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Harry Potter — Vous ne savez pas ce que c’est ! Ni l’un ni l’autre vous n’avez eu à l’affronter ! Vous pensez qu’il suffit de se souvenir de quelques sortilèges et de les lui jeter à la figure, comme si on était en classe ? Pendant tout le temps où vous êtes face à lui, vous savez qu’entre vous et la mort, il n’y a plus rien d’autre que votre… votre cerveau, vos tripes, ou je ne sais quoi. Comme si on pouvait réfléchir normalement quand on sait que dans une fraction de seconde, on va se faire tuer, torturer ou voir ses amis mourir… ils ne nous ont jamais appris ça en classe, ce que c’est que d’affronter ce genre de choses… Et vous deux, vous êtes là à faire comme si j’étais un brave garçon bien intelligent sous prétexte que je suis vivant, comme si Diggory, lui, n’était qu’un idiot qui a raté son coup… Vous n’y comprenez rien, j’aurais très bien pu mourir à sa place, c’est ce qui se serait passé si Voldemort n’avait pas eu besoin de moi…
ALBUS
La chose la plus stupide, ce n’était pas de remonter le temps une première fois – n’importe qui peut commettre cette erreur –, la chose vraiment stupide, c’était d’avoir assez d’arrogance pour recommencer.
SCORPIUS
Nous avons remonté le temps tous les deux, Albus.
ALBUS
Et pourquoi j’étais tellement décidé à le faire ? À cause de Cedric ? Vraiment ? Non. J’avais quelque chose à prouver. Mon père a raison – il n’était pas volontaire pour vivre des aventures – mais moi, c’est entièrement ma faute
— Tu crois que j’aurai plus de chance à la cinquante-septième fois ? demanda Harry d’un ton amer.
— De la chance, répéta soudain Ron. Harry, voilà la solution… Arrange-toi pour avoir de la chance !
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— C’est simple : utilise ta potion !
— Ron… voilà la bonne idée ! s’exclama Hermione qui paraissait stupéfaite. Bien entendu ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?
Harry les regarda tous les deux.
— Felix Felicis ? dit-il. Je ne sais pas… Je la mettais de côté pour…
— Pour quoi ? demanda Ron, incrédule.
— Qu’y a-t-il de plus important que ce souvenir ? interrogea Hermione.
Harry ne répondit pas. L’image du petit flacon doré avait flotté dans un coin de sa tête pendant un certain temps. De vagues plans informulés, concernant la séparation de Ginny d’avec Dean et la joie de Ron de voir qu’elle avait trouvé un nouveau petit ami, avaient mijoté dans les profondeurs de son cerveau sans remonter à la surface, sauf dans ses rêves ou dans les brumes d’un demi-sommeil, avant de se réveiller…
— J’y suis arrivé… enfin presque ! annonça Ron d’un ton enthousiaste dès qu’il vit Harry. Je devais transplaner devant le salon de thé de Madame Pieddodu et je suis allé un peu trop loin, j’ai fini près de chez Scribenpenne, mais au moins, j’ai bougé !
— Bravo, dit Harry. Et toi, Hermione ?
— Oh, elle a été parfaite, bien sûr, répondit Ron avant qu’Hermione ait eu le temps d’ouvrir la bouche. Parfaite délibération, divination et déréliction ou je ne sais quoi… Après, on est allés boire un petit verre aux Trois Balais et tu aurais dû entendre ce que Tycross disait d’elle. Ça m’étonnerait qu’il ne la demande pas bientôt en mariage…
— Qui vas-tu utiliser comme bouclier, aujourd’hui, Potter ?
— Personne, répondit simplement Harry. Il n’y a plus d’Horcruxes. Il n’y a plus que vous et moi.
Aucun d’eux ne peut vivre tant que l’autre survit, et l’un de nous va partir pour de bon…
— L’un de nous ? ricana Voldemort.
Tout son corps était tendu, ses yeux rouges avaient le regard fixe, on aurait dit un serpent prêt à
frapper.
— Tu penses que c’est toi qui vas l’emporter, n’est-ce pas, celui qui a survécu par hasard et parce
que Dumbledore tirait les ficelles ?
— C’était un hasard quand ma mère est morte pour me sauver ? rétorqua Harry.
Tous deux continuaient de se déplacer de côté, décrivant un cercle parfait qui maintenait toujours la
même distance entre eux et pour Harry, il n’existait plus d’autre visage que celui de Voldemort.
— Un hasard lorsque j’ai décidé de combattre dans le cimetière ? Un hasard lorsque, ce soir, j’ai
renoncé à me défendre et que j’ai quand même survécu pour revenir me battre ?
— Des hasards ! s’écria Voldemort.

FUDGE
On ne va pas envoyer quelqu'un à Azkaban parce qu’il a gonflé sa tante comme un ballon.
— Il voulait rester ici ? Pourquoi ? s’étonna Harry, de plus en plus ébahi.
— Je pense qu’il y avait plusieurs raisons bien qu’il n’en ait révélé aucune au professeur Dippet, répondit Dumbledore. D’abord, et c’est très important, je crois que Voldemort éprouvait pour cette école un attachement qu’aucun être humain n’aurait pu lui inspirer. Poudlard était l’endroit où il avait été le plus heureux. Le premier et le seul où il se soit senti chez lui.
Harry fut un peu mal à l’aise en entendant ces mots car il avait exactement le même sentiment par rapport à Poudlard.
— La chose qui était cachée dans le Vif d’or, commença-t-il, je l’ai laissée par terre, dans la forêt. Je
ne sais plus exactement où, mais je ne vais pas aller la rechercher. Vous êtes d’accord ?
— Oui, mon cher Harry, répondit Dumbledore.
Dans les autres tableaux, les visages parurent perplexes, intrigués.
— C’est une décision sage et courageuse, approuva Dumbledore, mais je n’en attendais pas moins
de toi. Quelqu’un d’autre sait-il où elle est tombée ?
— Personne, assura Harry.
— Le voilà, M'man, regarde, il est là ! dit une petite voix, alors qu'ils franchissaient le
portillon.
C'était Ginny Weasley, la jeune sœur de Ron, mais ce n'était pas Ron qu'elle montrait du doigt.
— Harry Potter ! s'écria-t-elle. Regarde, M'man ! Je le vois !
— Tais-toi un peu Ginny, et ne montre pas du doigt, c'est malpoli.
— Ah oui, c'est vrai que tu es allé chez eux, cet été, Potter, lança Malefoy d'un air dédaigneux. Alors, dis-moi, est-ce que sa mère ressemble vraiment à un cochonnet ou bien c'est simplement la photo qui fait ça ?
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