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Harry Potter — Comment avez-vous réussi à sortir du château ?
— Je crois que Rusard a oublié de verrouiller la porte, répondit Harry d’un ton enjoué.
Il fut ravi de voir Slughorn se renfrogner.
— Je vais le signaler. Si vous voulez mon avis, ce personnage s’occupe beaucoup plus de ce que les élèves jettent par terre que de leur sécurité.
— Ah, bonsoir, Harry, lança Dumbledore en le regardant derrière ses lunettes en demi-lune avec un air de grande satisfaction. Très bien, parfait.
Ces paroles eurent le don d’échauffer l’oncle Vernon.
Jamais il ne pourrait s’entendre avec quelqu’un qui regardait Harry en disant « très bien, parfait ».
— Je ne voudrais pas paraître impoli…, commença-t-il d’un ton où l’impolitesse menaçait à chaque mot.
— … malheureusement, l’impolitesse accidentelle se manifeste à une fréquence alarmante, acheva Dumbledore avec gravité. Et dans ces cas-là, mon cher monsieur, il vaut mieux ne rien dire du tout.
— Comme vous le savez sûrement, Harry sera majeur dans un an.
— Non, répliqua tante Pétunia qui ouvrait la bouche pour la première fois depuis l’arrivée de Dumbledore.
— Pardon ? s’étonna celui-ci d’un ton poli.
— Non, car il a un mois de moins que Dudley et Duddy aura dix-huit ans dans deux ans.
— Ah oui, bien sûr, reprit Dumbledore d’un air affable, mais dans le monde de la sorcellerie, il se trouve que nous sommes majeurs à dix-sept ans.
— Ridicule, marmonna l’oncle Vernon, sans que Dumbledore lui prête la moindre attention.
— Bon, alors, je vous interdis de vous battre, tous les deux ! Ou plutôt, Kreattur, je t’interdis de te battre avec Dobby. Dobby, je sais bien que je n’ai pas le droit de te donner d’ordres…
— Dobby est un elfe de maison libre, il peut obéir à qui il veut et Dobby fera tout ce que lui commandera Harry Potter ! assura Dobby.
Des larmes ruisselaient à présent sur son petit visage fripé et coulaient sur son pull.
— O.K., dit Harry.
— Qu’il ait ou non réussi à le détruire, il aurait voulu, de toute façon, le cacher à Voldemort, non ?
Vous vous souvenez de toutes les horreurs dont nous nous sommes débarrassés, la dernière fois que
nous étions ici ? Cette horloge qui jetait des boulons sur tout le monde et ces vieilles robes qui avaient
essayé d’étrangler Ron. Regulus les avait peut-être placées là pour protéger l’endroit où il cachait le
médaillon, même si on ne s’en est pas rendu compte sur le… sur le…
Harry et Ron la regardèrent. Debout sur un pied, l’autre suspendu en l’air, elle avait l’expression
hébétée de quelqu’un qui vient de subir un sortilège d’Amnésie. Ses yeux étaient même devenus
vitreux.
— … sur le moment, acheva-t-elle dans un murmure.
— Quelque chose qui ne va pas ? s’inquiéta Ron.
— Il y avait un médaillon.
— Quoi ? s’exclamèrent Harry et Ron d’une même voix.
— Dans l’armoire vitrée du salon. Personne n’arrivait à l’ouvrir. Et nous… nous…
Harry eut l’impression d’avoir avalé une brique qui lui tombait dans l’estomac. Il se souvint qu’il
avait retourné le médaillon entre ses doigts quand ils se l’étaient passé de main en main, chacun
essayant de l’ouvrir de force. Ils avaient fini par le jeter dans un sac de vieilleries, avec la tabatière
pleine de poudre à Verrue et la boîte à musique qui avait failli endormir tout le monde…
— Où allons-nous l’enterrer ? demanda-t-il. Dans la forêt ?
— Oh, grand Dieu, non, répondit Hagrid en essuyant ses yeux ruisselants avec un pan de sa chemise. Les autres araignées ne me laisseraient pas approcher de leurs toiles maintenant qu’Aragog n’est plus là. Je me suis rendu compte que c’est seulement parce qu’il en avait donné l’ordre qu’elles ne m’ont pas dévoré ! Tu aurais cru une chose pareille, Harry ?
S’il avait fallu être sincère, il aurait répondu oui sans hésitation. Harry se souvenait douloureusement du jour où Ron et lui s’étaient retrouvés face aux Acromentules : il ne faisait aucun doute que sans Aragog, elles n’auraient pas hésité à manger Hagrid.
Harry resta abasourdi à l'idée qu'on puisse arracher l'âme de quelqu'un en l'aspirant par sa bouche. Puis il pensa à Black.
— Il le mérite, dit-il brusquement.
— Vous croyez ? dit Lupin d'une voix légère. Vous croyez vraiment que quiconque peut mériter ça ?
Au bout d’un moment, vidé, épuisé, Harry s’assit sur un banc à côté de
Luna.
— Si j’étais à ta place, j’aimerais bien avoir un peu de paix et de tranquillité, dit-elle.
— J’en rêve, répondit-il.
— Je vais distraire leur attention, pendant ce temps-là, tu pourras mettre ta cape, proposa Luna.
Et avant qu’il ait pu ajouter un mot, elle s’écria, l’index pointé vers une fenêtre :
— Oooh, regardez, un Énormus à Babille !
Tous ceux qui l’avaient entendue tournèrent la tête. Harry en profita pour glisser la cape sur lui et se
lever du banc.
— Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que j'entends ? Gilderoy Lockhart s'approcha d'eux à grands pas, les pans de sa robe turquoise flottant derrière lui. Qui dédicace des photos ? demanda-t-il.
Harry voulut dire quelque chose mais il fut interrompu par Lockhart qui le prit par les épaules et lança d'un ton joyeux :
— Je n'aurais pas dû poser la question ! Nous voici à nouveau réunis, Harry !
— Il dit qu’il veut nous faire une surprise. J’ai essayé de lui expliquer qui était Ombrage, mais il n’a toujours pas compris. Il prétend qu’aucune personne saine d’esprit ne préférerait étudier les Noueux plutôt que les Chimères… Oh, non, je ne pense pas qu’il ait de Chimère, s’empressa-t-elle d’ajouter en voyant le regard épouvanté de Harry et de Ron.
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