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Harry Potter — Oh, je viens juste d’échapper à… je veux dire, je viens de quitter Cormac, répondit-elle. Sous la branche de gui, ajouta-t-elle en guise d’explication devant le regard interrogateur de Harry.
— Ça t’apprendra à venir avec lui, dit-il d’un ton grave.
— J’ai pensé qu’il agacerait Ron plus que les autres, expliqua Hermione, la voix dénuée de toute passion. Pendant un moment, j’avais songé à Zacharias Smith mais tout bien considéré…
— Tu as envisagé de sortir avec Smith ? s’exclama Harry, révolté.
— Oui, et je commence à regretter de ne pas l’avoir choisi. À côté de McLaggen, Graup a l’air d’un gentleman. Viens, allons par là, on pourra le voir venir, il est tellement grand…
— J’étais doué. J’étais brillant. Je voulais m’échapper. Je voulais étinceler. Je voulais la gloire.
Comprends-moi bien, poursuivit-il – une expression de douleur passa sur son visage et il parut à nouveau très âgé. Je les aimais. J’aimais mes parents, j’aimais mon frère et ma soeur, mais j’étais égoïste, Harry, plus égoïste que tu ne peux l’imaginer, toi qui es remarquablement désintéressé.
Si bien que, quand ma mère est morte et que la responsabilité m’est revenue de m’occuper d’une soeur diminuée et d’un frère indiscipliné, je suis rentré dans mon village avec de la colère et de l’amertume. Je me voyais pris au piège, ma vie était gâchée ! Et puis, bien sûr, il est arrivé…
Dumbledore regarda à nouveau Harry dans les yeux.
— Grindelwald. Tu ne peux pas imaginer à quel point ses idées m’ont captivé, Harry, m’ont enflammé. Les Moldus asservis. Nous, les sorciers, triomphants. Grindelwald et moi, les jeunes chefs
glorieux de la révolution.
Dudley se dégagea doucement de l’étreinte de sa mère et s’approcha de Harry qui dut réprimer l’envie de le menacer d’un sortilège. Dudley tendit alors sa grosse main rose.
— Ma parole, Dudley, dit Harry, sa voix couvrant de nouveaux sanglots de la tante Pétunia, les Détraqueurs t’auraient-ils insufflé une nouvelle personnalité ?
— Sais pas, grommela Dudley. À un de ces jours, Harry.
— Ouais…, répondit celui-ci en lui serrant la main. Peut-être. Prends bien soin de toi, Big D.
La cage d’Hedwige, l’Éclair de feu et son sac à dos glissèrent d’entre ses genoux…
— Non ! HEDWIGE !
Le balai tournoyait déjà vers la terre, mais il parvint à saisir la sangle de son sac à dos et la poignée de la cage tandis que la moto pivotait à nouveau dans le bon sens. Il eut une seconde de répit puis un autre éclair de lumière verte jaillit. La chouette poussa un cri perçant et tomba sur le plancher de la cage.
— Non… NON !
La moto fonça tout droit. Harry vit des Mangemorts aux visages recouverts de capuchons se disperser sur le passage de Hagrid qui brisa brutalement leur cercle.
— Hedwige… Hedwige…
Mais la chouette était étendue, immobile, sur le plancher de la cage, tel un jouet pitoyable. Il n’arrivait pas à y croire et la peur qu’il éprouvait pour les autres fut à son comble.
— Mais je crois que je n’ai jamais vu quelqu’un qui ait un tel don pour les potions ! poursuivit-il en regardant Harry d’un oeil affectueux quoique injecté de sang. C’est instinctif, chez lui – comme chez sa mère ! Je n’ai connu que très peu d’élèves qui aient ce genre d’aptitude, je peux vous le dire, Sibylle – même Severus…
À la grande horreur de Harry, Slughorn tendit le bras et amena Rogue vers eux comme s’il venait de le tirer du néant.
— Allons, arrêtez de faire la tête et venez avec nous, Severus ! hoqueta Slughorn, la mine réjouie. Je parlais justement des talents extraordinaires de Harry pour préparer les potions ! J’imagine bien sûr que vous y êtes pour quelque chose, puisque vous avez été son professeur pendant cinq ans !
