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Harry Potter Par un étrange phénomène, plus on redoute un événement, plus le temps qui nous en sépare prend un malin plaisir à passer le plus rapidement possible, alors qu'on donnerait n'importe quoi pour qu'il ralentisse.
Hébété, Harry repensa à la façon dont les Dursley l’avaient enfermé, bouclé dans un placard, caché à la vue des autres, pour avoir commis le seul crime d’être un sorcier. La soeur de Dumbledore avait-elle subi le même traitement pour la raison inverse ? L’avait-on séquestrée parce qu’elle n’était pas suffisamment douée pour la magie ? Et Dumbledore l’avait-il véritablement abandonnée à son sort, pendant que lui-même allait à Poudlard où il se montrait brillant et talentueux ?
Voilà ce qu’ils devraient nous enseigner, songea-t-il en se tournant sur le côté, comment fonctionne le cerveau des filles… Ce serait sûrement plus utile que la divination…
Harry à lui-même
Personnages concernés : Harry Potter
— Hagrid, dit-elle dans un murmure que le son produit par la créature endormie rendait à peine audible. Qui est-ce ?
Harry trouva la question étrange. Il aurait plutôt songé à demander : « Qu’est-ce que c’est ? »
À présent, Rogue se trouvait à nouveau dans le bureau du directeur où Phineas Nigellus revenait
précipitamment dans son tableau.
— Cher directeur ! Ils campent dans la forêt de Dean ! La Sang-de-Bourbe…
— N’utilisez pas ce terme !
— La fille Granger, si vous préférez, a prononcé le nom au moment où elle ouvrait son sac et je l’ai
entendue !
— Moi aussi, j'y ai pensé, dit Ron. Harry, il faut que tu viennes à la maison. J'arrangerai ça avec mes parents et je t'appellerai. Je sais comment me servir d'un fêlétone, maintenant.
— Un téléphone, Ron, rectifia Hermione. Tu devrais étudier les Moldus, l'année prochaine...
Lorsque Harry montra la Baguette de Sureau, Ron et Hermione la contemplèrent avec une révérence
que, même l’esprit brouillé par le manque de sommeil, il n’aimait guère.
— Je n’en veux pas, dit-il.
— Quoi ? s’exclama Ron. Tu es dingue ?
— Je sais qu’elle est puissante, reprit Harry d’un ton las. Mais j’étais plus heureux avec la mienne.
Alors…
Il fouilla dans la bourse accrochée à son cou et en sortit les deux morceaux de bois de houx, tout
juste reliés par un mince filament de plume de phénix. Hermione disait qu’on ne pouvait pas la réparer,
que les dégâts étaient trop importants. Tout ce qu’il savait, c’était que si cela ne marchait pas cette fois-ci,
rien ne marcherait jamais.
Il posa la baguette brisée sur le bureau du directeur, la toucha avec l’extrémité de la Baguette de
Sureau et dit :
— Reparo.
Sa baguette se reconstitua alors, et des étincelles rouges en jaillirent. Harry sut qu’il avait réussi. Il
prit la baguette de houx à la plume de phénix et sentit une soudaine chaleur dans ses doigts comme si sa
main et la baguette magique se réjouissaient d’être à nouveau réunies.
— Je vais remettre la Baguette de Sureau là où elle était, dit-il à Dumbledore qui le regardait avec
une immense affection, une immense admiration. Elle peut bien y rester. Si je meurs de mort naturelle,
comme Ignotus, son pouvoir sera brisé, n’est-ce pas ? Son dernier maître n’aura jamais été vaincu. Ce
sera sa fin.
Dumbledore approuva d’un signe de tête. Ils échangèrent un sourire.
— Tu es sûr ? demanda Ron.
Il y avait une légère trace de convoitise dans sa voix, tandis qu’il regardait la Baguette de Sureau.
— Je crois que Harry a raison, murmura Hermione.
