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Ron Weasley — Tu essayes de te faire un peu d'argent de poche, Weasley ? Tu vises la place de garde-chasse quand tu sortiras de Poudlard ? C'est vrai que pour quelqu'un de ta famille, la cabane de Hagrid doit avoir l'air d'un palace.
Lorsqu’ils avancèrent le long de la rue, les mendiants aperçurent Hermione et semblèrent disparaître devant elle, tirant leur capuchon sur leur visage, fuyant aussi vite qu’ils le pouvaient. Hermione les regarda avec curiosité, jusqu’à ce que l’homme au bandage ensanglanté vienne d’un pas chancelant lui barrer le chemin.
— Mes enfants ! mugit-il en pointant le doigt sur elle. Il y avait un accent de détresse dans sa voix éraillée, haut perchée.
— Où sont mes enfants ? Qu’a-t-il fait d’eux ? Vous le savez, vous le savez !
— Je… en fait, je…, balbutia Hermione.
L’homme se jeta sur elle, essayant de la prendre à la gorge. Un éclair rouge jaillit aussitôt, accompagné d’un bang !, et il fut projeté à terre, inconscient. Ron resta figé, sa baguette toujours tendue devant lui, une expression d’horreur perceptible derrière sa barbe.
— Le sortilège n’a même pas pénétré dans le château. On ne peut pas dire que le plan était infaillible. [Ron]
— Tu as raison, approuva Hermione, en donnant à Ron un petit coup de pied pour qu’il se lève du fauteuil qu’elle rendit à l’élève de première année. Ce n’était pas du tout bien pensé.
— Depuis quand Malefoy est-il un grand penseur ? demanda Harry. Ni Ron, ni Hermione ne lui répondirent.
— Je suis Drago Malefoy, c’est moi, Drago, je suis dans votre camp !
Drago, en haut des marches, suppliait un autre Mangemort masqué de l’épargner. Harry stupéfixa le
Mangemort au passage. Malefoy, soudain rayonnant, regarda autour de lui, cherchant son sauveur, mais
Ron lui donna un coup de poing à travers la cape. Malefoy tomba en arrière sur le Mangemort
inconscient, la bouche ensanglantée, proprement stupéfait.
— C’est la deuxième fois qu’on te sauve la vie, ce soir, abominable faux-jeton ! lança Ron.
— Ça te fera trois Gallions, neuf Mornilles et une Noise, annonça Fred en examinant les nombreuses boîtes que Ron portait dans les bras. Allonge la monnaie.
— Je suis ton frère !
— Et ce sont nos produits que tu essayes de piquer. Trois Gallions, neuf Mornilles, je te fais grâce de la Noise.
— Je n’ai pas trois Gallions, neuf Mornilles !
— Alors, tu remets tout ça où tu l’as pris et ne te trompe pas d’étagères.
Ron laissa tomber plusieurs boîtes, poussa un juron et adressa à Fred un geste grossier de la main, malheureusement surpris par Mrs Weasley qui avait choisi ce moment pour se montrer.
— Si je te vois encore faire ça, je te jette un sort qui te collera les doigts, lança-t-elle sèchement.
Harry lança à Hermione un regard en biais.
— Tu sais ce que ça me rappelle ?
— Non, quoi ?
— La marque des Mangemorts. Il suffit que Voldemort touche l’une d’elles pour que toutes les autres marques deviennent douloureuses. Ils savent alors qu’ils doivent le rejoindre.
— En fait… oui, admit Hermione à voix basse. C’est ce qui m’a donné l’idée… Mais tu auras quand même remarqué que j’ai gravé les chiffres sur des morceaux de métal pas sur la peau.
— Oui… Je préfère ta méthode, dit Harry avec un sourire en glissant son Gallion dans sa poche. Le seul ennui, avec ces pièces, c’est qu’on risque de les dépenser par inadvertance.
— Aucun danger, dit Ron qui contemplait son propre Gallion d’un air un peu triste. Je n’ai aucun vrai Gallion avec lequel je puisse le confondre.
Une certitude intérieure venait de s’effondrer en lui. C’était exactement ce qu’il avait éprouvé après le départ de Ron. Il avait eu confiance en Dumbledore, il avait été convaincu qu’il était l’incarnation du bien et de la sagesse. Tout cela partait en cendres : que pouvait-il encore perdre ? Ron, Dumbledore, la baguette à la plume de phénix.
Pensées de Harry à propos des révélations de Rita Skeeter sur Dumbledore
Personnages concernés : Harry Potter, Albus Dumbledore, Ron Weasley
— Si on y réfléchit, ajouta Ron, c’est peut-être à cause de cette histoire que les baguettes de sureau
ont la réputation de porter malheur.
— De quoi tu parles ?
— De l’une de ces superstitions, tu sais bien ? Le genre Sorcière qui en mai naquit aura un Moldu
pour mari, Maléfice du crépuscule à minuit sera nul, Baguette de sureau, toujours un fléau. Vous les
avez sûrement entendus. Ma mère en connaît plein.
Au moment de la séparation, Mrs Weasley fondit en larmes. Il en fallait d’ailleurs peu pour l’émouvoir, ces derniers temps. Elle avait pleuré à plusieurs reprises depuis que Percy était parti en trombe de la maison, ses lunettes maculées de purée de panais (ce dont Fred, George et Ginny s’attribuaient tous les trois le mérite).
— Ne sois pas triste, maman, dit Ginny en lui tapotant le dos tandis que Mrs Weasley sanglotait sur son épaule. Tout va bien…
— Oui, ne t’inquiète pas pour nous, ajouta Ron en laissant sa mère lui donner un baiser humide sur la joue, ni pour Percy. Un crétin pareil, ce n’est pas une grande perte.
— Mais cette marque revient sans cesse, Harry ! Si Dumbledore m’a légué Les Contes de Beedle le
Barde, qui te dit que ce n’est pas pour qu’on découvre la signification de ce symbole ? [Hermione]
— Et ça recommence !
Harry sentait l’exaspération monter en lui.
— Nous essayons de nous convaincre que Dumbledore nous a laissé des signes, des indices
secrets…
— Le Déluminateur s’est révélé très utile, intervint Ron. Je crois qu’Hermione a raison. Nous
devrions aller voir Lovegood.
Harry lui lança un regard noir. Il était persuadé que son soutien à Hermione n’avait pas grand-chose
à voir avec le désir d’en savoir plus sur la rune triangulaire.
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