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Ron Weasley — Quelle histoire palpitante, lança Hermione du ton dédaigneux qu’elle adoptait quand elle voulait blesser quelqu’un. Tu as dû être tout simplement terrifié. Nous, pendant ce temps-là, nous sommes allés à Godric’s Hollow et, voyons, qu’est-ce qui s’est passé, déjà, Harry ? Ah oui, je me souviens, le serpent de Tu-Sais-Qui nous attendait, il a failli nous tuer tous les deux, ensuite, Tu-Sais-Qui lui-même est arrivé et nous avons réussi à lui échapper à une seconde près.
— Quoi ? s’exclama Ron, en les regardant bouche bée.
Mais Hermione ne lui prêta aucune attention.
— Tu imagines, Harry, perdre deux ongles ! Voilà qui relativise tout ce que nous avons subi, non ?
— Hermione, dit Harry à voix basse, Ron vient de me sauver la vie.
Les obligations qui incombaient à Ron et à Hermione dans leur rôle de préfets devinrent également de plus en plus écrasantes à mesure que Noël approchait. On fit appel à eux pour superviser la décoration du château (« Essaye donc de poser des guirlandes quand c’est Peeves qui tient l’autre bout et qu’il cherche à t’étrangler avec », dit Ron), surveiller les première et les deuxième année qui devaient passer leurs récréations à l’intérieur du château à cause du froid (« Ils sont d’une insolence incroyable, ces petits morveux, on n’était sûrement pas aussi mal élevés quand on était en première année », dit encore Ron), et patrouiller dans les couloirs en alternance avec Rusard qui pressentait que l’esprit de Noël pourrait bien se traduire par une multiplication de duels magiques (« Il a de la bouse de dragon à la place du cerveau, celui-là », commenta Ron avec fureur).

HERMIONE
Dean a appris par Parvati que... Ne m'oblige pas à le redire. Hagrid te cherche.
HARRY
Eh bien, tu peux dire à Ronald...
HERMIONE
Je ne suis pas un hibou !
— Mais Potter semble avoir beaucoup de choses à dire sur le sujet, poursuivit Rogue qui pointa soudain l’index vers le fond de la salle, ses yeux noirs fixés sur Harry. Demandons donc à Potter de nous expliquer la différence entre un Inferius et un fantôme.
Toute la classe se retourna vers Harry qui essaya de se rappeler ce que Dumbledore lui avait dit la nuit où ils étaient allés voir Slughorn.
— Heu… eh bien, les fantômes sont transparents…, répondit-il.
— Oh, excellent, l’interrompit Rogue, avec une moue méprisante. Tout le monde pourra aisément constater que les six années, ou presque, pendant lesquelles on vous a enseigné la magie n’auront pas été une perte de temps, Potter. Les fantômes sont transparents.
Pansy Parkinson laissa échapper un petit rire aigu. Plusieurs autres élèves ricanèrent. Harry respira profondément et poursuivit d’une voix calme, bien qu’il sentît ses entrailles bouillonner :
— Oui, les fantômes sont transparents, alors que les Inferi sont des cadavres, ils ont donc une consistance solide…
— Un enfant de cinq ans aurait pu nous en dire autant, répliqua Rogue d’un ton moqueur. L’Inferius est un cadavre qui a été réanimé par les maléfices d’un mage noir. Il n’est pas vivant, c’est une simple marionnette qui obéit à la volonté du sorcier. Un fantôme, je pense que vous devez le savoir maintenant, est l’empreinte qu’un défunt a laissée sur la terre… et bien entendu, comme Potter nous l’a fait si judicieusement observer, il est transparent.
— Ce que Harry a dit est bien plus utile à savoir quand on essaye de les reconnaître ! fit remarquer Ron. Si on se retrouve face à l’un d’eux dans une allée obscure, il vaut mieux jeter un coup d’oeil pour voir s’il a une consistance solide plutôt que de lui demander : « Pardon, monsieur, ne seriez-vous pas par hasard l’empreinte d’un défunt ? »
Il y eut une vague d’éclats de rire aussitôt étouffée par le regard que Rogue lança à la classe.
— Encore dix points de moins pour Gryffondor, annonça-t-il. Je ne m’attendais à rien de plus raffiné de la part de Ronald Weasley, le garçon à la consistance si solide qu’il est incapable de transplaner de deux centimètres.
— Non ! chuchota Hermione en saisissant le bras de Harry qui ouvrait la bouche d’un air furieux. Ça ne sert à rien, tu vas encore finir avec une retenue, laisse tomber !
— Il est impossible de ressentir tout ça à la fois sans exploser, dit enfin Ron.
— Ce n’est pas parce que tu as la capacité émotionnelle d’une cuillère à café qu’il en va de même pour tout le monde, dit Hermione d’un ton féroce en reprenant sa plume.
