Votre recherche :Tome :
Harry Potter et les Reliques de la Mort — On devrait quand même aller se coucher, murmura Hermione. Il ne faudrait pas qu’on se lève
trop tard demain matin.
— Tu as raison, approuva Ron. Un triple meurtre sanglant par la mère du marié jetterait un froid sur
les noces.
Le Patronus ouvrit alors largement
sa gueule et parla avec la voix lente, forte, profonde, de Kingsley Shacklebolt :
— Le ministère est tombé. Scrimgeour est mort. Ils arrivent !
Ils finirent par s’installer pour la nuit dans un champ lointain qui appartenait à une ferme isolée où
ils purent se procurer des oeufs et du pain.
— Ce n’est pas du vol, hein ? demanda Hermione, anxieuse, tandis qu’ils dévoraient des oeufs
brouillés sur toast. Puisque j’ai laissé de l’argent à côté du poulailler ?
Ron leva les yeux au ciel et répondit, les joues pleines :
— Her-mignonne, ’u es ’oujours ’rop inquiè’e. ’é’ends-’oi.
La dernière trace de vapeur se dissipa dans l’atmosphère de l’automne. Le train disparut dans un virage. Harry levait toujours la main en signe d’adieu.
— Tout se passera bien pour lui, murmura Ginny.
Harry la regarda puis, d’un geste machinal, il abaissa la main et caressa sur son front la cicatrice en
forme d’éclair.
— J’en suis sûr.
Il y avait dix-neuf ans que la cicatrice de Harry avait cessé de lui faire mal. Tout était bien.
— Vous ne tuerez personne d’autre, cette nuit, assura Harry.
Ils continuaient de tourner en cercle, face à face, les yeux verts rivés sur les yeux rouges.
— Vous ne tuerez plus personne, plus jamais. Vous ne comprenez donc pas ? J’étais prêt à mourir pour vous empêcher de faire du mal à ceux qui sont ici…
— Mais tu n’es pas mort !
— J’en avais l’intention et c’est cela qui a tout déterminé. J’ai fait ce que ma mère avait fait. Ils sont protégés, vous ne pouvez plus les atteindre. N’avez-vous pas remarqué qu’aucun des sortilèges que
vous leur avez jetés n’a eu d’effet ? Vous ne pouvez pas les torturer. Vous ne pouvez pas les toucher. Vous n’avez rien appris de vos erreurs, Jedusor, n’est-ce pas ?
— Et ce livre, dit Hermione, Les Contes de Beedle le Barde… Je n’en avais jamais entendu parler !
— Tu n’avais jamais entendu parler des Contes de Beedle le Barde ? s’exclama Ron, incrédule. Tu
plaisantes, ou quoi ?
— Pas du tout ! répondit Hermione, surprise. Tu les connais, toi ?
— Bien sûr que oui !
Harry leva la tête, son attention soudain détournée. Que Ron ait lu un livre inconnu d’Hermione
constituait une situation sans précédent. Ron, cependant, n’en revenait pas de les voir si étonnés.
— Tu es sur la liste des nés-Moldus qui ne se sont pas présentés à l’entretien obligatoire ! [Ron]
— Et toi, tu es censé être en train de mourir d’éclabouille au Terrier ! Si quelqu’un devait ne pas y
aller, ce serait Harry. Sa tête est mise à prix dix mille Gallions. [Hermione]
— Très bien, dans ce cas, je resterai ici, répliqua Harry. Si jamais vous arrivez à vaincre Voldemort,
n’oubliez pas de me prévenir, d’accord ?
— Si elle a tant d’importance à vos yeux, reprit Dumbledore, Lord Voldemort l’épargnera sûrement. Ne pouvez-vous lui demander la grâce de la mère en échange de son fils ?
— Je… Je l’ai déjà demandée…
— Vous me dégoûtez ! coupa Dumbledore.
Harry n’avait jamais entendu un tel mépris dans sa voix. Rogue sembla se ratatiner.
À côté d’eux, des élèves étaient penchés aux fenêtres. De nombreuses têtes, dans les wagons et sur le quai, semblaient d’être tournées vers Harry.
— Pourquoi est-ce qu’ils te regardent comme ça ? interrogea Albus, tandis que Rose et lui tendaient le cou pour voir les autres élèves.
— Ne t’inquiète pas, dit Ron. C’est à cause de moi. Je suis extrêmement célèbre.
Nouveau silence. Harry ne demanda pas si Dumbledore avait jamais découvert qui avait foudroyé Ariana. Il ne voulait pas le savoir, il voulait encore moins obliger Dumbledore à le lui dire. Au moins savait-il maintenant ce que Dumbledore voyait quand il regardait le Miroir du Riséd et pourquoi il avait si bien compris la fascination que ce miroir exerçait sur Harry.
Page 3 sur 28
271 résultats