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Harry Potter — Lui révéler quoi ?
Dumbledore respira profondément et ferma les yeux.
— Lui révéler que le soir où Voldemort a essayé de le tuer, lorsque Lily a dressé entre eux deux sa propre vie comme un bouclier, le sortilège de Mort a ricoché sur le Seigneur des Ténèbres et qu’un fragment de son âme lui a été arraché. Ce fragment s’est accroché à la seule âme vivante qui restait dans cette maison dévastée. Une partie de Lord Voldemort vit ainsi à l’intérieur de Harry. C’est cela qui lui donne le pouvoir de parler aux serpents et qui établit avec Lord Voldemort une connexion dont il n’a
jamais compris la nature. Et tant que ce fragment d’âme, à l’insu de Voldemort, reste attaché à Harry et
protégé par lui, Lord Voldemort ne peut mourir.
Harry avait l’impression de voir les deux hommes à l’autre bout d’un long tunnel, tant ils lui
semblaient loin, leurs voix résonnant à ses oreilles comme un étrange écho.
— Alors, ce garçon… ce garçon doit mourir ? interrogea Rogue avec un certain calme.
— Et Voldemort devra le tuer de sa main, Severus. C’est essentiel.
— Oh, je viens juste d’échapper à… je veux dire, je viens de quitter Cormac, répondit-elle. Sous la branche de gui, ajouta-t-elle en guise d’explication devant le regard interrogateur de Harry.
— Ça t’apprendra à venir avec lui, dit-il d’un ton grave.
— J’ai pensé qu’il agacerait Ron plus que les autres, expliqua Hermione, la voix dénuée de toute passion. Pendant un moment, j’avais songé à Zacharias Smith mais tout bien considéré…
— Tu as envisagé de sortir avec Smith ? s’exclama Harry, révolté.
— Oui, et je commence à regretter de ne pas l’avoir choisi. À côté de McLaggen, Graup a l’air d’un gentleman. Viens, allons par là, on pourra le voir venir, il est tellement grand…
Voldemort tendit la main, sans y avoir été invité cette fois, et examina le médaillon en le tenant à la lumière.
— La marque de Serpentard, dit-il à voix basse en regardant chatoyer un S ouvragé, en forme de serpent.
— Exactement ! s’exclama Hepzibah, apparemment ravie de voir Voldemort fasciné par son médaillon. Il m’a coûté les yeux de la tête mais je ne pouvais pas laisser passer un trésor pareil, il me le fallait pour ma collection. Il paraît que Beurk l’a acheté à une femme en haillons qui semblait l’avoir volé sans avoir aucune idée de sa valeur…
Cette fois, on ne pouvait s’y tromper : un éclair rouge était passé dans les yeux de Voldemort et Harry vit ses jointures blanchir tandis qu’il serrait entre ses doigts la chaîne du médaillon.
— Je suppose que Beurk l’a payé une misère mais enfin, le voilà… Très beau, n’est-ce pas ? Celui-là aussi, on lui attribue toutes sortes de pouvoirs mais là encore je me contente de le garder bien à l’abri…
— J’ai l’impression d’être un elfe de maison, se plaignit Ron à voix basse, en se massant la tête. Sauf que je n’ai pas la satisfaction du travail accompli. Plus vite ce mariage sera terminé, plus je serai content, ajouta-t-il tandis qu’il leur emboîtait le pas en compagnie de Harry.
— Ouais, répondit celui-ci. Nous n’aurons plus rien d’autre à faire qu’à trouver les Horcruxes… Ça ressemblera à des vacances…
Le professeur Trelawney se comporta presque normalement jusqu'à la fin du repas qui se termina deux heures plus tard. L'estomac rempli à craquer, leurs chapeaux trouvés dans les pétards surprises sur la tête, Harry et Ron furent les premiers à se lever. Le professeur Trelawney poussa alors un cri perçant.
— Mes enfants ! s'exclama-t-elle. Lequel de vous deux s'est levé le premier ? Lequel ?
