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Hermione Granger Il ne savait pas pourquoi il agissait ainsi, pourquoi il s’approchait du mourant. Il ne savait même pas très bien ce qu’il ressentait en voyant le visage livide de Rogue et ses doigts qui essayaient d’étancher la plaie sanglante de son cou. Il enleva la cape d’invisibilité et baissa le regard vers l’homme qu’il haïssait. Les yeux de Rogue se posèrent sur Harry. Il essaya de parler. Lorsque Harry se pencha, Rogue saisit le devant de sa robe et l’attira vers lui. Un râle, un gargouillement abominable sortit de sa gorge.
— Prenez-… les… Prenez-… les…
Quelque chose d’autre que du sang ruisselait du visage de Rogue. D’un bleu argenté, ni gaz, ni liquide, la substance jaillissait de sa bouche, de ses oreilles, de ses yeux. Harry savait ce que c’était, mais ne savait que faire…
Hermione glissa alors dans ses mains tremblantes une flasque, surgie de nulle part. À l’aide de sa baguette, Harry y versa la substance argentée. Lorsque la flasque fut pleine et que Rogue sembla ne plus avoir en lui une goutte de sang, l’étreinte de sa main sur la robe de Harry se desserra.
— Regardez-… moi, murmura-t-il.
Les yeux verts de Harry croisèrent les yeux noirs de Rogue mais un instant plus tard, quelque chose sembla s’éteindre au fond du regard sombre qui devint fixe, terne, vide. La main qui tenait encore Harry retomba avec un bruit sourd et Rogue ne bougea plus.
À ce moment-là, ils ont dû estimer qu’il n’y avait plus qu’un seul moyen de m’arrêter et ils s’en sont pris à ma grand-mère.
— Quoi ? s’exclamèrent Harry, Ron et Hermione d’une même voix.
— Oui, dit Neville, qui haletait un peu à cause de la pente raide que suivait le passage. On comprend leur raisonnement. Ils avaient obtenu de très bons résultats en kidnappant des élèves pour
obliger leur famille à rentrer dans le rang, il fallait s’attendre à ce qu’ils appliquent la même méthode dans l’autre sens. Seulement voilà – il se tourna pour leur faire face et Harry fut étonné de le voir sourire –, ils ne savaient pas à quoi ils s’exposaient avec ma grand-mère. Une petite vieille qui vivait
seule, ils ont sans doute pensé qu’il était inutile d’envoyer quelqu’un de très qualifié. Le résultat, s’esclaffa Neville, c’est que Dawlish est toujours à Ste Mangouste et que ma grand-mère est en fuite.
Elle m’a envoyé une lettre – il tapota la poche de poitrine de sa robe – pour me dire qu’elle était fière de moi, que j’étais le digne fils de mes parents et que je devais continuer comme ça.
— Cool, ta grand-mère, dit Ron.
— Oui, approuva Neville d’un air joyeux.
De retour sur le quai, ils trouvèrent Lily et Hugo, le jeune frère de Rose, discutant avec animation de la maison dans laquelle ils seraient envoyés le jour où ils iraient enfin à Poudlard.
— Si tu n’es pas à Gryffondor, on te déshérite, lança Ron. Mais je ne veux pas te mettre la pression.
— Ron !
Lily et Hugo éclatèrent de rire, mais Albus et Rose avaient un air grave.
— Il dit ça pour rire, assurèrent Hermione et Ginny.
— Ils ont bien grandi, ils doivent faire pas loin de un mètre, maintenant. Le seul ennui, c'est qu'ils ont commencé à s'entre-tuer.
— Non, vraiment ? dit Hermione en lançant un regard réprobateur à Ron qui s'apprêtait visiblement à faire une remarque sur la nouvelle coiffure de Hagrid.
— Oui, soupira Hagrid avec tristesse. Mais ça va mieux, maintenant, je les ai mis dans des boîtes séparées. J'en ai encore une vingtaine.
— C'est une chance, dit Ron.
