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Dudley Dursley La tante Pétunia, qui avait enfoui son visage dans son mouchoir, se retourna en entendant le bruit. Apparemment, elle ne s’était pas attendue à se retrouver seule avec Harry. Elle fourra précipitamment son mouchoir humide dans sa poche et dit :
— Eh bien… Adieu.
Puis elle se dirigea vers la porte sans lui accorder un regard.
— Adieu, répondit Harry.
Elle s’arrêta et se tourna vers lui. Pendant un instant, Harry eut la très bizarre impression qu’elle voulait lui dire quelque chose : elle lui jeta un regard étrange, craintif, et sembla sur le point de parler mais, avec un petit mouvement de tête, elle fila soudain hors de la pièce pour rejoindre son mari et son fils.
— Alors, à qui as-tu cassé la figure, ce soir ? demanda Harry dont le sourire s’effaça. Encore un môme de dix ans ? Je sais que tu t’en es pris à Mark Evans il y a deux jours…
— Il l’avait cherché, gronda Dudley.
— Ah bon ?
— Il a été insolent.
— Vraiment ? Il a dit que tu avais l’air d’un cochon à qui on aurait appris à marcher sur deux pattes ? Mais ça, ce n’est pas de l’insolence, Dud, c’est la vérité.
[...]
Tu n’es pas aussi bête que tu en as l’air, Dud. La preuve, c’est que tu arrives à marcher et à parler en même temps.
— Comme vous le savez sûrement, Harry sera majeur dans un an.
— Non, répliqua tante Pétunia qui ouvrait la bouche pour la première fois depuis l’arrivée de Dumbledore.
— Pardon ? s’étonna celui-ci d’un ton poli.
— Non, car il a un mois de moins que Dudley et Duddy aura dix-huit ans dans deux ans.
— Ah oui, bien sûr, reprit Dumbledore d’un air affable, mais dans le monde de la sorcellerie, il se trouve que nous sommes majeurs à dix-sept ans.
— Ridicule, marmonna l’oncle Vernon, sans que Dumbledore lui prête la moindre attention.
— À en juger par votre expression de franche incrédulité, Harry ne vous a pas averti de mon arrivée, dit aimablement Dumbledore. Mais faisons comme si vous m’aviez chaleureusement invité à entrer chez vous. Il n’est guère prudent de s’attarder longtemps sur le seuil d’une maison en ces temps troublés.
— Je n'aurais pas dû m'énerver comme ça, dit-il d'un ton de regret. Mais de toute façon, ça n'a pas marché. Je voulais le changer en cochon, mais il ressemble déjà tellement à un cochon qu'il n'y avait pas grand-chose de plus à faire.
Dudley se tenait toujours le derrière comme s'il avait peur qu'il se détache de son corps et tombe par terre.
Dudley ressemblait beaucoup à l'oncle Vernon. Il avait une grosse figure rose, un cou presque inexistant, de petits yeux bleus humides et d'épais cheveux blonds qui s'étalaient au sommet de sa tête épaisse et grasse. La tante Pétunia disait souvent que Dudley avait l'air d'un chérubin — et Harry disait souvent qu'il avait l'air d'un cochon avec une perruque.
— Passe-moi la poêle, dit-il.
— Tu as oublié de prononcer le mot magique, répliqua Harry avec mauvaise humeur.
Cette simple phrase produisit un effet stupéfiant sur le reste de la famille : Dudley poussa un cri étouffé et tomba de sa chaise dans un grand fracas qui ébranla toute la cuisine ; Mrs Dursley laissa échapper un petit cri et plaqua ses mains contre sa bouche ; quant à Mr Dursley, il se leva d’un bond, les veines de ses tempes battant sous l’effet de la fureur.
— Dudley, ne touche à rien de ce qu'il te donnera, dit sèchement l'oncle Vernon.
Le géant eut un petit rire narquois.
— Votre gros lard de fils n'a pas besoin d'engraisser davantage, Dursley, ne vous inquiétez pas.
— Il s'appelle Croûtard et il ne sert à rien. Il dort tout le temps. Mon père a offert un hibou à Percy quand il a été nommé préfet, mais il n'avait pas les moyens de... Enfin, je veux dire, c'est moi qui ai hérité de Croûtard.
Les oreilles de Ron devinrent écarlates, comme s'il avait eu le sentiment d'en avoir trop dit et il détourna la tête.
Harry ne voyait pas pourquoi il aurait fallu se sentir honteux de n'avoir pas les moyens d'acheter un hibou. Lui-même n'avait jamais eu d'argent jusqu'au mois dernier et il raconta à Ron qu'il devait se contenter de porter les vieux vêtements de Dudley.