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Harry Potter et les Reliques de la Mort — Pourquoi fallait-il que vous rendiez les choses si difficiles ? [Harry]
Dumbledore eut un sourire timide.
— J’ai peur de le dire, mais je comptais sur Miss Granger pour te ralentir, Harry. Je craignais que ton tempérament emporté ne domine ton bon coeur. Je redoutais qu’en t’exposant ouvertement la vérité sur ces objets tentateurs, tu ne t’empares des reliques comme je l’ai fait, au mauvais moment et pour de mauvaises raisons. Si tu parvenais à mettre la main dessus, je voulais que tu les possèdes sans courir de danger. Tu es le vrai maître de la Mort parce que, la mort, le vrai maître ne cherche pas à la fuir. Il accepte le fait qu’il doit mourir et comprend qu’il y a dans le monde des vivants des choses pires, bien
pires, que la mort.
— Nous allons lui dire que nous lui donnerons l’épée quand il nous aura aidés à pénétrer dans la chambre forte… mais nous prendrons la précaution de ne pas lui préciser à quel moment exactement il
pourra la récupérer.
Un sourire s’étala sur le visage de Ron. Hermione, en revanche, parut s’alarmer.
— Harry, nous n’allons pas…
— Il l’aura, poursuivit Harry, après que nous nous en serons servis contre tous les Horcruxes. À ce moment-là, je la lui laisserai. Je tiendrai ma parole.
— Mais ça prendra peut-être des années ! s’exclama Hermione.
— Je sais, mais lui n’a pas besoin de le savoir. Je ne lui mentirai pas… pas vraiment.
Harry croisa le regard d’Hermione avec un mélange de défi et de honte. Il se rappela les mots gravés au-dessus de la porte de Nurmengard : « Pour le plus grand bien ». Il repoussa cette pensée. Quel autre choix avaient-ils ?
— Je n’aime pas ça, dit Hermione.
— Moi non plus, pas beaucoup, admit Harry.
— Moi, je trouve que c’est génial, approuva Ron en se levant. Allons lui annoncer ça.
C’était une plaque
prétentieuse, écrite à la main en lettres soigneusement tracées, le genre de chose que Percy Weasley
aurait pu coller sur la porte de sa chambre :
DÉFENSE D’ENTRER
SANS L’AUTORISATION EXPRESSE
DE REGULUS ARCTURUS BLACK
Un sentiment d’excitation s’insinua en lui, mais Harry n’en comprit pas tout de suite la raison. Il lut
à nouveau l’écriteau. Hermione avait déjà descendu une volée de marches.
— Hermione, dit-il, surpris de pouvoir parler d’une voix si calme. Viens voir.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— R.A.B. Je crois que je l’ai trouvé.— Je pensais qu’il serait avec vous. Où l’avez-vous laissé ? [Abelforth Dumbledore]
— Il est mort, dit Harry. Bellatrix Lestrange l’a tué.
Le visage du barman resta impassible. Au bout d’un moment, il murmura :
— Je suis navré de l’apprendre. J’aimais bien cet elfe.
— Comment te sens-tu, Géorgie ? murmura Mrs Weasley.
Les doigts de George cherchèrent à tâtons le côté de sa tête.
— Comme un saint, murmura-t-il.
— Qu’est-ce qu’il a ? croassa Fred, l’air terrifié. Il est devenu fou ?
— Comme un saint, répéta George qui ouvrit les yeux et regarda son frère. Tu vois, j’ai une oreillole. Une oreillole, Fred, tu as compris ?
Mrs Weasley sanglota de plus belle. Le teint pâle de Fred se colora soudain.
— Consternant, dit-il à George. Absolument consternant ! Le vaste horizon des plaisanteries liées aux oreilles s’ouvrait largement devant toi et tu ne trouves rien de mieux que oreillole ?
— Bah, au moins, répliqua George en souriant à sa mère ruisselante de larmes, tu n’auras plus aucun mal à nous reconnaître, maintenant.
— Enfin, quoi, Hermione, pourquoi refuses-tu de l’admettre ? Vol…
— HARRY, NON !
— … demort cherche la Baguette de Sureau !
— Le nom est tabou ! beugla Ron qui se leva d’un bond, alors qu’un crac ! sonore retentissait à
l’extérieur de la tente. Je te l’avais dit, Harry, je te l’avais dit, on ne peut plus le prononcer… Il faut
renouveler les sortilèges de Protection autour de nous… vite… c’est comme ça qu’ils trouvent…
Dudley pointa sur Harry une grosse main en forme de jambon.
— Pourquoi est-ce qu’il ne vient pas avec nous ?
L’oncle Vernon et la tante Pétunia se figèrent sur place, dévisageant Dudley comme s’il venait d’exprimer le désir de devenir danseuse de ballet.
— Quoi ? s’exclama l’oncle Vernon.
— Pourquoi est-ce qu’il ne vient pas avec nous ? répéta Dudley.
— Eh bien, parce que… parce qu’il ne le veut pas, répondit l’oncle Vernon.
Il se tourna vers Harry pour lui lancer un regard noir et ajouta :
— Tu ne veux pas, n’est-ce pas ?
— Pas le moins du monde, assura Harry.
— Tu as vu cette stupide petite barbe qu’il s’est fait pousser ?
— Vous l’avez maintenu en vie pour qu’il puisse mourir au bon moment ?
— Ne soyez pas choqué, Severus. Combien d’hommes et de femmes avez-vous vus mourir ?
— Récemment, seuls ceux que je n’ai pas pu sauver, dit Rogue.
Il se leva.
— Vous vous êtes servi de moi.
— Que voulez-vous dire ?
— Que j’ai espionné pour vous, menti pour vous, que j’ai couru des dangers mortels pour vous.
Tout cela devait assurer la sécurité du fils de Lily Potter. Et maintenant, vous m’annoncez que vous
l’avez élevé comme un porc destiné à l’abattoir…
— Voilà qui est très émouvant, Severus, remarqua Dumbledore d’un ton sérieux. En êtes-vous venu
à éprouver de l’affection pour ce garçon ?
— Pour lui ? s’écria Rogue. Spero Patronum !
De l’extrémité de sa baguette jaillit alors la biche argentée. Elle atterrit sur le sol, traversa la pièce
d’un bond, et s’envola par la fenêtre. Dumbledore la regarda s’éloigner et lorsque sa lueur d’argent se
fut évanouie, il se tourna à nouveau vers Rogue, les yeux pleins de larmes.
— Après tout ce temps ?
— Toujours, dit Rogue.
— J’ai remarqué que votre gâteau d’anniversaire avait la forme d’un Vif d’or, dit Scrimgeour à Harry. Pour quelle raison ?
Hermione eut un rire moqueur.
— Ça ne peut certainement pas être une allusion au fait que Harry est un remarquable attrapeur, ce serait trop évident, lança-t-elle. Il doit sûrement y avoir un message secret de Dumbledore caché dans la crème Chantilly.
— Je ne crois pas qu’il y ait quoi que ce soit caché dans la crème, répliqua Scrimgeour, mais un Vif d’or serait certainement une bonne cachette pour dissimuler un petit objet. Vous savez sûrement pourquoi ?
Harry haussa les épaules. Ce fut Hermione qui répondit. Harry pensa que l’habitude de donner les bonnes réponses aux questions était tellement ancrée en elle qu’elle s’était transformée en un besoin irrépressible.
— Parce que les Vifs d’or ont une mémoire tactile, dit-elle.
— Quoi ? s’exclamèrent Harry et Ron d’une même voix.
Tous deux avaient toujours considéré comme négligeables les connaissances d’Hermione en matière de Quidditch.
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