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Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé — Tu as été merveilleux, Dobby. [Harry]
— Kreattur aussi a bien travaillé, ajouta Hermione avec gentillesse.
Mais loin de paraître reconnaissant, Kreattur détourna ses énormes yeux injectés de sang et regarda le plafond en lançant de sa voix croassante :
— La Sang-de-Bourbe parle à Kreattur, Kreattur va faire semblant de ne pas l’entendre…
— File d’ici, lui ordonna sèchement Harry.
— Nous avons fait apparaître la Marque des Ténèbres au-dessus de la tour en sachant que vous vous dépêcheriez de venir voir qui avait été tué, dit Malefoy. Et ça a marché !
— Plus ou moins…, répliqua Dumbledore. Dois-je en conclure que personne n’a été tué ?
— Quelqu’un est mort, annonça Malefoy d’une voix qui sembla monter d’un octave. Un de vos alliés… Je ne sais pas qui, il faisait sombre… J’ai enjambé le corps… J’étais censé attendre ici votre retour mais les gens du Phénix se sont mis en travers du chemin…
— Oui, ils font souvent ça, remarqua Dumbledore.
Les sortilèges informulés étaient à présent exigés non seulement en cours de défense contre les forces du Mal, mais également en classe de sortilèges et de métamorphose. Souvent, dans la salle commune ou aux heures des repas, Harry voyait autour de lui des condisciples au visage tendu et au teint violacé, comme s’ils avaient pris une dose excessive de Pousse-Rikiki, mais il savait qu’en fait, ils essayaient de toutes leurs forces d’exécuter un sortilège sans prononcer d’incantation. Sortir du château pour se rendre dans les serres était un grand soulagement. En cours de botanique, ils avaient affaire à des plantes plus dangereuses que jamais mais au moins, ils avaient le droit de jurer haut et fort si une Tentacula vénéneuse les attrapait inopinément par-derrière.
Très lentement, Slughorn mit alors une main dans sa poche et en retira sa baguette magique. Il glissa l’autre main à l’intérieur de sa cape où il prit un petit flacon vide. Sans quitter Harry du regard, il toucha sa tempe du bout de sa baguette puis l’écarta doucement. Un long filament de mémoire s’y accrocha. Le souvenir s’étira, de plus en plus long, jusqu’à ce qu’il se détache de sa tempe et se balance au bout de la baguette dans des reflets argentés. Slughorn le déposa dans le flacon où il s’enroula sur lui-même avant de se déployer en tournoyant comme une volute de vapeur. Slughorn reboucha le flacon d’une main tremblante et le donna à Harry.
— Merci beaucoup, professeur.
— Vous êtes un garçon digne d’estime, dit le professeur Slughorn, des larmes coulant sur ses grosses joues et disparaissant dans sa moustache de morse. Et vous avez les mêmes yeux qu’elle… N’ayez quand même pas une trop mauvaise opinion de moi quand vous aurez vu ce souvenir…
Puis il posa à son tour sa tête dans ses bras, poussa un profond soupir et s’endormit.
— Quoi ? demanda Hermione, sur la défensive.
— Si tu veux mon avis, dit Harry à voix basse, McLaggen a l’air d’avoir subi un sortilège de Confusion. Et il se trouvait juste en face de l’endroit où tu étais assise dans les tribunes.
Hermione rougit.
— Bon, d’accord, c’est vrai, je lui ai jeté un sort, murmura-t-elle. Mais tu aurais dû entendre la façon dont il parlait de Ron et de Ginny ! Il a un caractère épouvantable, tu as bien vu comment il a réagi quand il a raté son coup. Tu n’aurais pas voulu de quelqu’un comme ça dans ton équipe.
— Non, reconnut Harry. C’est sans doute vrai. Mais n’était-ce pas un peu malhonnête, Hermione ? Tu es préfète, non ?
— Oh, tais-toi, répliqua-t-elle sèchement en voyant son sourire railleur.
— Voyons, pour l’amour du ciel… vous êtes des sorciers ! Vous pratiquez la magie ! Vous êtes sûrement capables d’arranger… tout ce qui se passe !
