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Lord Voldemort — Je sais sans aucun doute que tu as vu et fait beaucoup de choses depuis que tu nous as quittés, dit-il à voix basse. Les rumeurs de tes exploits sont parvenues jusqu’à ton ancienne école, Tom. Je serais navré si je devais croire ne serait-ce que la moitié d’entre elles.
— La grandeur inspire l’envie, l’envie engendre le dépit, le dépit répand le mensonge, déclara Voldemort, toujours impassible. Vous devez savoir cela, Dumbledore.
— Tu appelles grandeur ce que tu as fait, n’est-ce pas ? demanda Dumbledore avec délicatesse.
— Certainement, assura Voldemort.
Ses yeux semblèrent rougeoyer.
— J’ai entrepris diverses expériences, j’ai repoussé les limites de la magie plus loin peut-être que personne avant moi…
— D’une certaine magie, corrigea Dumbledore, très calme. Une certaine magie… Des autres formes de magie, tu restes… pardonne-moi… tristement ignorant.
Pour la première fois, Voldemort sourit, le regard torve, crispé, une expression malveillante sur le visage, plus menaçante qu’un accès de rage.
— La vieille discussion, dit-il dans un murmure. Mais rien de ce que j’ai vu dans le monde n’est jamais venu étayer votre affirmation selon laquelle l’amour est plus puissant que ma forme de magie, Dumbledore.
— Tu n’es peut-être pas allé voir dans les bons endroits, suggéra Dumbledore.
— Eh bien, tu n’as qu’à aller la voir et lui demander de te libérer vendredi, répondit Angelina d’un ton féroce, et peu importe comment tu t’y prends. Dis-lui que Tu-Sais-Qui est un produit de ton imagination si ça t’arrange, mais débrouille-toi pour être là sans faute !
Puis elle s’éloigna à grands pas.
— Vous savez quoi ? dit Harry à Ron et à Hermione lorsqu’ils entrèrent dans la Grande Salle. On devrait demander au Club de Quidditch de Flaquemare si Olivier Dubois n’aurait pas été tué au cours d’une séance d’entraînement, parce qu’on dirait que son esprit s’est réincarné dans Angelina.
Voldemort tendit la main, sans y avoir été invité cette fois, et examina le médaillon en le tenant à la lumière.
— La marque de Serpentard, dit-il à voix basse en regardant chatoyer un S ouvragé, en forme de serpent.
— Exactement ! s’exclama Hepzibah, apparemment ravie de voir Voldemort fasciné par son médaillon. Il m’a coûté les yeux de la tête mais je ne pouvais pas laisser passer un trésor pareil, il me le fallait pour ma collection. Il paraît que Beurk l’a acheté à une femme en haillons qui semblait l’avoir volé sans avoir aucune idée de sa valeur…
Cette fois, on ne pouvait s’y tromper : un éclair rouge était passé dans les yeux de Voldemort et Harry vit ses jointures blanchir tandis qu’il serrait entre ses doigts la chaîne du médaillon.
— Je suppose que Beurk l’a payé une misère mais enfin, le voilà… Très beau, n’est-ce pas ? Celui-là aussi, on lui attribue toutes sortes de pouvoirs mais là encore je me contente de le garder bien à l’abri…
— Vous-Savez-Qui... est revenu ? balbutia-t-il, les yeux écarquillés. Ridicule. Allons, Dumbledore, reprenez-vous...
— Je sais parler aux serpents. Je m’en suis aperçu quand nous sommes allés en excursion à la campagne. Ils viennent me voir et ils me murmurent des choses. C’est normal pour un sorcier ?
Harry voyait qu’il avait attendu ce moment pour mentionner ce très étrange pouvoir, décidé à impressionner son interlocuteur.
— C’est inhabituel, répondit Dumbledore après un moment d’hésitation, mais ça s’est déjà vu.
— Le dîner est servi, Nagini, dit Voldemort d’une voix douce.
Comme Hagrid l'avait dit, il arriverait ce qui arriverait et il faudrait alors se préparer à l'affronter.
— Non contente de polluer et de corrompre l’esprit des jeunes sorciers, le professeur Burbage a publié la semaine dernière dans La Gazette du sorcier une défense passionnée des Sang-de-Bourbe. Les sorciers, affirme-t-elle, doivent accepter ces voleurs de leur savoir et de leurs pouvoirs magiques. La diminution du nombre des Sang-Pur est une tendance qu’elle estime souhaitable… Elle voudrait nous marier tous à des Moldus… ou, sans doute, à des loups-garous.
— Mais si Voldemort a utilisé le sortilège d’Avada Kedavra, reprit Harry, et que, cette fois, personne
n’a succombé à ma place… comment puis-je être encore vivant ?
— Je crois que tu le sais, répliqua Dumbledore. Repense au passé. Souviens-toi de ce qu’il a fait
dans son ignorance, sa cupidité, sa cruauté. [...]
— Il a pris mon sang, dit Harry.
— Exactement ! s’exclama Dumbledore. Il a pris ton sang et s’en est servi pour se reconstruire un
corps vivant ! Ton sang circule dans ses veines, Harry. La protection de Lily se trouve en vous deux. Il
te rattache à la vie tant que lui-même est vivant !
HARRY
Beaucoup de gens ont essayé de me faire du mal – mais mon fils ! Tu as osé faire du mal à mon fils !
DELPHI
Je voulais simplement connaître mon père.
Ces paroles prennent HARRY par surprise.
HARRY
On ne peut pas réécrire sa vie. Quand on est orphelin, on l’est pour toujours. C’est quelque chose qui ne vous quitte jamais.
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