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Harry Potter et les Reliques de la Mort Agité et irritable, Ron avait contracté une manie agaçante qui consistait à
jouer dans sa poche avec le Déluminateur. Hermione en était particulièrement exaspérée car, pour passer
le temps en attendant le retour de Kreattur, elle étudiait Les Contes de Beedle le Barde et n’appréciait
guère que les lumières ne cessent de s’éteindre et de se rallumer.
— Tu vas arrêter ça, oui s’écria-t-elle.
C’était la troisième soirée d’absence de Kreattur et les lumières venaient à nouveau de s’éteindre
dans le salon.
— Désolé, désolé ! répondit Ron en actionnant le Déluminateur pour rallumer les lampes. Je le fais
sans y penser.
— Tu ne pourrais pas trouver quelque chose de plus utile pour t’occuper ?
— Quoi, par exemple ? Lire des contes pour les mômes ?
— Dumbledore m’a légué ce livre, Ron…
— Et moi, il m’a légué le Déluminateur. C’était peut-être pour que je m’en serve !
— On s’en fiche de ce que vous permettez, Minerva McGonagall. Votre époque est terminée. C’est nous qu’on commande, maintenant, et vous serez de mon côté ou alors vous le payerez cher.
Et il lui cracha à la figure.
Harry se débarrassa de la cape, leva sa baguette et dit simplement :
— Vous n’auriez pas dû faire ça.
Au moment où Amycus pivotait sur ses talons, Harry s’écria :
— Endoloris !
[...]
— Je comprends ce que Bellatrix voulait dire, commenta Harry, le sang battant dans sa tête, il faut vraiment vouloir la souffrance de l’autre.
— Potter ! murmura le professeur McGonagall, une main contre son coeur. Potter… Vous êtes ici ! Que… Comment…
Elle s’efforça de reprendre contenance.
— Potter, c’était idiot !
— Il vous a craché dessus, dit Harry.
— Potter, je… C’était très… chevaleresque de votre part… mais vous rendez-vous compte de…
— Oui, parfaitement, assura Harry.
Hermione regardait Ron s’inquiéter du sort des Cattermole avec une telle tendresse que Harry eut presque l’impression de l’avoir surprise en train de l’embrasser.
— Tu crois que c’est leur maison et qu’ils sont partis pour Noël ? dit Hermione en regardant à
travers la fenêtre, ornée de géraniums, d’une petite cuisine propre et nette.
Ron ricana.
— Tu sais, j’ai bien l’impression que si on regardait à travers la fenêtre des Lovegood, on saurait tout de suite qui habite là. Essayons plutôt les collines voisines.
Harry enleva enfin sa cape d’invisibilité.
Le cri de stupéfaction, les acclamations, les « Harry ! IL EST VIVANT ! » hurlés de toutes parts
s’étranglèrent aussitôt. La foule avait peur et le silence tomba brusquement, un silence total, lorsque
Voldemort et Harry s’observèrent et commencèrent à tourner l’un autour de l’autre.
— Que personne n’essaye de m’aider, lança Harry avec force.
Dans le silence complet, sa voix résonna comme la sonnerie d’un clairon.
— Il faut qu’il en soit ainsi. Il faut que ce soit moi.
— Mais il n’est venu à l’idée d’aucun d’entre vous de garder quelques
Serpentard en otages ? Parmi les élèves que vous avez mis à l’abri, il y a des enfants de Mangemorts. N’aurait-il pas été un peu plus intelligent de les enfermer ici ? [Abelforth Dumbledore]
— Ça ne suffirait pas à arrêter Voldemort, répliqua Harry, et votre frère n’aurait jamais agi de cette
manière.
La tante Pétunia, qui avait enfoui son visage dans son mouchoir, se retourna en entendant le bruit. Apparemment, elle ne s’était pas attendue à se retrouver seule avec Harry. Elle fourra précipitamment son mouchoir humide dans sa poche et dit :
— Eh bien… Adieu.
Puis elle se dirigea vers la porte sans lui accorder un regard.
— Adieu, répondit Harry.
Elle s’arrêta et se tourna vers lui. Pendant un instant, Harry eut la très bizarre impression qu’elle voulait lui dire quelque chose : elle lui jeta un regard étrange, craintif, et sembla sur le point de parler mais, avec un petit mouvement de tête, elle fila soudain hors de la pièce pour rejoindre son mari et son fils.
Il y eut un léger coup frappé sur le heurtoir et la voix mélodieuse demanda à nouveau :
— Où vont les objets disparus ?
— Dans le non-être, c’est-à-dire dans le tout, répondit le professeur McGonagall.
— Joliment formulé, répliqua le heurtoir en forme d’aigle. Et la porte pivota sur ses gonds.
La future carrière de Dumbledore semblait promise à une ascension météorique et la seule question qui demeurait était de savoir à quel moment il deviendrait ministre de la Magie. Bien que, par la suite, il ait été sur le point d’accepter la fonction, il n’eut jamais d’ambitions ministérielles.
Extrait de l'article de la Gazette du Sorcier 'EN SOUVENIR D'ALBUS DUMBLEDORE' par Elphias Doge
Personnages concernés : Albus Dumbledore, Elphias Doge
— Que se passe-t-il, Queudver ? lança Lucius Malefoy, au-dessus d’eux.
— Rien ! répondit Ron, dans une imitation acceptable de la voix sifflante de Pettigrow. Tout va bien ! Harry avait du mal à respirer.
— Tu veux me tuer ? haleta-t-il en essayant de se dégager des doigts métalliques. Alors que je t’ai sauvé la vie ? Tu as une dette envers moi, Queudver !
Les doigts d’argent relâchèrent leur étreinte. Harry ne s’y était pas attendu. Abasourdi, il se libéra, gardant sa main plaquée sur la bouche de Queudver. Il vit ses petits yeux de rat s’écarquiller dans une expression de surprise apeurée : il semblait aussi stupéfié que Harry par ce que sa main venait de faire, par ce minuscule élan de commisération qu’elle avait trahi.
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