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Ron Weasley — Ne me parlez surtout pas, dit Ron à voix basse en s'adressant à Harry et à Hermione, lorsqu'ils furent installés à la table des Gryffondor.
— Et pourquoi est-ce qu'on ne doit pas te parler ? s'étonna Hermione.
— Parce que je veux graver ça à tout jamais dans ma mémoire, répondit Ron, les yeux fermés, une expression d'extase sur le visage. Drago Malefoy, l'extraordinaire fouine bondissante...
— Il dit qu’il veut nous faire une surprise. J’ai essayé de lui expliquer qui était Ombrage, mais il n’a toujours pas compris. Il prétend qu’aucune personne saine d’esprit ne préférerait étudier les Noueux plutôt que les Chimères… Oh, non, je ne pense pas qu’il ait de Chimère, s’empressa-t-elle d’ajouter en voyant le regard épouvanté de Harry et de Ron.
— OUAIS ! hurla-t-il.
Il exécuta un demi-tour et redescendit en piqué, levant la main qui tenait le Vif d’or. Lorsque la foule comprit ce qui venait de se passer, une immense clameur s’éleva dans le stade, couvrant le bruit du sifflet qui signalait la fin du match.
— Ginny, où vas-tu ? s’écria Harry, coincé par les autres joueurs qui l’étreignaient en plein vol, mais Ginny leur passa devant et poursuivit sa course jusqu’à l’estrade du commentateur qu’elle percuta de plein fouet dans un fracas assourdissant. Tandis que des cris et des rires fusaient des tribunes, le reste de l’équipe de Gryffondor atterrit devant les débris de bois sous lesquels Zacharias remuait faiblement. Harry entendit Ginny déclarer d’un ton dégagé à un professeur McGonagall très en colère :
— Désolée, professeur, j’ai oublié de freiner.
Éclatant de rire, Harry se dégagea des autres joueurs
— Je ne peux pas, professeur. J’ai… heu… un rendez-vous avec le professeur Dumbledore, ce soir-là.
— Décidément, je joue de malchance ! s’écria Slughorn d’un ton théâtral. Ah, mais, vous ne pourrez pas toujours m’échapper, Harry !
Et avec un geste majestueux de la main, il sortit de la boutique de sa démarche chaloupée, sans accorder plus d’importance à Ron que s’il avait été un présentoir de Nids de cafards.
— Et avec qui elle est, maintenant ? demanda Ron à Hermione, mais ce fut Ginny qui répondit.
— Michael Corner, dit-elle.
— Michael, mais…, s’étonna Ron en tendant le cou pour mieux la voir. C’est toi qui sortais avec lui !
— Plus maintenant, assura Ginny. Il n’était pas content que Gryffondor ait battu Serdaigle au Quidditch. Il faisait tout le temps la tête, alors je l’ai laissé tomber et il s’est consolé avec Cho.
Elle se gratta le nez d’un air distrait avec l’extrémité de sa plume, retourna Le Chicaneur et commença à cocher les réponses à son jeu. Ron parut enchanté.
— J’ai toujours pensé qu’il était un peu idiot, dit-il en avançant sa reine vers une tour de Harry. (La tour se mit à trembler.) C’est très bien pour toi, la prochaine fois, tu choisiras peut-être quelqu’un… de mieux.
Il jeta à Harry un coup d’oeil étrangement furtif.
— Maintenant, j’ai choisi Dean Thomas. Tu le trouves mieux ? demanda Ginny d’un ton absent.
— QUOI ? s’écria Ron en renversant l’échiquier.
Quelque part au loin, ils entendirent Peeves qui filait dans les couloirs en lançant un chant victorieux de sa propre composition :
On les a eus,
Vaincus, battus,
Le p’tit Potter est un héros,
Voldy nourrit les asticots,
ils ont tous été écrasés,
Maintenant, on peut rigoler !
— Voilà qui exprime bien l’ampleur et la tragédie de l’événement, vous ne trouvez pas ? dit Ron en ouvrant une porte pour laisser passer Harry et Hermione.— Le Moine Gras m’a dit - Ernie baissa la voix avec des airs de conspirateur, obligeant Harry, Ron et Hermione à se rapprocher de lui pour l’entendre - qu’Ombrage a essayé d’entrer dans son bureau la nuit dernière, après qu’on l’a cherché partout dans le château et dans le parc. Elle n’a pas réussi à passer la gargouille. Le bureau s’est fermé hermétiquement devant elle, dit-il avec un sourire goguenard. Il paraît qu’elle a piqué une assez belle crise de rage.
— Elle devait sûrement s’imaginer trônant à la place du directeur, dit Hermione d’un ton hargneux tandis qu’ils montaient les marches de pierre qui menaient dans le hall d’entrée. Elle se voyait déjà régenter tous les autres profs, cette espèce de stupide vieille boursouflure assoiffée de pouvoir…
— Tu veux peut-être encore ajouter quelque chose, Granger ?
Drago Malefoy avait surgi de derrière la porte, suivi de Crabbe et de Goyle.
— Très bien, très bien ! C’est la seule idée qui me soit venue à l’esprit ! Quelle est ta solution,
alors ? [Ron]
— Il faut que nous lui offrions quelque chose d’autre, quelque chose qui ait autant de valeur. [Hermione]
— Brillante idée. Je vais aller chercher une autre épée ancienne fabriquée par des gobelins et tu lui
feras un emballage cadeau.
Le professeur Trelawney se comporta presque normalement jusqu'à la fin du repas qui se termina deux heures plus tard. L'estomac rempli à craquer, leurs chapeaux trouvés dans les pétards surprises sur la tête, Harry et Ron furent les premiers à se lever. Le professeur Trelawney poussa alors un cri perçant.
— Mes enfants ! s'exclama-t-elle. Lequel de vous deux s'est levé le premier ? Lequel ?
— Je ne sais pas, répondit Ron en regardant Harry d'un air gêné.
— Je crois que cela n'a aucune importance, déclara le professeur McGonagall d'un ton glacial. A moins qu'un tueur fou attende de découper à coups de hache le premier qui sortira de cette salle.
Même Ron éclata de rire. Le professeur Trelawney parut gravement offensée.
— On ne vous a jamais raconté ça, Ron ? dit Lupin. Tout ce qu'on a retrouvé de Peter, c'est un doigt de sa main.
— Croûtard s'est sans doute battu avec un autre rat et il a perdu un doigt dans la bagarre ! répliqua Ron. Ça fait une éternité qu'il est dans la famille...
— Douze ans, dit Lupin. Vous ne vous êtes jamais demandé comment il se fait qu'il ait vécu aussi longtemps ?
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