Scrimgeour tourna lentement sur lui-même et échangea un regard incrédule avec Fudge qui parvint cette fois à sourire en répondant d’un ton aimable :
— L’ennui, monsieur le Premier Ministre, c’est que l’autre camp aussi pratique la magie.
— Tu crois que j’aurai plus de chance à la cinquante-septième fois ? demanda Harry d’un ton amer.
— De la chance, répéta soudain Ron. Harry, voilà la solution… Arrange-toi pour avoir de la chance !
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— C’est simple : utilise ta potion !
— Ron… voilà la bonne idée ! s’exclama Hermione qui paraissait stupéfaite. Bien entendu ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?
Harry les regarda tous les deux.
— Felix Felicis ? dit-il. Je ne sais pas… Je la mettais de côté pour…
— Pour quoi ? demanda Ron, incrédule.
— Qu’y a-t-il de plus important que ce souvenir ? interrogea Hermione.
Harry ne répondit pas. L’image du petit flacon doré avait flotté dans un coin de sa tête pendant un certain temps. De vagues plans informulés, concernant la séparation de Ginny d’avec Dean et la joie de Ron de voir qu’elle avait trouvé un nouveau petit ami, avaient mijoté dans les profondeurs de son cerveau sans remonter à la surface, sauf dans ses rêves ou dans les brumes d’un demi-sommeil, avant de se réveiller…
— Tu as parlé à la fois comme le fils de ton père et de ta mère et comme le digne filleul de Sirius ! assura Dumbledore en exprimant son approbation par une petite tape sur l’épaule. Je te tire mon chapeau – ou tout au moins, je le ferais si je n’avais pas peur de te couvrir d’araignées.
— Pourquoi ne pas demander tout cela directement à Ron ? lui suggéra-t-il après avoir subi de sa part un interrogatoire particulièrement long au cours duquel elle avait tout passé en revue, depuis l’opinion de Ron sur ses nouvelles robes de soirée jusqu’à la question de savoir s’il considérait leur relation comme « sérieuse ».
— Je voudrais bien, mais il dort toujours quand je vais le voir ! répondit Lavande, exaspérée.
— Vraiment ? s’étonna Harry, car il avait trouvé Ron parfaitement éveillé chaque fois qu’il le rejoignait à l’infirmerie, s’intéressant beaucoup au récit de la dispute entre Dumbledore et Rogue et toujours prêt à dire pis que pendre de McLaggen.
— Est-ce qu’il a toujours des visites d’Hermione Granger ? interrogea soudain Lavande.
— Oui, je crois. Ils sont amis, non ? dit Harry, mal à l’aise.
— Amis, ne me fais pas rire, répliqua Lavande avec mépris. Elle a cessé de lui parler pendant des semaines quand il a commencé à sortir avec moi ! Mais j’imagine qu’elle veut se réconcilier avec lui maintenant qu’il est devenu si intéressant…
— Tu trouves que c’est intéressant d’être empoisonné ? lui demanda Harry.
— Tu sais à quel point j’aime les enfants, Dumbledore.
— Dois-je en conclure que tu n’attends même plus la pleine lune pour attaquer, désormais ? C’est très inhabituel… Tu as donc un tel goût pour la chair humaine qu’il ne lui suffit plus d’être satisfait une fois par mois ?
— Exactement, répondit Greyback. Ça te choque, n’est-ce pas, Dumbledore ? Ça te fait peur ?
— Je ne peux pas prétendre en tout cas que ça ne me dégoûte pas, répliqua Dumbledore. Et en effet, je suis un peu choqué que Drago t’ait amené dans cette école où habitent tous ses amis…
— Ce n’est pas moi qui l’ai fait venir, dit Malefoy dans un souffle.
Il ne regardait pas Greyback, ne voulait même pas lui jeter un coup d’oeil.
— Je ne savais pas qu’il serait ici…
— Je ne manquerais pour rien au monde une visite à Poudlard, Dumbledore, lança Greyback de sa voix rauque. Il y a ici tant de gorges à lacérer… Délicieux, délicieux…
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