Coincé par Slughorn qui lui avait passé un bras autour des épaules, Rogue baissa le regard vers Harry en plissant ses petits yeux noirs de chaque côté de son nez crochu.
— C’est drôle, je n’ai pas eu l’impression de réussir à enseigner quoi que ce soit à Potter.
— Alors, c’est une disposition naturelle ! s’exclama Slughorn. Vous auriez dû voir ce qu’il m’a montré dès le premier cours, un philtre de Mort Vivante. Je n’avais jamais vu quelqu’un en obtenir un aussi remarquable dès son premier essai, je ne pense pas que vous-même, Severus…
— Vraiment ? dit Rogue à voix basse, ses yeux vrillant toujours ceux de Harry qui ressentit une certaine appréhension.
Pour rien au monde il n’aurait voulu que Rogue se mette à rechercher la source de sa soudaine virtuosité dans la préparation des potions.
— Je regrette de ne plus vous avoir dans ma classe, Harry, dit-elle d’un ton ému, tandis qu’ils repartaient ensemble dans le couloir. Vous n’étiez pas vraiment un voyant… Mais vous étiez un merveilleux sujet…

LUPIN
Ce dont vous avez peur c'est de la peur elle-même ? C'est une preuve de sagesse.
— Vous n’avez aucune chance, déclara le gobelin d’un ton catégorique. Pas la moindre. « Si tu veux t’emparer, en ce lieu souterrain, d’un trésor convoité qui jamais ne fut tien…»
— « Voleur, tu trouveras, en guise de richesse, le juste châtiment de ta folle hardiesse », acheva Harry. Oui, je sais, je m’en souviens. Mais je ne veux pas essayer de m’emparer d’un trésor, je ne veux
pas prendre quelque chose pour mon bénéfice personnel. Pouvez-vous croire cela ?
Le gobelin lui jeta un regard en biais et la cicatrice en forme d’éclair brûla le front de Harry mais il n’y prêta pas attention, refusant la douleur et ce à quoi elle l’invitait.
— S’il existait un sorcier dont je puisse penser qu’il ne cherche pas un bénéfice personnel, dit enfin Gripsec, ce serait vous, Harry Potter. Les gobelins et les elfes ne sont guère accoutumés à la solidarité ou au respect que vous avez manifestés cette nuit. Pas de la part des porteurs de baguettes.
— SIRIUS ! hurla Harry. SIRIUS !
Sa respiration était brûlante, saccadée. Sirius devait se trouver juste derrière le rideau, Harry allait le sortir de là…
Mais lorsqu’il se précipita vers le socle de pierre, Lupin l’attrapa fermement et lui enserra la poitrine de ses bras pour l’empêcher d’aller plus loin.
— Tu ne peux rien faire, Harry…
— Il faut aller le chercher, le sauver, il est simplement passé de l’autre côté !
— Il est trop tard, Harry.
— On peut encore le rattraper.
Harry se débattait avec une violence rageuse mais Lupin ne le lâchait pas.
— Tu ne peux rien faire, Harry… Rien… C’est fini pour lui.
— C’est ça, l’ennui avec le Quidditch, remarqua distraitement Hermione qui s’était replongée dans sa traduction des anciennes runes. Ça crée des tensions et des sentiments hostiles entre les maisons.
Elle leva la tête pour prendre son exemplaire du Syllabaire Lunerousse et vit que Fred, George et Harry la regardaient tous les trois avec un mélange d’écoeurement et d’incrédulité.
— C’est vrai ! insista-t-elle, agacée. Ce n’est quand même qu’un jeu, ne l’oublions pas.
— Hermione, répliqua Harry en hochant la tête, tu t’y connais peut-être très bien en sentiments et en trucs comme ça mais tu n’as jamais rien compris au Quidditch.
— C’est possible, dit-elle d’un air sombre en retournant à sa traduction, mais au moins, je ne fais pas dépendre mon bonheur de la capacité de Ron à défendre ses buts.
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