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Harry Potter Harry lança à Hermione un regard en biais.
— Tu sais ce que ça me rappelle ?
— Non, quoi ?
— La marque des Mangemorts. Il suffit que Voldemort touche l’une d’elles pour que toutes les autres marques deviennent douloureuses. Ils savent alors qu’ils doivent le rejoindre.
— En fait… oui, admit Hermione à voix basse. C’est ce qui m’a donné l’idée… Mais tu auras quand même remarqué que j’ai gravé les chiffres sur des morceaux de métal pas sur la peau.
— Oui… Je préfère ta méthode, dit Harry avec un sourire en glissant son Gallion dans sa poche. Le seul ennui, avec ces pièces, c’est qu’on risque de les dépenser par inadvertance.
— Aucun danger, dit Ron qui contemplait son propre Gallion d’un air un peu triste. Je n’ai aucun vrai Gallion avec lequel je puisse le confondre.
— Severus Rogue n’était pas des vôtres, reprit Harry. Rogue était dans le camp de Dumbledore, dans son camp depuis le moment où vous avez commencé à traquer ma mère. Vous ne vous en êtes jamais rendu compte, à cause de cette chose que vous ne pouvez comprendre. Vous n’avez jamais vu Rogue produire un Patronus, n’est-ce pas, Jedusor ? [...] Le Patronus de Rogue était une biche, poursuivit Harry, la même que celle de ma mère, parce qu’il l’a aimée pendant presque toute sa vie, depuis qu’ils étaient enfants. Vous auriez dû vous en
apercevoir.
— Qui vas-tu utiliser comme bouclier, aujourd’hui, Potter ?
— Personne, répondit simplement Harry. Il n’y a plus d’Horcruxes. Il n’y a plus que vous et moi.
Aucun d’eux ne peut vivre tant que l’autre survit, et l’un de nous va partir pour de bon…
— L’un de nous ? ricana Voldemort.
Tout son corps était tendu, ses yeux rouges avaient le regard fixe, on aurait dit un serpent prêt à
frapper.
— Tu penses que c’est toi qui vas l’emporter, n’est-ce pas, celui qui a survécu par hasard et parce
que Dumbledore tirait les ficelles ?
— C’était un hasard quand ma mère est morte pour me sauver ? rétorqua Harry.
Tous deux continuaient de se déplacer de côté, décrivant un cercle parfait qui maintenait toujours la
même distance entre eux et pour Harry, il n’existait plus d’autre visage que celui de Voldemort.
— Un hasard lorsque j’ai décidé de combattre dans le cimetière ? Un hasard lorsque, ce soir, j’ai
renoncé à me défendre et que j’ai quand même survécu pour revenir me battre ?
— Des hasards ! s’écria Voldemort.
Harry et Ron quittèrent l’infirmerie le lundi matin à la première heure après avoir pleinement recouvré la santé grâce aux bons soins de Madame Pomfresh. Ils pouvaient à présent bénéficier de tous les avantages d’avoir été respectivement assommé et empoisonné, le plus notable de tous étant qu’Hermione s’était réconciliée avec Ron. Elle les accompagna même à la table du petit déjeuner en leur annonçant la nouvelle que Ginny s’était disputée avec Dean. La créature qui sommeillait dans la poitrine de Harry releva soudain la tête, reniflant autour d’elle avec espoir.
— Pourquoi se sont-ils disputés ? demanda-t-il d’un ton qu’il essaya de rendre désinvolte
[...]
— Il ne fallait quand même pas que Ginny et Dean se séparent pour autant, dit Harry qui s’efforçait toujours d’avoir un ton dégagé. Ils sont restés ensemble ou pas ?
— Oui… Mais pourquoi tu t’y intéresses tant ? demanda Hermione en observant Harry d’un regard aigu.
— Je ne veux pas avoir d’autres ennuis dans mon équipe de Quidditch ! répondit-il précipitamment.
Bientôt, il sembla que tout le monde dans l’école avait lu l’article.
