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Luna Lovegood — Écoutez, je sais que ça ne vaut pas grand-chose comme piste, mais je vais quand même jeter un coup d’oeil à cette statue, pour voir au moins le diadème. Attendez-moi ici et… gardez l’autre… en sécurité. [Harry]
Cho s’était levée, mais Ginny lança d’un air féroce :
— Non, c’est Luna qui va emmener Harry, n’est-ce pas, Luna ?
— Oh, oui, bien sûr, j’en serais ravie, répondit Luna d’une voix joyeuse. Cho se rassit, visiblement déçue.
— Oh, oui, répondit-elle [Luna Lovegood]. Je les ai vus dès le premier jour où je suis venue ici. Ce sont toujours eux qui tirent les diligences. Ne t’inquiète pas, tu es aussi sain d’esprit que moi.
Avec un faible sourire, elle monta à la suite de Ron dans la diligence d’où s’exhalait une odeur de moisi. Sans être rassuré le moins du monde, Harry la suivit.
— Potty a demandé à Loufoca de l’accompagner à la fête ! Potty aime Loufoca ! Potty aiiiiiiiime Louuuuuuufoca ! [Peaves]
Et il fila dans les airs, caquetant et hurlant :
— Potty aime Loufoca !
— C’est agréable d’avoir une vie privée, commenta Harry.
Ginny et Demelza marquèrent chacune un but, donnant ainsi aux supporters rouge et or une occasion de hurler leur joie. Puis Cadwallader égalisa avec un nouveau but mais Luna ne semblait pas l’avoir remarqué. Elle paraissait se désintéresser de choses aussi bassement matérielles que le score et s’efforçait plutôt d’attirer l’attention de la foule sur la forme particulière d’un nuage ou sur l’éventualité que Zacharias Smith, qui n’avait pas réussi jusqu’à présent à conserver le Souafle plus d’une minute, soit atteint d’une maladie appelée la « perdantinite ».
— Une fois de plus [dit Bellatrix], tu étais absent pendant que les autres affrontaient le danger [au Ministère], n’est-ce pas, Rogue ?
— J’avais reçu l’ordre de rester en arrière. Peut-être n’es-tu pas d’accord avec le Seigneur des Ténèbres, peut-être penses-tu que Dumbledore n’aurait rien remarqué si j’avais combattu l’Ordre du Phénix aux côtés des Mangemorts ? Et – pardonne-moi – mais quand tu parles de danger… vous aviez en face de vous six adolescents, je crois ?
— On peut se mettre à côté de toi ? demanda Ron.
— Bien sûr, répondit-elle d’un ton joyeux. Papa est allé donner notre cadeau à Bill et à Fleur. [Luna]
— Qu’est-ce que c’est, une provision à vie de Ravegourdes ? dit Ron.
Pour couronner le tout, Luna lui annonça au dîner que jamais on n’avait vu un numéro du Chicaneur aussi vite épuisé.
— Papa va réimprimer ! dit-elle à Harry, les yeux exorbités d’enthousiasme. Il n’arrive pas à y croire, il dit que les gens s’intéressent encore plus à ça qu’aux Ronflaks Cornus !
Harry allongea l’elfe dans la tombe, disposa ses membres minuscules de façon à donner
l’impression qu’il se reposait, puis ressortit de la fosse et regarda le petit corps pour la dernière fois. Il s’efforça de contenir son émotion en se rappelant les funérailles de Dumbledore, les rangées interminables de chaises, le ministre de la Magie au premier rang, la longue liste des hauts faits du défunt, la majesté de la tombe de marbre blanc. Il sentait que Dobby méritait un enterrement tout aussi solennel et pourtant, l’elfe était simplement étendu là, entre des buissons, dans un trou grossièrement creusé.
— Je crois que nous devrions prononcer quelques mots, suggéra Luna. Je vais commencer, d’accord ?
Sous les regards qui s’étaient tournés vers elle, elle s’adressa à l’elfe mort, au fond de sa tombe :
— Merci, Dobby, de m’avoir arrachée de cette cave. Il est tellement injuste que tu aies dû mourir alors que tu étais si bon, si courageux. Je me souviendrai toujours de ce que tu as fait pour nous. J’espère que tu es heureux, à présent.
Elle se tourna vers Ron, attendant qu’il parle à son tour. Celui-ci s’éclaircit la gorge et dit d’une voix
rauque :
— Ouais… Merci, Dobby.
— Merci, marmonna Dean.
— Adieu, Dobby, murmura Harry.
Il fut incapable d’ajouter autre chose, mais Luna avait déjà tout dit à sa place.