— Je n'avais jamais pensé à regarder là-dedans ! murmura-t-elle avec fébrilité. J'avais pris ce livre à la bibliothèque il y a déjà un bout de temps pour avoir quelque chose à lire le soir. [Hermione]
— Tu parles d'un plaisir ! Lire un truc comme ça avant de s'endormir ! dit Ron.
— Je suis désolé, dit-il d’une voix sourde. Je suis désolé d’être parti. Je sais que je me suis conduit comme un… un…
Il scruta l’obscurité comme s’il espérait qu’un mot suffisamment fort allait fondre sur lui et
s’imposer d’office.
— On peut dire que tu t’es rattrapé, cette nuit, assura Harry. Aller chercher l’épée, détruire l’Horcruxe, me sauver la vie…
— Tu me fais apparaître plus cool que je ne le suis, marmonna Ron.
— Ce genre de choses paraissent toujours plus cool, comme tu dis, qu’elles ne l’ont vraiment été, répliqua Harry. C’est ce que j’ai essayé de te faire comprendre pendant des années.
— Les autres profs ont pour consigne de nous envoyer chez les Carrow en cas de mauvaise conduite. Mais ils ne le font pas, s’ils peuvent l’éviter. On voit bien qu’ils les détestent autant que nous. Amycus, le frère, nous enseigne ce qu’on appelait la défense contre les forces du Mal, sauf que maintenant, ils ont rebaptisé ça l’art de la magie noire. On est censés s’entraîner à jeter le sortilège Doloris en prenant comme cobayes les élèves qui sont en retenue…
— Quoi ?
Les voix de Harry, Ron et Hermione résonnèrent à l’unisson dans tout le tunnel.
— Oui, dit Neville. C’est ce qui m’a valu ceci – il montra une entaille particulièrement profonde sur sa joue –, j’avais refusé de le faire. Mais il y a des gens qui s’y habituent très bien. Crabbe et Goyle, par exemple, aiment beaucoup ça. J’imagine que c’est la première fois qu’ils sont les meilleurs en quelque chose. Alecto, la soeur d’Amycus, est chargée de l’étude des Moldus, une matière obligatoire pour tout le monde. On est tous obligés de l’entendre expliquer que les Moldus sont des animaux, sales et stupides, qu’ils ont forcé les sorciers à vivre dans la clandestinité en les persécutant et que l’ordre naturel est en passe d’être rétabli. J’ai eu ça – il montra une autre plaie sur son visage – pour lui avoir demandé quel pourcentage de sang moldu ils avaient dans les veines, son frère et elle.
— Voyons, Neville, dit Ron, quand on veut faire de l’ironie, il faut choisir le bon endroit et le bon moment.
— Tu ne l’as jamais entendue. Toi non plus, tu ne l’aurais pas supporté. D’ailleurs, ça aide quand des élèves leur tiennent tête, ça donne de l’espoir à tout le monde. Je l’avais déjà remarqué à l’époque où c’était toi qui le faisais, Harry.
— On dirait que tu leur as servi à aiguiser des couteaux, remarqua Ron avec une légère grimace lorsqu’ils passèrent sous une lampe qui mit davantage en relief les blessures de Neville.
Celui-ci haussa les épaules.
— Ce n’est pas grave. Ils ne veulent pas trop verser de sang pur, et même s’ils nous torturent un peu quand on est insolents, ils ne nous tuent pas.
Harry ne savait pas ce qui était le pire, ce que Neville racontait ou le ton de banalité sur lequel il le
racontait.
— Je n'ai pas la moindre idée de ce que tout ça peut bien signifier, dit-il en contemplant une longue colonne de calculs.
— Tu sais, répondit Ron, les cheveux dressés sur sa tête à force d'y avoir passé la main dans des gestes d'exaspération, je crois qu'il vaut mieux revenir à la bonne vieille méthode de divination sans peine...
— Tu veux dire... Tout inventer ?
— Exactement.
Il balaya d'un geste les morceaux de parchemin griffonnés, trempa sa plume dans l'encre et se mit à écrire.
— Lundi prochain, dit-il tout en écrivant, il y a de fortes chances que j'attrape une mauvaise toux en raison de la conjonction défavorable de Mars et de Jupiter.
Il leva les yeux vers Harry.
— Tu la connais, avec elle, il suffit de raconter tout un tas de malheurs et elle gobe tout.
— Tu as raison, approuva Harry.
— Où est-ce que tu t’es retrouvé ? demanda Ron.
— Dans l’Allée des Embrumes, répondit Harry d’un air sombre.
— Formidable ! s’exclamèrent Fred et George d’une même voix.
— Nous, on n’a jamais eu le droit d’y aller, dit Ron avec envie.
— J’espère bien, il ne manquerait plus que ça ! grogna Hagrid.
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