Bien entendu, le décret d’éducation numéro vingt-six interdisait aux professeurs d’en parler mais ils trouvaient quand même le moyen de faire savoir ce qu’ils en pensaient. Le professeur Chourave donna vingt points à Gryffondor lorsque Harry lui passa l’arrosoir. À la fin du cours de sortilèges, le professeur Flitwick, radieux, lui mit dans la main une boîte de Couinesouris en sucre en murmurant : « Chut ! » avant de s’éloigner précipitamment. Quant au professeur Trelawney, elle éclata en sanglots hystériques pendant le cours de divination et annonça devant une classe stupéfaite et une Ombrage désapprobatrice que, finalement, Harry ne connaîtrait pas une mort précoce mais vivrait au contraire jusqu’à un âge avancé, deviendrait ministre de la Magie et aurait douze enfants.
Au détour d’un virage, il heurta violemment ce qui ressemblait à un ours gigantesque dressé sur ses pattes de derrière.
— Hagrid !
— Mais cette marque revient sans cesse, Harry ! Si Dumbledore m’a légué Les Contes de Beedle le
Barde, qui te dit que ce n’est pas pour qu’on découvre la signification de ce symbole ? [Hermione]
— Et ça recommence !
Harry sentait l’exaspération monter en lui.
— Nous essayons de nous convaincre que Dumbledore nous a laissé des signes, des indices
secrets…
— Le Déluminateur s’est révélé très utile, intervint Ron. Je crois qu’Hermione a raison. Nous
devrions aller voir Lovegood.
Harry lui lança un regard noir. Il était persuadé que son soutien à Hermione n’avait pas grand-chose
à voir avec le désir d’en savoir plus sur la rune triangulaire.
— Si on y réfléchit, ajouta Ron, c’est peut-être à cause de cette histoire que les baguettes de sureau
ont la réputation de porter malheur.
— De quoi tu parles ?
— De l’une de ces superstitions, tu sais bien ? Le genre Sorcière qui en mai naquit aura un Moldu
pour mari, Maléfice du crépuscule à minuit sera nul, Baguette de sureau, toujours un fléau. Vous les
avez sûrement entendus. Ma mère en connaît plein.
Harry allongea l’elfe dans la tombe, disposa ses membres minuscules de façon à donner
l’impression qu’il se reposait, puis ressortit de la fosse et regarda le petit corps pour la dernière fois. Il s’efforça de contenir son émotion en se rappelant les funérailles de Dumbledore, les rangées interminables de chaises, le ministre de la Magie au premier rang, la longue liste des hauts faits du défunt, la majesté de la tombe de marbre blanc. Il sentait que Dobby méritait un enterrement tout aussi solennel et pourtant, l’elfe était simplement étendu là, entre des buissons, dans un trou grossièrement creusé.
— Je crois que nous devrions prononcer quelques mots, suggéra Luna. Je vais commencer, d’accord ?
Sous les regards qui s’étaient tournés vers elle, elle s’adressa à l’elfe mort, au fond de sa tombe :
— Merci, Dobby, de m’avoir arrachée de cette cave. Il est tellement injuste que tu aies dû mourir alors que tu étais si bon, si courageux. Je me souviendrai toujours de ce que tu as fait pour nous. J’espère que tu es heureux, à présent.
Elle se tourna vers Ron, attendant qu’il parle à son tour. Celui-ci s’éclaircit la gorge et dit d’une voix
rauque :
— Ouais… Merci, Dobby.
— Merci, marmonna Dean.
— Adieu, Dobby, murmura Harry.
Il fut incapable d’ajouter autre chose, mais Luna avait déjà tout dit à sa place.
— Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda soudain l'un des jumeaux en montrant la cicatrice en forme d'éclair.
— Ça alors ! s'exclama l'autre frère, ce ne serait pas...
— Si, c'est sûrement lui, dit le premier jumeau. C'est bien ça ? ajouta-t-il à l'adresse de Harry.
— Quoi ? demanda celui-ci.
— Harry Potter, dirent en chœur les deux frères.
— Oui, oui, c'est lui, répondit Harry. Enfin, je veux dire... c'est moi.
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