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Harry Potter — Mais il y a eu une réunion ce soir ! s’exclama Ombrage avec fureur. Une réunion dans la Salle sur Demande, Miss Edgecombe, vous m’en avez parlé ! Et Potter en était le meneur, n’est-ce pas ? C’est Potter qui l’a organisée, Potter qui a… Pourquoi remuez-vous la tête ainsi ?
— D’ordinaire, lorsque quelqu’un hoche la tête de droite à gauche, dit McGonagall avec froideur, cela signifie non. Aussi, à moins que Miss Edgecombe utilise un langage visuel inconnu des humains…
À ce moment-là, ils ont dû estimer qu’il n’y avait plus qu’un seul moyen de m’arrêter et ils s’en sont pris à ma grand-mère.
— Quoi ? s’exclamèrent Harry, Ron et Hermione d’une même voix.
— Oui, dit Neville, qui haletait un peu à cause de la pente raide que suivait le passage. On comprend leur raisonnement. Ils avaient obtenu de très bons résultats en kidnappant des élèves pour
obliger leur famille à rentrer dans le rang, il fallait s’attendre à ce qu’ils appliquent la même méthode dans l’autre sens. Seulement voilà – il se tourna pour leur faire face et Harry fut étonné de le voir sourire –, ils ne savaient pas à quoi ils s’exposaient avec ma grand-mère. Une petite vieille qui vivait
seule, ils ont sans doute pensé qu’il était inutile d’envoyer quelqu’un de très qualifié. Le résultat, s’esclaffa Neville, c’est que Dawlish est toujours à Ste Mangouste et que ma grand-mère est en fuite.
Elle m’a envoyé une lettre – il tapota la poche de poitrine de sa robe – pour me dire qu’elle était fière de moi, que j’étais le digne fils de mes parents et que je devais continuer comme ça.
— Cool, ta grand-mère, dit Ron.
— Oui, approuva Neville d’un air joyeux.
— Ces gens ne se rendent donc pas compte de ce que vous avez traversé ? Des dangers que vous courez ? De la position unique que vous occupez dans les coeurs, au sein du mouvement anti-Voldemort ?
— Heu… non, ils ne s’en rendent pas compte, répondit Harry. En fait, ils pensent que je prends inutilement de la place, mais j’y suis habitué…
— Je ne crois pas que tu prennes inutilement de la place.
Si Harry n’avait pas vu remuer les lèvres de Dudley, il n’en aurait sans doute pas cru ses oreilles. Mais après avoir regardé fixement Dudley pendant plusieurs secondes, il dut admettre que c’était bien son cousin qui avait parlé ainsi. D’ailleurs, Dudley était devenu écarlate. Harry lui-même était stupéfait et un peu embarrassé.
— Eh bien, heu… Merci, Dudley.
À nouveau, Dudley sembla s’empêtrer dans des pensées trop difficiles à formuler et il se contenta de marmonner :
— Tu m’as sauvé la vie.
— Pas vraiment, dit Harry. C’était ton âme que les Détraqueurs auraient prise…
Il s’allongea tout habillé sur son lit, le regard perdu. Il n’éprouvait aucune curiosité à l’égard de R.A.B. Il lui semblait même qu’il n’éprouverait plus jamais de curiosité pour quoi que ce soit. Étendu sous son baldaquin, il s’aperçut soudain que le parc était redevenu silencieux. Fumseck ne chantait plus.
Il sut alors, bien qu’il eût été incapable de dire comment il le savait, que le phénix était parti, qu’il avait à jamais quitté Poudlard, tout comme Dumbledore avait quitté son école, avait quitté le monde… avait quitté Harry.
Quelque part dans l’obscurité, un phénix lançait un chant que Harry n’avait encore jamais entendu : une lamentation déchirante d’une terrible beauté. Comme il lui était déjà arrivé de le ressentir lorsque chantait le phénix, il eut l’impression que la musique ne venait pas de l’extérieur mais qu’elle était en lui : c’était son propre chagrin, transformé par magie en une mélodie, qui s’élevait dans le parc et leur parvenait par les fenêtres du château.
