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Ron Weasley — Il m'a mordu ! s'écria-t-il en leur montrant sa main enveloppée d'un mouchoir ensanglanté. Je vais être incapable de tenir une plume pendant au moins une semaine. Ce dragon est la créature la plus effroyable que j'aie jamais rencontrée, mais Hagrid en parle comme si c'était un gentil petit lapin. Quand il m'a mordu, il a dit que c'était ma faute, que je lui avais fait peur. Et quand je suis parti, il lui chantait une berceuse.
Chacun volait à tour de rôle sur le Nimbus 2000 de Harry. C’était de très loin le meilleur balai dont ils disposaient. La vieille Étoile filante de Ron se faisait souvent dépasser
par des papillons.
— Tu as très bien entendu. Je t’ai vu. Tu as versé un liquide dans le verre de Ron. Tu as encore la bouteille dans ta main droite !
— Je ne sais pas de quoi tu parles, répliqua Harry, glissant en hâte le flacon dans sa poche.
— Ron, je te préviens, ne bois pas ça ! répéta Hermione, alarmée, mais Ron prit son verre et le vida d’un trait.
— Arrête de me donner des ordres, Hermione, dit-il. Elle parut scandalisée. Se penchant vers Harry pour que personne d’autre ne l’entende, elle chuchota à son oreille :
— Tu pourrais être renvoyé pour ça. Je ne t’aurais jamais cru capable d’une chose pareille, Harry !
— Écoutez-moi l’experte ! répondit-il dans un murmure. Tu n’as pas jeté d’autres sortilèges de Confusion ces temps derniers ?
— Finalement, ça ne s’est pas trop mal passé, tu ne pouvais pas espérer mieux, murmura Harry.
— C’est vrai, répondit Ron. Ça aurait pu être pire. Tu te souviens quand elle m’a jeté des oiseaux à
la tête ?
— Il n’est pas totalement exclu que je recommence, répliqua la voix étouffée d’Hermione, sous ses
couvertures.
Et Harry vit Ron esquisser un sourire tandis qu’il sortait de son sac à dos son pyjama violet.
— Quoi ? demanda Hermione, sur la défensive.
— Si tu veux mon avis, dit Harry à voix basse, McLaggen a l’air d’avoir subi un sortilège de Confusion. Et il se trouvait juste en face de l’endroit où tu étais assise dans les tribunes.
Hermione rougit.
— Bon, d’accord, c’est vrai, je lui ai jeté un sort, murmura-t-elle. Mais tu aurais dû entendre la façon dont il parlait de Ron et de Ginny ! Il a un caractère épouvantable, tu as bien vu comment il a réagi quand il a raté son coup. Tu n’aurais pas voulu de quelqu’un comme ça dans ton équipe.
— Non, reconnut Harry. C’est sans doute vrai. Mais n’était-ce pas un peu malhonnête, Hermione ? Tu es préfète, non ?
— Oh, tais-toi, répliqua-t-elle sèchement en voyant son sourire railleur.
— Après ton départ, dit-il à voix basse, soulagé que Ron se soit caché le visage, elle a pleuré
pendant une semaine. Sans doute davantage, mais elle ne voulait pas que je m’en aperçoive. Pendant
longtemps, le soir, nous ne nous sommes pas adressé la parole. Sans toi…
Il ne put achever sa phrase. C’était seulement maintenant, avec le retour de Ron, que Harry réalisait
pleinement ce que leur avait coûté son absence.
— Elle est comme une soeur pour moi, poursuivit-il. Je l’aime à la manière d’une soeur et je pense
qu’elle ressent la même chose de son côté. C’est comme ça depuis toujours. Je croyais que tu le savais.
— Je suis le nouvel attrapeur des Serpentard, Weasley, répliqua Malefoy d’un ton hautain en se drapant dans sa robe. Et tout le monde est en train d’admirer les balais que mon père a offerts à l’équipe.
Ron contempla bouche bée les sept superbes balais qui s’alignaient sous ses yeux.
— Pas mal, non ? dit Malefoy d’une voix doucereuse. Mais peut-être que l’équipe des Gryffondor va réussir à trouver un peu d’or pour acheter de nouveaux balais, elle aussi. Vous pourriez donner vos Brossdur 5 à une tombola. Il y a peut-être un musée que ça intéressera.
— Je suis désolé, dit Ron, gémissant un peu lorsqu’il se redressa pour mieux les voir, mais j’ai l’impression que c’est devenu un maléfice, ou quelque chose comme ça. On ne pourrait pas l’appeler Tu-Sais-Qui… s’il vous plaît ?
— Dumbledore disait que la peur d’un nom…, commença Harry.
— Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, mon vieux, appeler Tu-Sais-Qui par son nom n’a pas fait beaucoup de bien à Dumbledore, à la fin, répliqua sèchement Ron. Essaye de montrer un peu de respect envers Tu-Sais-Qui, tu veux bien ?
— Du respect ? répéta Harry.
Il attendit. À tout moment, maintenant,
ceux pour qui il avait essayé de mourir allaient le voir, reposant, apparemment mort, dans les bras de Hagrid.
— NON !
Ce cri était d’autant plus terrible qu’il n’aurait jamais imaginé, même en rêve, que le professeur McGonagall puisse émettre un tel son. [...]
— Non !
— Non !
— Harry ! HARRY !
Les voix de Ron, d’Hermione et de Ginny étaient pires que celle de McGonagall. Harry aurait voulu plus que tout leur répondre, mais il se força à rester silencieux et leurs cris agirent comme un détonateur.
— Tenez, goûtez-moi ça, dit Slughorn.
Il tendit un verre d’hydromel à Harry et à Ron avant de lever le sien.
— Eh bien, bon anniversaire, Ralph…
— Ron…, murmura Harry.
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