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Harry Potter et les Reliques de la Mort — Harry Potter, dit-il très doucement.
Sa voix aurait pu se confondre avec le crépitement du feu.
— Le Survivant.
Les Mangemorts ne bougeaient pas. Ils attendaient. Tout attendait autour d’eux. Hagrid se débattait
et Bellatrix haletait. Inexplicablement, Harry songea à Ginny, à son regard flamboyant, à la sensation de
ses lèvres contre les siennes…
Voldemort avait levé sa baguette, la tête toujours penchée de côté, comme un enfant en proie à la
curiosité, se demandant ce qui arriverait s’il poussait les choses plus loin. Harry soutenait le regard des
yeux rouges. Il voulait que tout se passe vite, pendant qu’il pouvait encore tenir debout, avant qu’il ne
perde le contrôle de lui-même, avant qu’il ne trahisse sa peur…
Il vit alors la bouche remuer, puis il y eut un éclair de lumière verte et tout disparut.
Harry leva la tête et, tout à coup, un
souvenir lui revint en mémoire avec une extraordinaire acuité. Le jour de ses onze ans, le plus merveilleux anniversaire de sa vie, il s’était trouvé à cet endroit même en compagnie de Hagrid dont il entendait encore les paroles : « Comme je te l’ai dit, il faudrait être fou pour essayer de voler quelque chose ici. » Gringotts lui était alors apparu comme un lieu de merveille, la demeure enchantée d’un trésor qu’il possédait sans l’avoir jamais su, et pas un seul instant l’idée ne lui serait venue qu’il puisse y revenir un jour comme un voleur… Quelques secondes plus tard, ils avaient pénétré dans le vaste hall
de marbre de la banque.
— Je suis désolé, dit-il d’une voix sourde. Je suis désolé d’être parti. Je sais que je me suis conduit comme un… un…
Il scruta l’obscurité comme s’il espérait qu’un mot suffisamment fort allait fondre sur lui et
s’imposer d’office.
— On peut dire que tu t’es rattrapé, cette nuit, assura Harry. Aller chercher l’épée, détruire l’Horcruxe, me sauver la vie…
— Tu me fais apparaître plus cool que je ne le suis, marmonna Ron.
— Ce genre de choses paraissent toujours plus cool, comme tu dis, qu’elles ne l’ont vraiment été, répliqua Harry. C’est ce que j’ai essayé de te faire comprendre pendant des années.
— Qui vas-tu utiliser comme bouclier, aujourd’hui, Potter ?
— Personne, répondit simplement Harry. Il n’y a plus d’Horcruxes. Il n’y a plus que vous et moi.
Aucun d’eux ne peut vivre tant que l’autre survit, et l’un de nous va partir pour de bon…
— L’un de nous ? ricana Voldemort.
Tout son corps était tendu, ses yeux rouges avaient le regard fixe, on aurait dit un serpent prêt à
frapper.
— Tu penses que c’est toi qui vas l’emporter, n’est-ce pas, celui qui a survécu par hasard et parce
que Dumbledore tirait les ficelles ?
— C’était un hasard quand ma mère est morte pour me sauver ? rétorqua Harry.
Tous deux continuaient de se déplacer de côté, décrivant un cercle parfait qui maintenait toujours la
même distance entre eux et pour Harry, il n’existait plus d’autre visage que celui de Voldemort.
— Un hasard lorsque j’ai décidé de combattre dans le cimetière ? Un hasard lorsque, ce soir, j’ai
renoncé à me défendre et que j’ai quand même survécu pour revenir me battre ?
— Des hasards ! s’écria Voldemort.
— Pourquoi fallait-il que vous rendiez les choses si difficiles ? [Harry]
Dumbledore eut un sourire timide.
