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Harry Potter — Je ne peux pas m’empêcher de penser à elle, dit-il d’une voix rauque.
Harry le regarda bouche bée. Il ne s’était pas attendu à cela et n’avait pas très envie d’en entendre parler. Ils avaient beau être amis, si Ron se mettait à appeler Lavande Lav-Lav, il réagirait fermement.
— On a les essais de Quidditch, ce matin ! fit remarquer Ron. Et on est censés s’entraîner au sortilège de l’Aguamenti pour Flitwick ! De toute façon, qu’est-ce qu’il y a à expliquer ? Comment lui dire qu’on détestait sa stupide matière ?
— On ne la détestait pas ! protesta Hermione.
— Parle pour toi, répliqua Ron, la mine sombre. Je n’ai pas oublié les Scroutts. Et maintenant, je peux te le dire, on l’a échappé belle. Tu ne l’as pas entendu dans ses grands discours sur son crétin de frère – si on était restés à ses cours, on aurait fini par apprendre à Graup comment faire un noeud à ses lacets.
— Ça ne me plaît pas du tout d’être en froid avec Hagrid, dit Hermione qui paraissait bouleversée.
— On ira le voir après le Quidditch, lui assura Harry.
Hagrid lui manquait à lui aussi même si, tout comme Ron, il estimait préférable que Graup soit absent de leur vie.
— Qu’est-ce qui va lui arriver ? demanda-t-elle. Vous croyez qu’il va s’en sortir ?
— On croirait entendre Hagrid, répliqua Ron. C’est un dragon, Hermione, il peut se débrouiller tout
seul. Tu devrais plutôt t’inquiéter pour nous.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— Eh bien, je ne sais pas comment t’annoncer la nouvelle, répondit Ron, mais il se peut qu’ils aient
remarqué qu’on était entrés chez Gringotts par effraction.
Tous trois éclatèrent de rire, un rire difficile à contrôler une fois qu’il avait commencé. Les côtes de
Harry lui faisaient mal, la faim lui donnait le tournis, mais il resta allongé dans l’herbe, sous le ciel
rougeoyant, à rire jusqu’à en avoir la gorge irritée.
— Il est revenu, murmura Harry. Voldemort est revenu.
La tante Pétunia, qui avait enfoui son visage dans son mouchoir, se retourna en entendant le bruit. Apparemment, elle ne s’était pas attendue à se retrouver seule avec Harry. Elle fourra précipitamment son mouchoir humide dans sa poche et dit :
— Eh bien… Adieu.
Puis elle se dirigea vers la porte sans lui accorder un regard.
— Adieu, répondit Harry.
Elle s’arrêta et se tourna vers lui. Pendant un instant, Harry eut la très bizarre impression qu’elle voulait lui dire quelque chose : elle lui jeta un regard étrange, craintif, et sembla sur le point de parler mais, avec un petit mouvement de tête, elle fila soudain hors de la pièce pour rejoindre son mari et son fils.
— Comment peux-tu être sûr, Potter, que mon frère n’était pas plus intéressé par « le plus grand bien » que par toi ? Comment peux-tu être sûr que tu n’es pas une quantité négligeable qu’on peut laisser tuer, comme ma petite soeur ?
Harry eut l’impression qu’une pointe de glace lui transperçait le coeur.
— Je n’y crois pas. Dumbledore aimait Harry, assura Hermione.
— Pourquoi ne lui a-t-il pas conseillé de se cacher, dans ce cas ? rétorqua Abelforth. Pourquoi ne lui a-t-il pas dit : « Prends soin de toi, voici comment survivre ? »
— Parce que, répliqua Harry avant qu’Hermione ait pu répondre, parfois il faut penser à autre chose qu’à sa propre sécurité ! Parfois, il faut penser au plus grand bien ! Nous sommes en guerre !
— Tu as dix-sept ans, mon garçon !
— Je suis majeur et je vais continuer à me battre même si vous, vous avez abandonné !
— Qui te dit que j’ai abandonné ?
— « L’Ordre du Phénix est fini, répéta Harry. Vous-Savez-Qui a gagné, c’est terminé, et tous ceux qui prétendent le contraire se font des illusions. »
— Même si ça ne me plaît pas, c’est la vérité !
— Non, répondit Harry. Votre frère savait comment venir à bout de Vous-Savez-Qui et il m’a transmis ce savoir. Je continuerai jusqu’à ce que je réussisse… ou que je meure. Ne croyez pas que j’ignore comment les choses pourraient finir. Je le sais depuis des années.
— Très bien, très bien. Mais ne le dites jamais à personne, Dumbledore, jamais à personne ! Cela doit rester entre nous ! Jurez-le ! Je ne peux pas supporter… Surtout le fils de Potter… Je veux votre parole !
— Vous voulez ma parole, Severus, que je ne révélerai jamais ce qu’il y a de meilleur en vous ? soupira Dumbledore en baissant les yeux sur le visage à la fois féroce et angoissé de Rogue. Si vous insistez…
L'homme squelettique sortit alors du chaudron. Il regarda Harry... et Harry regarda en face le visage qui avait hanté ses cauchemars pendant trois ans. Plus livide qu'une tête de mort, les yeux écarlates et grands ouverts, le nez plat, avec deux fentes en guise de narines, à la manière des serpents...
Lord Voldemort venait de renaître devant lui.
— J'ai donc décidé de laisser derrière moi un journal intime qui conserverait dans ses pages l'être que j'étais à seize ans, pour qu'un jour, avec un peu de chance, je puisse amener quelqu'un d'autre sur mes traces et achever ainsi la noble tâche de Salazar Serpentard.
Tom Jedusor à Harry dans la Chambre des Secrets
Personnages concernés : Lord Voldemort, Harry Potter
— Harry Potter ! [McGonagall]
Lorsque Harry sortit du rang, des murmures s'élevèrent dans toute la salle.
— Elle a bien dit Potter ?
— Le Harry Potter ?
Avant que le chapeau lui tombe devant les yeux en le plongeant dans le noir absolu, Harry eut le temps de voir les têtes qui se tendaient pour mieux le regarder.
— Hum, ce n'est pas facile, dit une petite voix à son oreille. C'est même très difficile. Je vois beaucoup de courage. Des qualités intellectuelles, également, Il y a du talent et... ho ! ho ! mon garçon, tu es avide de faire tes preuves, voilà qui est intéressant... Voyons, où vais-je te mettre ?
Harry crispa les doigts sur les bords du tabouret. « Pas à Serpentard, pas à Serpentard », pensa-t-il avec force.
— Pas à Serpentard ? dit la petite voix. Tu es sûr ? Tu as d'immenses qualités, sais-tu ? Je le vois dans ta tête et Serpentard t'aiderait singulièrement sur le chemin de la grandeur, ça ne fait aucun doute. Alors ? Non ? Vraiment ? Très bien, si tu es sûr de toi, il vaut mieux t'envoyer à... GRYFFONDOR !
Harry entendit le dernier mot résonner dans la Grande Salle. Il ôta le chapeau et se dirigea, les jambes tremblantes, vers la table des Gryffondor. Soulagé d'avoir échappé à Serpentard, il remarqua à peine qu'on lui réservait la plus longue et la plus bruyante ovation de la soirée. Percy le Préfet se leva et lui serra vigoureusement la main tandis que les jumeaux Weasley scandaient:
— Potter avec nous ! Potter avec nous !
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