— Enfin, quoi, Hermione, pourquoi refuses-tu de l’admettre ? Vol…
— HARRY, NON !
— … demort cherche la Baguette de Sureau !
— Le nom est tabou ! beugla Ron qui se leva d’un bond, alors qu’un crac ! sonore retentissait à
l’extérieur de la tente. Je te l’avais dit, Harry, je te l’avais dit, on ne peut plus le prononcer… Il faut
renouveler les sortilèges de Protection autour de nous… vite… c’est comme ça qu’ils trouvent…
— Si vous n’arrêtez pas tout de suite, je vais…
— Nous donner une retenue ? dit Fred d’un ton qui signifiait : « J’aimerais bien voir ça. »
— Nous faire copier des lignes ? dit George avec un sourire narquois.
Des rires s’élevaient des quatre coins de la pièce. Hermione se redressa de toute sa hauteur, les yeux plissés. Des étincelles électriques semblaient crépiter dans ses cheveux touffus.
— Non, répliqua-t-elle, la voix tremblante de colère, mais je vais écrire à votre mère.
— Tu ne ferais pas ça, dit George, horrifié, en reculant d’un pas.
— Oh que si, je le ferais, assura Hermione d’un air menaçant. Je ne peux pas vous empêcher de manger vous-mêmes vos cochonneries mais il n’est pas question que vous en donniez aux première année.
Fred et George paraissaient abasourdis. Pour eux, la menace d’Hermione était un coup en traître.
— En lisant d’autres anciens numéros de La Gazette, j’ai trouvé un minuscule faire-part annonçant le mariage d’Eileen Prince à un homme du nom de Tobias Rogue. Plus tard, une autre annonce disait qu’elle avait donné naissance à un…
— Assassin, lança sèchement Harry.
— Heu… oui, approuva Hermione. Donc… j’avais raison, d’une certaine manière. Rogue devait être fier d’être « mêlé de Prince », tu comprends ? Tobias Rogue était un Moldu d’après La Gazette.
— Oui, ça se tient, admit Harry. Il a mis en avant la branche sang-pur de sa famille pour que Lucius Malefoy et les autres l’acceptent parmi eux… Il est exactement comme Voldemort. Une mère sang-pur, un père moldu… honteux de ses origines, essayant de se faire craindre par la magie noire, se donnant un nouveau nom plus impressionnant – Lord Voldemort, le Prince de Sang-Mêlé. Comment Dumbledore a-t-il pu ne pas voir…
— Voldemort a toujours considéré la vie des elfes de maison indigne de son attention, à la manière des Sang-Pur qui les traitent comme des animaux… Il ne lui serait jamais venu à l’esprit qu’ils puissent posséder des pouvoirs magiques dont il ne disposait pas lui-même.
— Mais tu as dit que Slughorn avait l’intention d’offrir cette bouteille à Dumbledore pour Noël, lui rappela Ginny. Donc, l’empoisonneur pouvait tout aussi bien viser Dumbledore.
— Dans ce cas, il ne connaissait pas très bien Slughorn, intervint Hermione qui parlait pour la première fois depuis des heures.
Elle avait la voix de quelqu’un qui a attrapé un mauvais rhume.
— Quiconque connaît Slughorn aurait su qu’il y avait de bonnes chances qu’il garde pour lui quelque chose d’aussi délicieux.
— Er-my-nie, dit brusquement Ron d’une voix gutturale. Tout le monde se tut en le regardant d’un air anxieux, mais après avoir marmonné quelques paroles incompréhensibles, il se mit simplement à ronfler.
— Vraiment ? Gryffondor était originaire de Godric’s Hollow ?
— Harry, t’est-il jamais arrivé d’ouvrir Histoire de la magie ?
— Heu…, dit-il.
Il eut l’impression qu’il souriait pour la première fois depuis des mois : les muscles de son visage lui
paraissaient étrangement raides.
— J’ai dû y jeter un coup d’oeil quand je l’ai acheté… Ce jour-là, c’est tout…
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