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Harry Potter — Oui, répondit Harry. Professeur, j'étais au cours de divination et... heu... je me suis endormi...
Il hésita en se demandant s'il allait s'attirer une réprimande, mais Dumbledore se contenta de dire :
— C'est très compréhensible. Vas-y, continue.
Quant au directeur du collège, Harry n'avait aucune idée de l'endroit où il passait ses vacances d'été. Il s'amusa un instant à imaginer Dumbledore, avec sa grande barbe argentée, sa longue robe de sorcier et son chapeau pointu, allongé sur une plage, enduisant son long nez aquilin de crème solaire.
— Ah, Harry, cela se produit souvent, même chez les meilleurs amis du monde ! Chacun pense que ce qu’il a à dire est beaucoup plus important que tout ce que l’autre pourrait raconter !
Il glissa le livre du Prince de Sang-Mêlé derrière la cage et referma la porte en la claquant. Il s’arrêta un instant, son coeur lui martelant les côtes, et contempla tout ce fouillis… Arriverait-il à retrouver sa cachette dans ce bric-à-brac ? Il prit sur une caisse le buste écaillé d’un vieux sorcier très laid et le posa sur le placard où le livre était à présent rangé. Pour la rendre plus reconnaissable, il coiffa la tête de la statue d’une perruque mitée et d’un diadème terni.
— J'étais en train de dire, mon pauvre garçon, que vous êtes né, de toute évidence, sous l'influence maléfique de Saturne, déclara le professeur Trelawney, avec une nuance de reproche dans la voix pour lui avoir témoigné si peu d'attention.
— Né sous... quoi, pardon ? dit Harry.
— Saturne, mon garçon, la planète Saturne ! répéta-t-elle, manifestement agacée de constater que la nouvelle le laissait toujours aussi indifférent. Je disais que Saturne occupait certainement une position dominante dans le ciel au moment de votre naissance... Vos cheveux noirs... votre taille moyenne... Une perte tragique à un âge si jeune... Je pense ne pas me tromper, mon pauvre chéri, en affirmant que vous êtes né en plein hiver ?
— Je suis né en juillet, dit Harry.
— Il est revenu, murmura Harry. Voldemort est revenu.
— On devrait quand même aller se coucher, murmura Hermione. Il ne faudrait pas qu’on se lève
trop tard demain matin.
— Tu as raison, approuva Ron. Un triple meurtre sanglant par la mère du marié jetterait un froid sur
les noces.
— Tu crois donc que les morts que nous avons aimés nous quittent vraiment ? Tu crois que nous ne nous souvenons pas d'eux plus clairement que jamais lorsque nous sommes dans la détresse ? Ton père vit en toi, Harry, et il se montre davantage lorsque tu as besoin de lui. Sinon, comment aurais-tu pu créer ce Patronus en particulier ? Cornedrue est revenu la nuit dernière.
Gabrielle ressemblait à Fleur en miniature. Elle avait onze ans et une longue chevelure d’un blond pur, argenté, qui lui tombait jusqu’à la taille. Elle adressa à Mrs Weasley un sourire éclatant et la serra dans ses bras, puis lança à Harry un regard de braise en battant des cils. Ginny s’éclaircit bruyamment la gorge.
— Et ce livre, dit Hermione, Les Contes de Beedle le Barde… Je n’en avais jamais entendu parler !
— Tu n’avais jamais entendu parler des Contes de Beedle le Barde ? s’exclama Ron, incrédule. Tu
plaisantes, ou quoi ?
— Pas du tout ! répondit Hermione, surprise. Tu les connais, toi ?
— Bien sûr que oui !
Harry leva la tête, son attention soudain détournée. Que Ron ait lu un livre inconnu d’Hermione
constituait une situation sans précédent. Ron, cependant, n’en revenait pas de les voir si étonnés.
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