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Pétunia Dursley Hébété, Harry repensa à la façon dont les Dursley l’avaient enfermé, bouclé dans un placard, caché à la vue des autres, pour avoir commis le seul crime d’être un sorcier. La soeur de Dumbledore avait-elle subi le même traitement pour la raison inverse ? L’avait-on séquestrée parce qu’elle n’était pas suffisamment douée pour la magie ? Et Dumbledore l’avait-il véritablement abandonnée à son sort, pendant que lui-même allait à Poudlard où il se montrait brillant et talentueux ?
— Prêt, Duddy ? demanda la tante Pétunia qui vérifiait la fermeture de son sac à main avec une attention maniaque pour éviter de regarder Harry.
Dudley ne répondit pas. Il resta immobile, la bouche légèrement entrouverte, et Harry eut un peu l’impression de voir Graup le géant.
Il fut ensuite question d’un hélicoptère qui avait failli s’écraser dans un champ du Surrey, puis du divorce d’une actrice célèbre d’avec son célèbre mari (« Comme si on allait s’intéresser à leurs petites affaires sordides », lança d’un ton méprisant la tante Pétunia qui avait suivi l’histoire avec passion dans tous les magazines sur lesquels elle avait pu mettre sa main décharnée.)
A propos du journal TV
Personnages concernés : Pétunia Dursley
— Tu t'inquiètes sans doute de la réaction de ton oncle et de ta tante ? reprit Fudge. Ils sont très en colère, inutile de le nier, mais ils ont quand même accepté de te reprendre chez eux l'été prochain, à condition que tu restes à Poudlard pour les vacances de Noël et de Pâques.
Harry retrouva l'usage de la parole.
— Je reste toujours à Poudlard à Noël et à Pâques, dit-il, et de toute façon, je ne veux plus jamais retourner à Privet Drive.
— Allons, allons, je suis sûr que tu ne diras plus la même chose lorsque tu te seras calmé, répondit Fudge d'un ton préoccupé. Après tout, ils sont ta seule famille et je suis convaincu que vous vous aimez beaucoup les uns les autres... heu... au fond de vous-mêmes...
— Bonne chance. J’espère que nous nous reverrons. Les espoirs du monde magique reposent sur vos épaules. [Dedalus Diggle]
— Ah…, dit Harry. Très bien. Merci.
— Adieu Harry, ajouta Hestia en lui serrant également la main. Nos pensées vous accompagnent.
— J’espère que tout ira bien, répondit Harry en jetant un coup d’oeil à la tante Pétunia et à Dudley.
— Oh, je suis sûr que nous deviendrons les meilleurs amis du monde, assura Diggle d’un air radieux.
— Ces gens ne se rendent donc pas compte de ce que vous avez traversé ? Des dangers que vous courez ? De la position unique que vous occupez dans les coeurs, au sein du mouvement anti-Voldemort ?
— Heu… non, ils ne s’en rendent pas compte, répondit Harry. En fait, ils pensent que je prends inutilement de la place, mais j’y suis habitué…
— Je ne crois pas que tu prennes inutilement de la place.
Si Harry n’avait pas vu remuer les lèvres de Dudley, il n’en aurait sans doute pas cru ses oreilles. Mais après avoir regardé fixement Dudley pendant plusieurs secondes, il dut admettre que c’était bien son cousin qui avait parlé ainsi. D’ailleurs, Dudley était devenu écarlate. Harry lui-même était stupéfait et un peu embarrassé.
— Eh bien, heu… Merci, Dudley.
À nouveau, Dudley sembla s’empêtrer dans des pensées trop difficiles à formuler et il se contenta de marmonner :
— Tu m’as sauvé la vie.
— Pas vraiment, dit Harry. C’était ton âme que les Détraqueurs auraient prise…
La tante Pétunia, qui avait enfoui son visage dans son mouchoir, se retourna en entendant le bruit. Apparemment, elle ne s’était pas attendue à se retrouver seule avec Harry. Elle fourra précipitamment son mouchoir humide dans sa poche et dit :
— Eh bien… Adieu.
Puis elle se dirigea vers la porte sans lui accorder un regard.
— Adieu, répondit Harry.
Elle s’arrêta et se tourna vers lui. Pendant un instant, Harry eut la très bizarre impression qu’elle voulait lui dire quelque chose : elle lui jeta un regard étrange, craintif, et sembla sur le point de parler mais, avec un petit mouvement de tête, elle fila soudain hors de la pièce pour rejoindre son mari et son fils.
— Je suis convaincu qu’il s’agit d’une ruse pour nous prendre la maison.
— La maison ? s’étonna Harry. Quelle maison ?
— Cette maison ! hurla l’oncle Vernon d’une voix aiguë, la veine de son front se mettant soudain à palpiter. Notre maison ! Les prix de l’immobilier montent en flèche dans le quartier ! Tu veux te débarrasser de nous, ensuite tu feras abracadabra et avant qu’on ait compris ce qui se passait, le titre de propriété sera à ton nom et…
— Tu es fou ou quoi ? s’exclama Harry. Une ruse pour prendre cette maison ? Tu es donc aussi bête que tu en as l’air ?
— Comment oses-tu… ? couina la tante Pétunia, mais une fois de plus, Vernon l’interrompit d’un geste de la main : les insultes sur son apparence lui semblaient peu de chose comparées au danger qu’il avait découvert.
— Au cas où tu l’aurais oublié, répliqua Harry, j’ai déjà une maison que mon parrain m’a léguée. Alors, pourquoi voudrais-je celle-ci ? À cause des bons souvenirs ?
La tante Pétunia fondit en larmes. Hestia Jones la regarda d’un air approbateur qui se transforma en une expression scandalisée lorsqu’elle la vit se précipiter pour étreindre Dudley et non pas Harry.
— C’est si… si gentil, mon Duddy…, sanglota-t-elle, la tête enfouie dans la poitrine massive de son fils. Qu… Quel adorable gar… çon… Di… Dire merci…
— Mais il n’a pas du tout dit merci ! s’indigna Hestia. Il a simplement dit qu’il ne pensait pas que Harry prenait inutilement de la place !
— Oui, mais venant de Dudley, ça équivaut à une déclaration d’amour, expliqua Harry.
Il était partagé entre l’agacement et l’envie de rire tandis que la tante Pétunia continuait de serrer Dudley contre elle comme s’il venait de sauver Harry en l’arrachant d’une maison en flammes.
— Avec quoi tu t’es habillé, d’abord ? demanda-t-elle en montrant la chemise de Rogue. Le corsage de ta mère ? [Pétunia]
Il y eut un crac ! Une branche au-dessus de la tête de Pétunia était tombée. Lily poussa un hurlement. La branche avait heurté l’épaule de sa soeur qui recula d’un pas chancelant et fondit en
larmes.