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Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé — Je ne sais pas pourquoi l’équipe a tant de succès tout d’un coup.
— Allons, Harry, dit Hermione, soudain agacée. Ce n’est pas le Quidditch qui a du succès, c’est toi ! Tu n’as jamais été aussi intéressant et, franchement, jamais aussi attirant.
Ron s’étrangla en avalant un gros morceau de hareng fumé. Hermione le gratifia d’un regard dédaigneux avant de se tourner à nouveau vers Harry.
— Ils savent tous désormais que tu disais la vérité, non ? Le monde de la sorcellerie tout entier a dû reconnaître que tu avais raison quand tu déclarais que Voldemort était de retour, que tu l’avais combattu à deux reprises au cours des deux dernières années et que tu avais réussi à lui échapper les deux fois. Désormais, ils t’appellent l’Élu – alors, tu comprends pourquoi tu fascines les gens ?
Tout à coup, Harry eut l’impression qu’il faisait très chaud dans la Grande Salle, même si le plafond paraissait toujours froid et pluvieux.
— Et puis, il y a eu toute cette persécution du ministère qui essayait de te présenter comme un menteur et un instable. On voit toujours les marques, là où cette horrible bonne femme t’obligeait à écrire avec ton propre sang, mais tu n’as jamais dévié de ton récit pour autant…
— Sur moi aussi, on voit les marques, là où les cerveaux ont enroulé leurs tentacules, au ministère, dit Ron en secouant les bras pour remonter ses manches.
— Enfin, le fait que tu aies pris trente centimètres pendant l’été ne gâche rien, conclut Hermione sans prêter attention à Ron.
— Moi aussi, je suis grand, fit observer Ron, en passant.
— On s’est vus dans le train, avec ce bon vieux Sluggy, dit-il d’un ton assuré, en se détachant des autres pour serrer la main de Harry. Cormac McLaggen, gardien.
— Tu n’as pas passé d’essais, l’année dernière ? demanda Harry, qui mesura du regard la carrure de McLaggen en pensant qu’il pourrait bloquer les trois buts sans même avoir besoin de bouger.
— J’étais à l’infirmerie le jour de la sélection, répondit McLaggen d’un ton un peu vantard. J’avais parié que j’arriverais à manger une livre d’oeufs de Doxys.
— Ah… dit Harry. Bon… si tu veux bien attendre ici…
— Je ne peux pas m’empêcher de penser à elle, dit-il d’une voix rauque.
Harry le regarda bouche bée. Il ne s’était pas attendu à cela et n’avait pas très envie d’en entendre parler. Ils avaient beau être amis, si Ron se mettait à appeler Lavande Lav-Lav, il réagirait fermement.
— Ils parlent de quelqu’un qu’on connaît ? demanda Ron pendant qu’Hermione parcourait les titres.
— Oui ! s’exclama-t-elle.
Harry et Ron avalèrent de travers.
— Mais ce n’est pas grave, il n’est pas mort. C’est Mondingus, il a été arrêté et envoyé à Azkaban ! Il s’est fait passer pour un Inferius au cours d’une tentative de cambriolage… Il y a aussi un certain Octavius Pepper qui a disparu… Oh, ça, c’est horrible, un garçon de neuf ans a été arrêté pour avoir essayé de tuer ses grands-parents, on pense qu’il était soumis au sortilège de l’Imperium…
— Vraiment ? s’exclama Hagrid, qui paraissait à la fois surpris et ému. C’est… c’est très gentil de sa part, et aussi de ne pas te dénoncer. Je n’ai jamais eu beaucoup affaire à Horace Slughorn, jusqu’à maintenant… Mais venir dire adieu à Aragog… Alors, là… Ça lui aurait plu, à Aragog, tu peux me croire…
Harry songea que ce qui aurait surtout plu à Aragog, chez Slughorn, c’était la quantité appréciable de chair comestible qu’il aurait pu lui fournir.
— Tu veux dire, murmura Hermione, que cette fille dont j’ai réparé la balance…
— Oui, bien sûr ! s’écria Harry en se tournant vers elle. C’est évident ! Malefoy devait être à l’intérieur de la salle à ce moment-là et donc elle a qu’est-ce que je raconte ? – il a laissé tomber la balance pour le prévenir qu’il ne devait pas sortir parce qu’il y avait du monde dans le couloir ! Et aussi la fille qui a fait tomber les oeufs de crapaud ! À chaque fois, nous sommes passés devant lui sans nous en rendre compte !
— Il a obligé Crabbe et Goyle à se transformer en filles ? dit Ron en s’esclaffant. Pas étonnant qu’ils n’aient pas l’air très heureux, ces temps-ci… Je suis surpris qu’ils ne l’envoient pas promener…
— Ils ne se le permettraient pas s’il leur a montré sa Marque des Ténèbres.
— Hmmm… La Marque des Ténèbres, nous ne sommes pas sûrs qu’elle existe, intervint Hermione, sceptique.
— Mon cher Premier Ministre, vous n’allez quand même pas penser que je suis toujours ministre de la Magie après tout cela ? J’ai été remercié il y a trois jours ! La communauté des sorciers au complet a hurlé pendant deux semaines pour exiger ma démission. Je ne les avais jamais vus aussi unis tout au long de mon mandat ! dit Fudge en essayant courageusement de sourire.
— Et avec tout ça, nous sommes censés croire que Dumbledore ne t’a jamais soupçonné ? demanda Bellatrix. Il n’a aucune idée de ta véritable allégeance, il continue aveuglément à te faire confiance ?
— J’ai bien joué mon rôle, répondit Rogue. Et tu oublies la plus grande faiblesse de Dumbledore : il voit toujours les gens meilleurs qu’ils ne sont.
— Mais tu as dit que Slughorn avait l’intention d’offrir cette bouteille à Dumbledore pour Noël, lui rappela Ginny. Donc, l’empoisonneur pouvait tout aussi bien viser Dumbledore.
— Dans ce cas, il ne connaissait pas très bien Slughorn, intervint Hermione qui parlait pour la première fois depuis des heures.
Elle avait la voix de quelqu’un qui a attrapé un mauvais rhume.
— Quiconque connaît Slughorn aurait su qu’il y avait de bonnes chances qu’il garde pour lui quelque chose d’aussi délicieux.
— Er-my-nie, dit brusquement Ron d’une voix gutturale. Tout le monde se tut en le regardant d’un air anxieux, mais après avoir marmonné quelques paroles incompréhensibles, il se mit simplement à ronfler.
— Si, ça me regarde ! répliqua Ron, tout aussi furieux. Tu crois vraiment que j’ai envie d’entendre dire que ma soeur est une…
— Une quoi ? s’écria Ginny en sortant sa baguette. Une quoi, exactement ?
— Il ne pense pas ce qu’il dit…, déclara machinalement Harry, bien qu’il entendît en lui les rugissements du monstre qui approuvait les paroles de Ron.
— Oh si, il le pense ! s’exclama Ginny en s’emportant cette fois contre Harry. Il le pense tout simplement parce que lui n’a jamais bécoté personne dans sa vie et que le plus beau baiser qu’il ait jamais reçu, c’était celui de notre tante Muriel…
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