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Harry Potter et l'Ordre du Phénix — J’obligerai Goyle à faire des lignes, ça va le tuer, il déteste écrire, dit Ron d’un ton joyeux.
Il crispa son visage dans une expression de concentration douloureuse et fit mine d’écrire en imitant les grognements rauques de Goyle :
— Je… ne… dois… pas… ressembler… à… un… derrière… de… babouin…
— Comment ça s’est passé, les runes ? demanda Ron en bâillant.
— J’ai mal traduit ehwaz, répondit-elle, avec colère. Ça veut dire « association », pas « défense ». J’ai confondu avec eihwaz.
— Oui, bah, ce n’est qu’une simple erreur, commenta Ron d’une voix nonchalante. Ça ne t’empêchera pas de…
— Oh, tais-toi ! répliqua Hermione, furieuse. C’est le genre d’erreur qui peut faire la différence entre un succès et un échec.
— Notre nouvelle… directrice - le professeur McGonagall prononça ce mot avec la même expression que celle de la tante Pétunia lorsqu’elle se trouvait confrontée à une tache particulièrement tenace - a demandé aux responsables des maisons de prévenir les élèves que toute tentative de tricherie sera très sévèrement punie car, bien sûr, les résultats de vos examens refléteront le nouveau régime imposé par la direction de l’école…
Le professeur McGonagall laissa échapper un infime soupir. Harry vit frémir les narines de son nez pointu.
— Ce n’est cependant pas une raison pour ne pas donner le meilleur de vous-mêmes. Vous devez d’abord penser à votre propre avenir.
— Alors ? dit enfin Ron en levant les yeux vers Harry, comment c’était ?
— Humide, dit Harry en toute sincérité.
Ron fit un bruit qui pouvait exprimer au choix la jubilation ou la répugnance.
— Parce qu’elle pleurait, reprit Harry d’un ton abattu.
— Oh, dit Ron, son sourire s’effaçant légèrement. Tu embrasses si mal que ça ?
— Sais pas, dit Harry qui n’avait pas vu les choses sous cet aspect et sembla soudain inquiet. C’est possible.
— Bien sûr que non, dit Hermione d’un air absent, sans cesser d’écrire sa lettre.
— Comment tu le sais ? dit Ron d’un ton abrupt.
— Tout simplement parce que Cho passe la moitié de son temps à pleurer, ces temps-ci, répondit Hermione d’un ton absent. Elle pleure pendant les repas, aux toilettes, un peu partout dans le château.
— Un bon baiser, ça aurait dû lui remonter le moral, commenta Ron avec un sourire.
— Comment tu te sens ? demanda Hermione.
— Très bien, assura Harry avec raideur.
— Ne mens pas, Harry, répliqua-t-elle d’un ton agacé. Ron et Ginny m’ont dit que tu te cachais de tout le monde depuis ton retour de Ste Mangouste.
— Ah, ils ont dit ça ?
Harry jeta à Ron et à Ginny un coup d’oeil furieux. Ron baissa les yeux, mais Ginny ne manifesta aucun embarras.
— En tout cas, c’est ce que tu as fait ! dit-elle. Et tu ne nous regardes même plus !
— C’est vous qui ne me regardez plus ! dit Harry avec colère.
— Peut-être que vous vous regardez à tour de rôle mais jamais en même temps, suggéra Hermione, les coins de sa bouche frémissant en un sourire.
— Et avec qui elle est, maintenant ? demanda Ron à Hermione, mais ce fut Ginny qui répondit.
— Michael Corner, dit-elle.
— Michael, mais…, s’étonna Ron en tendant le cou pour mieux la voir. C’est toi qui sortais avec lui !
— Plus maintenant, assura Ginny. Il n’était pas content que Gryffondor ait battu Serdaigle au Quidditch. Il faisait tout le temps la tête, alors je l’ai laissé tomber et il s’est consolé avec Cho.
Elle se gratta le nez d’un air distrait avec l’extrémité de sa plume, retourna Le Chicaneur et commença à cocher les réponses à son jeu. Ron parut enchanté.
— J’ai toujours pensé qu’il était un peu idiot, dit-il en avançant sa reine vers une tour de Harry. (La tour se mit à trembler.) C’est très bien pour toi, la prochaine fois, tu choisiras peut-être quelqu’un… de mieux.
Il jeta à Harry un coup d’oeil étrangement furtif.
— Maintenant, j’ai choisi Dean Thomas. Tu le trouves mieux ? demanda Ginny d’un ton absent.
— QUOI ? s’écria Ron en renversant l’échiquier.
— La nuit, quand les géants dormaient et qu’on voulait explorer les cavernes, Macnair et les autres rôdaient dans les montagnes pour nous chercher. J’ai eu du mal à empêcher Olympe de leur sauter dessus, dit Hagrid, les coins de sa bouche soulevant sa barbe hirsute. Elle avait une envie folle de les attaquer… C’est quelque chose quand elle est remontée, Olympe… Un tempérament de feu… Son côté français, sans doute…
— Je te ménageais trop, dit simplement Dumbledore. Je me souciais davantage de ton bonheur que de t’apprendre la vérité, davantage de ta tranquillité d’esprit que de mon plan, davantage de ta vie que des autres vies qui seraient peut-être perdues si ce plan échouait. En d’autres termes, j’ai agi exactement comme Voldemort s’attend à ce que nous agissions, nous, les imbéciles qui éprouvons des sentiments d’amour.
— Bon, admettons que je le fasse, dit-elle soudain. Je serais payée combien pour ça ?
— Je ne crois pas que mon père paye vraiment les gens pour écrire dans son magazine, répondit Luna d’une voix rêveuse. Ils le font parce que c’est un honneur et puis aussi pour voir leur nom imprimé.
Rita Skeeter se tourna vers Hermione. On aurait dit qu’elle avait encore dans la bouche un goût prononcé d’Empestine.
— Je suis censée faire ça gratuitement ?
— Eh bien oui, assura Hermione d’un ton très calme en buvant une gorgée du contenu de son verre. Sinon, comme vous le savez déjà, j’informerai les autorités que vous êtes un Animagus non déclaré. À ce moment-là, peut-être que La Gazette vous paiera un bon prix pour un reportage en direct sur la vie des prisonniers d’Azkaban.
Rita semblait éprouver une envie irrépressible de prendre le petit parasol en papier qui dépassait du verre d’Hermione et de le lui enfoncer dans le nez.
— Laisse-le tranquille, répéta Lily.
Elle regardait James avec la plus grande répugnance.
— Qu’est-ce qu’il t’a fait ?
— Eh bien voilà, répondit James qui sembla réfléchir à la question, le plus gênant, chez lui, c’est le simple fait qu’il existe, si tu vois ce que je veux dire…
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