— Je ne sais pas, répondit Ron en regardant Harry d'un air gêné.
— Je crois que cela n'a aucune importance, déclara le professeur McGonagall d'un ton glacial. A moins qu'un tueur fou attende de découper à coups de hache le premier qui sortira de cette salle.
Même Ron éclata de rire. Le professeur Trelawney parut gravement offensée.
— Harry Potter ! [McGonagall]
Lorsque Harry sortit du rang, des murmures s'élevèrent dans toute la salle.
— Elle a bien dit Potter ?
— Le Harry Potter ?
Avant que le chapeau lui tombe devant les yeux en le plongeant dans le noir absolu, Harry eut le temps de voir les têtes qui se tendaient pour mieux le regarder.
— Hum, ce n'est pas facile, dit une petite voix à son oreille. C'est même très difficile. Je vois beaucoup de courage. Des qualités intellectuelles, également, Il y a du talent et... ho ! ho ! mon garçon, tu es avide de faire tes preuves, voilà qui est intéressant... Voyons, où vais-je te mettre ?
Harry crispa les doigts sur les bords du tabouret. « Pas à Serpentard, pas à Serpentard », pensa-t-il avec force.
— Pas à Serpentard ? dit la petite voix. Tu es sûr ? Tu as d'immenses qualités, sais-tu ? Je le vois dans ta tête et Serpentard t'aiderait singulièrement sur le chemin de la grandeur, ça ne fait aucun doute. Alors ? Non ? Vraiment ? Très bien, si tu es sûr de toi, il vaut mieux t'envoyer à... GRYFFONDOR !
Harry entendit le dernier mot résonner dans la Grande Salle. Il ôta le chapeau et se dirigea, les jambes tremblantes, vers la table des Gryffondor. Soulagé d'avoir échappé à Serpentard, il remarqua à peine qu'on lui réservait la plus longue et la plus bruyante ovation de la soirée. Percy le Préfet se leva et lui serra vigoureusement la main tandis que les jumeaux Weasley scandaient:
— Potter avec nous ! Potter avec nous !
— Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que j'entends ? Gilderoy Lockhart s'approcha d'eux à grands pas, les pans de sa robe turquoise flottant derrière lui. Qui dédicace des photos ? demanda-t-il.
Harry voulut dire quelque chose mais il fut interrompu par Lockhart qui le prit par les épaules et lança d'un ton joyeux :
— Je n'aurais pas dû poser la question ! Nous voici à nouveau réunis, Harry !
— L'expérience que tu as vécue avec le Retourneur de Temps ne t'a donc rien appris ? Les conséquences de nos actions sont toujours si complexes, si diverses, que prévoir l'avenir est une entreprise bien difficile... Le professeur Trelawney en est la preuve vivante. Tu as fait quelque chose de très noble en sauvant la vie de Pettigrow.
Il contourna la table à grands pas et serra Harry dans ses bras. On aurait dit que la scène qui s’était déroulée dans le sous-sol du square Grimmaurd n’avait jamais eu lieu.
— Tu veux bien être le parrain ? lui demanda-t-il en relâchant son étreinte. [Remus Lupin]
— M… Moi ? balbutia Harry.
— Oui, toi, bien sûr, Dora est tout à fait d’accord, on ne peut pas trouver mieux.
— Je… oui… ça, alors…
Harry se sentait submergé, abasourdi, ravi.
— Je crois que je n'ai jamais été aussi stupéfait ! Venir à Poudlard en voiture volante ! Bien sûr, j'ai tout de suite compris pourquoi tu avais fait ça. C'était évident. Ah, Harry, Harry, Harry !
Même lorsqu'il ne parlait pas, il avait l'extraordinaire faculté d'exhiber ses dents étincelantes.
— Je t'ai donné le goût de la publicité, c'est bien ça ? dit Lockhart. Je t'ai passé le virus. Tu as fait la une du journal grâce à moi et tu as absolument voulu recommencer.
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