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Fred Weasley Elle se retourna pour regarder une grande horloge posée de travers sur une pile de draps dans le panier de linge sale, au bout de la table. Harry la reconnut aussitôt : elle avait neuf aiguilles qui portaient chacune le nom d’un des membres de la famille ; en général, elle était accrochée au mur du salon mais à en juger par la place qu’elle occupait à présent, Mrs Weasley avait dû prendre l’habitude de l’emporter avec elle partout dans la maison. En cet instant, chacune de ses neuf aiguilles pointait sur « En danger de mort ».
En dehors de Rusard, personne, parmi le personnel, ne remuait le petit doigt pour aider Ombrage. Une semaine après le départ de Fred et de George, Harry vit le professeur McGonagall passer devant Peeves, occupé à détacher du plafond un lustre de cristal, et aurait juré l’avoir entendue dire du coin des lèvres à l’esprit frappeur : « Il faut le dévisser dans l’autre sens. »
— Fred, à toi maintenant, dit la mère.
— Fred, c'est pas moi, moi, c'est George, dit le garçon. Franchement, tu crois que c'est digne d'une mère de confondre ses enfants ? Tu ne vois pas que je suis George ?
— Désolée, mon chéri.
— C'était pour rire, dit le garçon. En fait, Fred, c'est moi..
— Salut, Harry, dit George avec un grand sourire. Il nous avait semblé entendre ta voix douce et mélodieuse.
— Il ne faut pas réprimer ta colère comme ça, Harry, laisse-la s’exprimer, dit Fred avec le même sourire. Sinon, il y a peut-être deux ou trois personnes dans un rayon de cinquante kilomètres qui risquent de ne pas t’entendre.
Les jumeaux Weasley reçurent une punition pour avoir fabriqué des boules de neige magiques qui suivaient Quirrell partout où il allait en visant son turban.
— Un bel exemple à donner aux enfants ! Se battre en public ! Je me demande ce qu’a dû
penser Gilderoy Lockhart. [Molly]
— Il était très content, dit Fred. Tu ne l’as pas entendu quand on est partis ? Il demandait au type de La Gazette du sorcier s’il pourrait parler de la bagarre dans son reportage. Il a dit que ça ferait une très bonne publicité.
— Et maintenant, avant d'aller nous coucher, chantons tous ensemble l'hymne du collège ! s'écria Dumbledore.
Harry remarqua que le sourire des autres professeurs s'était soudain figé. Dumbledore donna un petit coup de baguette magique, comme s'il avait voulu faire partir une mouche posée à son extrémité, et il s'en échappa un long ruban d'or qui s'éleva au-dessus des tables en se tortillant pour former les paroles de la chanson.
— Chacun chantera sur son air préféré, dit Dumbledore. Allons-y !
Et toute l'école se mit à hurler:
Poudlard, Poudlard, Pou du Lard du Poudlard,
Apprends-nous ce qu'il faut savoir,
Que l'on soit jeune ou vieux ou chauve
Ou qu'on ait les jambes en guimauve,
On veut avoir la tête bien pleine
Jusqu'à en avoir la migraine
Car pour l'instant c'est du jus d'âne,
Qui mijote dans nos crânes,
Oblige-nous à tout étudier,
Répète-nous c'qu'on a oublié,
Fais de ton mieux, qu'on se surpasse
Jusqu'à c'que nos cerveaux crient grâce.
Tout le monde termina la chanson à des moments différents. Les jumeaux Weasley furent les derniers à chanter, au rythme de la marche funèbre qu'ils avaient choisie. Dumbledore marqua la cadence avec sa baguette magique et lorsqu'ils eurent terminé, il fut l'un de ceux qui applaudirent le plus fort.
— Ah, la musique, dit-il en s'essuyant les yeux. Elle est plus magique que tout ce que nous pourrons jamais faire dans cette école. Et maintenant, au lit. Allez, tout le monde dehors.
Mrs Weasley traversa la cour à grands pas, provoquant la panique parmi les poulets. La
petite femme replète au visage bienveillant semblait s’être brusquement transformée en une
tigresse redoutable.
— Aïe ! dit Fred.
— Hou, là, là, dit George.

NEVILLE
J’aimerais dire quelque chose. Ça change rien qu’Harry soit mort. Des gens meurent tout les jours, des amis, de la famille. Oui, on a perdu Harry cette nuit, mais il est toujours là, dans nos cœurs, comme Fred, et Remus, et Tonks, tous. Ils ne sont pas morts en vain, mais vous oui, parce que vous vous trompez ! Le cœur d’Harry bâtait pour nous, pour nous tous, ce n’est pas fini !
— Je ne peux pas rester très longtemps, Maman, dit-il. Je dois aller à l'avant du train, les préfets ont un compartiment réservé.
— Tu es préfet, Percy ? dit l'un des jumeaux avec surprise. Tu aurais dû nous prévenir, on n'en savait rien.
— Attends, je crois bien qu'il nous en a soufflé un mot, une fois, dit l'autre jumeau.
— Peut-être même deux fois.
— Maintenant que tu me le rappelles, je crois même qu'il nous en a parlé pendant une minute entière.
— Et même pendant tout l'été, à bien y réfléchir...
— Ça suffit, dit Percy le préfet.