos de son balai
Personnages concernés : Ron Weasley, Harry Potter
— Si on prenait plutôt une soirée de repos ? proposa Hermione d’un ton allègre alors qu’une fusée au sillage d’étoiles argentées passait devant la fenêtre. Après tout, les vacances de Pâques commencent vendredi, on aura tout notre temps à ce moment-là.
— Tu te sens bien ? demanda Ron en la regardant d’un air incrédule.
— Maintenant que tu m’en parles, répondit joyeusement Hermione, il est vrai que je me sens un peu… rebelle.
Ils finirent par s’installer pour la nuit dans un champ lointain qui appartenait à une ferme isolée où
ils purent se procurer des oeufs et du pain.
— Ce n’est pas du vol, hein ? demanda Hermione, anxieuse, tandis qu’ils dévoraient des oeufs
brouillés sur toast. Puisque j’ai laissé de l’argent à côté du poulailler ?
Ron leva les yeux au ciel et répondit, les joues pleines :
— Her-mignonne, ’u es ’oujours ’rop inquiè’e. ’é’ends-’oi.
De l’autre côté du cachot, une longue table était recouverte de velours noir. Ils s’en
approchèrent d’un air gourmand mais se figèrent soudain sur place avec une grimace
horrifiée. L’odeur qui se dégageait du buffet était parfaitement répugnante. De gros poissons
pourris s’étalaient sur des plats d’argent, entre des amoncellements de gâteaux brûlés comme
du charbon. Il y avait aussi un énorme hachis grouillant de vers et un morceau de fromage
couvert de moisissure verdâtre. Au milieu de la table, à la place d’honneur, se dressait un
gigantesque gâteau en forme de pierre tombale sur lequel était écrit en lettres noires :
Sir Nicholas de Mimsy-Porpington
mort le 31 octobre 1492
— Il vaudrait mieux qu’on ne reste pas trop près, dit Ron. J’ai mal au coeur.
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