— Cette baguette cause trop d’ennuis pour ce qu’elle vaut, reprit Harry Et très sincèrement – il se
détourna des portraits, ne pensant plus qu’au lit à baldaquin qui l’attendait dans la tour de Gryffondor et
se demandant si Kreattur ne pourrait pas lui apporter un sandwich là-bas –, j’ai eu suffisamment
d’ennuis pour le reste de mes jours.
— Nous allons lui dire que nous lui donnerons l’épée quand il nous aura aidés à pénétrer dans la chambre forte… mais nous prendrons la précaution de ne pas lui préciser à quel moment exactement il
pourra la récupérer.
Un sourire s’étala sur le visage de Ron. Hermione, en revanche, parut s’alarmer.
— Harry, nous n’allons pas…
— Il l’aura, poursuivit Harry, après que nous nous en serons servis contre tous les Horcruxes. À ce moment-là, je la lui laisserai. Je tiendrai ma parole.
— Mais ça prendra peut-être des années ! s’exclama Hermione.
— Je sais, mais lui n’a pas besoin de le savoir. Je ne lui mentirai pas… pas vraiment.
Harry croisa le regard d’Hermione avec un mélange de défi et de honte. Il se rappela les mots gravés au-dessus de la porte de Nurmengard : « Pour le plus grand bien ». Il repoussa cette pensée. Quel autre choix avaient-ils ?
— Je n’aime pas ça, dit Hermione.
— Moi non plus, pas beaucoup, admit Harry.
— Moi, je trouve que c’est génial, approuva Ron en se levant. Allons lui annoncer ça.
Lorsqu’ils quittèrent la table de Gryffondor, cinq minutes plus tard, pour se rendre sur le terrain de Quidditch, ils passèrent devant Lavande Brown et Parvati Patil. Se rappelant ce qu’Hermione avait dit des soeurs Patil dont les parents voulaient les enlever de Poudlard, Harry ne fut pas surpris de voir les deux amies chuchoter d’un air affligé. Il fut plus étonné en revanche quand Parvati, au moment où ils arrivaient à leur hauteur, donna soudain un coup de coude à Lavande qui se retourna et adressa un large sourire à Ron. Celui-ci la regarda, cligna des yeux puis sourit à son tour, l’air incertain, sa démarche se transformant instantanément en un pas de parade. Harry résista à la tentation d’éclater de rire, se souvenant que Ron s’était également abstenu de rire après que Malefoy lui eut cassé le nez. Hermione, pour sa part, parut froide et distante sur le chemin du stade. Elle marcha en silence sous une petite pluie fraîche et brumeuse et partit chercher une place dans les tribunes sans souhaiter bonne chance à Ron.
Il ne savait pas pourquoi il agissait ainsi, pourquoi il s’approchait du mourant. Il ne savait même pas très bien ce qu’il ressentait en voyant le visage livide de Rogue et ses doigts qui essayaient d’étancher la plaie sanglante de son cou. Il enleva la cape d’invisibilité et baissa le regard vers l’homme qu’il haïssait. Les yeux de Rogue se posèrent sur Harry. Il essaya de parler. Lorsque Harry se pencha, Rogue saisit le devant de sa robe et l’attira vers lui. Un râle, un gargouillement abominable sortit de sa gorge.
— Prenez-… les… Prenez-… les…
Quelque chose d’autre que du sang ruisselait du visage de Rogue. D’un bleu argenté, ni gaz, ni liquide, la substance jaillissait de sa bouche, de ses oreilles, de ses yeux. Harry savait ce que c’était, mais ne savait que faire…
Hermione glissa alors dans ses mains tremblantes une flasque, surgie de nulle part. À l’aide de sa baguette, Harry y versa la substance argentée. Lorsque la flasque fut pleine et que Rogue sembla ne plus avoir en lui une goutte de sang, l’étreinte de sa main sur la robe de Harry se desserra.
— Regardez-… moi, murmura-t-il.
Les yeux verts de Harry croisèrent les yeux noirs de Rogue mais un instant plus tard, quelque chose sembla s’éteindre au fond du regard sombre qui devint fixe, terne, vide. La main qui tenait encore Harry retomba avec un bruit sourd et Rogue ne bougea plus.
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