Combien de temps restèrent-ils à l’écouter, il ne le savait pas, il ne savait pas non plus pourquoi entendre ainsi chanter leur chagrin paraissait soulager un peu leur douleur.
— Et si je suis à Serpentard ?
La question qu’il avait murmurée était destinée uniquement à son père. Harry savait que seul le
moment du départ pouvait forcer Albus à révéler à quel point sa peur était profonde et sincère.
Harry s’accroupit, le visage de son fils un peu au-dessus du sien. Des trois enfants de Harry, Albus
était le seul à avoir les yeux de Lily.
— Albus Severus, dit-il.
Il parlait à mi-voix pour que personne ne puisse l’entendre en dehors de Ginny. Elle eut le tact de
faire semblant de ne pas écouter, adressant des signes de la main à Rose qui était montée dans le train.
— Tes deux prénoms t’ont été donnés, poursuivit Harry, en souvenir de deux directeurs de Poudlard.
L’un d’eux était un Serpentard et il était sans doute l’homme le plus courageux que j’aie jamais
rencontré.
— Mais dis-moi simplement…
— … si c’était le cas, alors Serpentard gagnerait un excellent élève, n’est-ce pas ? Pour nous, ça n’a
pas d’importance, Al. Mais si ça en a pour toi, tu pourras choisir Gryffondor plutôt que Serpentard. Le
Choixpeau magique tiendra compte de tes préférences.
— Vraiment ?
— C’est ce qui s’est passé pour moi, dit Harry.
— Belle journée, dit-il en montrant les fenêtres. Il fut tellement gêné qu’il sentit ses entrailles se ratatiner. La météo. Il ne trouvait pas d’autre sujet de conversation que la météo…
Harry à Cho Chang
Personnages concernés : Harry Potter, Cho Chang
— Je n'ai pas mis mon nom dans cette Coupe ! répéta Harry qui commençait à sentir la colère monter en lui.
— C'est ça, lança Ron du même ton sceptique que Cedric. Mais ce matin tu as dit que, si tu avais voulu le faire, tu serais descendu la nuit pour que personne ne te voie... Je ne suis quand même pas complètement idiot.
— Tu sais très bien faire semblant, en tout cas, répliqua sèchement Harry.
Harry se rendit compte qu’il venait de transplaner pour la première fois de sa vie.
— Ça va ? demanda Dumbledore en le regardant avec sollicitude. Il faut un peu de temps pour s’habituer à la sensation.
— Ça va très bien, répondit Harry.
Il frotta ses oreilles qui lui donnaient l’impression de n’avoir quitté Privet Drive qu’à contrecoeur.
— Mais je crois que je préfère les balais.
— Je savais que tu aurais le maximum en défense contre les forces du Mal, dit Ron qui donna à Harry un coup de poing sur l’épaule. On s’est bien débrouillés, non ?
— Bravo ! s’exclama Mrs Weasley avec fierté en ébouriffant les cheveux de Ron. Sept BUSE, c’est plus que ce que Fred et George ont jamais obtenu à eux deux !
— Et toi ? demanda timidement Ginny à Hermione qui leur tournait toujours le dos. Qu’est-ce que tu as eu ?
— Je… Ce n’est pas trop mal, répondit-elle d’une petite voix.
— Eh, arrête un peu, coupa Ron en s’avançant vers elle pour lui prendre ses résultats des mains. Ouais, c’est ça… dix « Optimal » et un « Effort exceptionnel » en défense contre les forces du Mal.
Il lui jeta un coup d’oeil, moitié amusé, moitié exaspéré.
— Tu dois être très déçue, non ?
Hermione hocha la tête et Harry éclata de rire.
— Eh bien, maintenant, nous allons préparer nos ASPIC ! dit Ron avec un sourire. Maman, il reste des saucisses ?
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