— J’ai peur de le dire, mais je comptais sur Miss Granger pour te ralentir, Harry. Je craignais que ton tempérament emporté ne domine ton bon coeur. Je redoutais qu’en t’exposant ouvertement la vérité sur ces objets tentateurs, tu ne t’empares des reliques comme je l’ai fait, au mauvais moment et pour de mauvaises raisons. Si tu parvenais à mettre la main dessus, je voulais que tu les possèdes sans courir de danger. Tu es le vrai maître de la Mort parce que, la mort, le vrai maître ne cherche pas à la fuir. Il accepte le fait qu’il doit mourir et comprend qu’il y a dans le monde des vivants des choses pires, bien
pires, que la mort.
Lorsqu’ils avancèrent le long de la rue, les mendiants aperçurent Hermione et semblèrent disparaître devant elle, tirant leur capuchon sur leur visage, fuyant aussi vite qu’ils le pouvaient. Hermione les regarda avec curiosité, jusqu’à ce que l’homme au bandage ensanglanté vienne d’un pas chancelant lui barrer le chemin.
— Mes enfants ! mugit-il en pointant le doigt sur elle. Il y avait un accent de détresse dans sa voix éraillée, haut perchée.
— Où sont mes enfants ? Qu’a-t-il fait d’eux ? Vous le savez, vous le savez !
— Je… en fait, je…, balbutia Hermione.
L’homme se jeta sur elle, essayant de la prendre à la gorge. Un éclair rouge jaillit aussitôt, accompagné d’un bang !, et il fut projeté à terre, inconscient. Ron resta figé, sa baguette toujours tendue devant lui, une expression d’horreur perceptible derrière sa barbe.
— L’Ordre pense que nous avons infiltré le ministère. [Rogue]
— Pour une fois, l’Ordre a raison, pas vrai ? dit un petit homme replet assis non loin de Yaxley.
— Transmettre à Voldemort des renseignements précieux tout en lui cachant l’essentiel est un travail que je ne confierais à personne d’autre que vous.
— Je sais des choses que vous ne savez pas, Tom Jedusor. Je sais des choses très importantes que vous ignorez complètement. Vous voulez que je vous en dise plus, avant
que vous ne commettiez une autre grande erreur ?
Voldemort ne répondit rien, il continua simplement de tourner en cercle. Harry savait qu’il le tenait momentanément en respect, hypnotisé par l’éventualité, si faible fût-elle, qu’il puisse véritablement
détenir un ultime secret…
— S’agit-il d’amour, encore une fois ? demanda Voldemort, une expression railleuse sur son visage de serpent. La solution préférée de Dumbledore, l’amour, dont il prétendait qu’il était plus fort que la mort. Mais l’amour ne l’a pas empêché de tomber de la tour et de se briser comme une vieille figure de cire. L’amour, qui ne m’a pas non plus empêché d’écraser ta Moldue de mère comme un cafard, Potter… mais cette fois, personne ne semble t’aimer suffisamment pour courir à ton secours et recevoir mon sortilège à ta place. Alors, qu’est-ce qui te protégera de la mort lorsque je frapperai ?
— Une simple chose, dit Harry.
Ils tournaient toujours en cercle, absorbés l’un par l’autre. Plus rien ne les retenait que le dernier secret.
— Aujourd’hui, ce n’est pas l’amour qui te sauvera, reprit Voldemort. Tu dois croire que tu possèdes
une magie dont je serais dépourvu, ou peut-être une arme plus puissante que la mienne ?
— Les deux, je pense, répliqua Harry.
Hermione sortit de son lit et s’avança comme une somnambule en direction de Ron, le regard fixé sur son visage blafard. Elle s’arrêta juste devant lui, les lèvres légèrement entrouvertes, les yeux écarquillés. Ron lui adressa un pâle sourire plein d’espoir et leva à demi les bras.
Mais Hermione se précipita soudain sur lui et martela à coups de poing chaque centimètre carré de son corps, partout où elle pouvait l’atteindre.
— Aïe… Ouille… Arrête ! Qu’est-ce que… Hermione… Ouille !
— Ronald… Weasley… Espèce de… parfait… crétin ! Elle ponctua chaque mot d’un nouveau coup. Ron battit en retraite, se protégeant le visage, alors qu’Hermione continuait d’avancer sur lui.
— Tu… reviens… ici… en douce… après… des semaines… et… des semaines…
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