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Harry Potter — Ah, bonsoir, Harry, lança Dumbledore en le regardant derrière ses lunettes en demi-lune avec un air de grande satisfaction. Très bien, parfait.
Ces paroles eurent le don d’échauffer l’oncle Vernon.
Jamais il ne pourrait s’entendre avec quelqu’un qui regardait Harry en disant « très bien, parfait ».
— Je ne voudrais pas paraître impoli…, commença-t-il d’un ton où l’impolitesse menaçait à chaque mot.
— … malheureusement, l’impolitesse accidentelle se manifeste à une fréquence alarmante, acheva Dumbledore avec gravité. Et dans ces cas-là, mon cher monsieur, il vaut mieux ne rien dire du tout.
— Tu as bien joué parce que tu croyais que tu avais de la chance. Mais en réalité, tu as tout fait toi-même.
Il remit la potion dans sa poche.
— Il n’y avait rien dans mon jus de citrouille ? dit Ron, stupéfait. Mais le beau temps… Et Vaisey qui n’a pas pu jouer… Alors, vraiment, je n’ai pas bu la potion de chance ?
Harry confirma d’un signe de tête. Ron, bouche bée, le contempla un instant puis il se tourna vers Hermione et imita sa voix :
— Tu as ajouté du Felix Felicis dans le jus de citrouille de Ron, ce matin, c’est pour ça qu’il a arrêté tous les tirs ! Tu vois, Hermione, je peux défendre mes buts sans aucune aide !
— Je n’ai jamais prétendu que tu ne le pouvais pas. Toi aussi, tu croyais avoir bu la potion !
Mais Ron était déjà passé devant elle et sortait des vestiaires son balai sur l’épaule.
— Heu…, dit Harry dans un silence soudain.
Il ne s’était pas attendu à ce que son plan ait cet effet-là.
— Le mariage de Bill et de Fleur, tu te souviens ? [Ron]
Harry le regarda, surpris. L’idée que quelque chose d’aussi normal qu’un mariage puisse encore exister lui paraissait incroyable et merveilleux à la fois.
— Je suis convaincu qu’il s’agit d’une ruse pour nous prendre la maison.
— La maison ? s’étonna Harry. Quelle maison ?
— Cette maison ! hurla l’oncle Vernon d’une voix aiguë, la veine de son front se mettant soudain à palpiter. Notre maison ! Les prix de l’immobilier montent en flèche dans le quartier ! Tu veux te débarrasser de nous, ensuite tu feras abracadabra et avant qu’on ait compris ce qui se passait, le titre de propriété sera à ton nom et…
— Tu es fou ou quoi ? s’exclama Harry. Une ruse pour prendre cette maison ? Tu es donc aussi bête que tu en as l’air ?
— Comment oses-tu… ? couina la tante Pétunia, mais une fois de plus, Vernon l’interrompit d’un geste de la main : les insultes sur son apparence lui semblaient peu de chose comparées au danger qu’il avait découvert.
— Au cas où tu l’aurais oublié, répliqua Harry, j’ai déjà une maison que mon parrain m’a léguée. Alors, pourquoi voudrais-je celle-ci ? À cause des bons souvenirs ?
— Je crois que tu as raison, lui dit-elle. C’est juste un conte moral, on voit tout de suite quel est le
meilleur cadeau, celui qu’on devrait choisir…
Tous trois parlèrent en même temps. Hermione dit :
— La cape.
Ron :
— La baguette.
Harry :
— La pierre.
Ils se regardèrent, moitié surpris, moitié amusés.
— Cette fille est trrrès jolie, remarqua Krum, ramenant Harry à l’instant présent. Krum montrait
Ginny qui venait de rejoindre Luna.
— Elle est aussi de ta famille ?
— Oui, répondit Harry, soudain irrité. Et elle a quelqu’un dans sa vie, du genre très jaloux. Un grand
type costaud. Il vaut mieux ne pas se trouver sur son chemin.
Krum poussa un grognement.
— À quoi serrrt-il d’êtrrre un joueurrr de Quidditch interrrnational si toutes les jolies filles sont déjà
prrrises ?
— Bien sûr, votre mère était née moldue. Je n’y croyais pas quand je l’ai découvert. Je pensais qu’elle était de sang pur. Elle était tellement douée.
— L’une de mes plus proches amies a des parents moldus, dit Harry, et c’est la meilleure élève de notre année.
— Curieux comme cela arrive parfois, vous ne trouvez pas ? remarqua Slughorn.
— Pas vraiment, répondit froidement Harry.
— Et avec qui elle est, maintenant ? demanda Ron à Hermione, mais ce fut Ginny qui répondit.
— Michael Corner, dit-elle.
— Michael, mais…, s’étonna Ron en tendant le cou pour mieux la voir. C’est toi qui sortais avec lui !
— Plus maintenant, assura Ginny. Il n’était pas content que Gryffondor ait battu Serdaigle au Quidditch. Il faisait tout le temps la tête, alors je l’ai laissé tomber et il s’est consolé avec Cho.
Elle se gratta le nez d’un air distrait avec l’extrémité de sa plume, retourna Le Chicaneur et commença à cocher les réponses à son jeu. Ron parut enchanté.
— J’ai toujours pensé qu’il était un peu idiot, dit-il en avançant sa reine vers une tour de Harry. (La tour se mit à trembler.) C’est très bien pour toi, la prochaine fois, tu choisiras peut-être quelqu’un… de mieux.
Il jeta à Harry un coup d’oeil étrangement furtif.
— Maintenant, j’ai choisi Dean Thomas. Tu le trouves mieux ? demanda Ginny d’un ton absent.
— QUOI ? s’écria Ron en renversant l’échiquier.
Mrs Weasley courut vers son fils, mais l’étreinte de Bill resta très formelle. Regardant son père dans les yeux, il annonça :
— Fol OEil est mort.
Personne ne parla, personne ne bougea. Harry eut l’impression que quelque chose tombait à l’intérieur de lui-même, tombait jusqu’à traverser le sol sous ses pieds, l’abandonnant à jamais.
— Comme dit le proverbe, attends donc d’avoir vu tes BUSE avant de les compter, répondit Dumbledore avec gravité.
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