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Cornelius Fudge — Vous accordez beaucoup trop d'importance, comme vous l'avez toujours fait, à la prétendue pureté du sang ! Vous refusez de reconnaître que ce qui compte, ce n'est pas la naissance, mais ce que l'on devient ! Votre Détraqueur a supprimé le dernier membre d'une des plus anciennes familles de sang pur et voyez ce que cet homme avait choisi de faire de sa vie ! Je vous le dis maintenant : prenez les mesures que je vous ai suggérées et vous laisserez le souvenir, dans votre administration et ailleurs, de l'un des plus courageux et des plus grands ministres de la Magie qu'on ait jamais connus. Renoncez à agir et l'histoire se souviendra de vous comme de l'homme dont la faiblesse aura donné à Lord Voldemort une deuxième chance de détruire le monde que nous avons essayé de reconstruire !
A l'arrivée de Cornélius Fudge, le ministre de la Magie, Percy s'inclina si bas que ses lunettes tombèrent et se cassèrent. Horriblement gêné, il les répara d'un coup de baguette magique et resta ensuite assis sur sa chaise, jetant des regards jaloux à Harry que Cornélius Fudge avait salué comme un vieil ami.
— Vous-Savez-Qui... est revenu ? balbutia-t-il, les yeux écarquillés. Ridicule. Allons, Dumbledore, reprenez-vous...
— Mon cher Premier Ministre, vous n’allez quand même pas penser que je suis toujours ministre de la Magie après tout cela ? J’ai été remercié il y a trois jours ! La communauté des sorciers au complet a hurlé pendant deux semaines pour exiger ma démission. Je ne les avais jamais vus aussi unis tout au long de mon mandat ! dit Fudge en essayant courageusement de sourire.
— Ah, Potter... Que voulez-vous, Rogue, nous avons tous un faible pour lui.
— Cornélius, je suis prêt à affronter vos hommes - et à les vaincre une fois de plus ! tonna Dumbledore. Mais, il y a quelques minutes, vous avez eu devant les yeux la preuve que, depuis un an, je vous disais la vérité. Lord Voldemort est revenu, vous avez recherché pendant douze mois un homme qui n’était pas coupable et il serait temps que vous redeveniez raisonnable !
— Je… Ne… Bon…, bégaya Fudge.
À sa grande surprise, le Premier Ministre éprouva pour Fudge un élan fugitif de compassion qui fit place presque aussitôt à un sentiment de supériorité : peut-être n’était-il pas très doué pour surgir des cheminées mais au moins, il n’y avait jamais eu de meurtre dans aucun ministère sous son gouvernement… pas encore en tout cas…
— Oh, oh, dit Fudge en recommençant à se balancer sur ses orteils. Allons-y, écoutons la dernière histoire à dormir debout destinée à tirer Potter de ce mauvais pas ! Allez-y, Dumbledore, allez-y. Willy Larebrouss a menti, c’est ça ? Ou bien était-ce un sosie de Potter qui se trouvait à La Tête de Sanglier ce jour-là ? Ou bien s’agit-il de l’explication habituelle avec une inversion de temps, un mort qui revient à la vie et deux Détraqueurs invisibles ?
— Ah, dit le ministre, pris complètement au dépourvu. Dumbledore. Oui. Vous avez… heu… été prévenu… heu… que l’heure et… heu… le lieu de l’audience étaient modifiés ?
— J’ai dû rater le message, répondit-il d’un ton joyeux. Mais, à la suite d’une heureuse erreur, je suis arrivé au ministère avec trois heures d’avance. Ce n’est donc pas grave.
— Voyons, pour l’amour du ciel… vous êtes des sorciers ! Vous pratiquez la magie ! Vous êtes sûrement capables d’arranger… tout ce qui se passe !
Scrimgeour tourna lentement sur lui-même et échangea un regard incrédule avec Fudge qui parvint cette fois à sourire en répondant d’un ton aimable :
— L’ennui, monsieur le Premier Ministre, c’est que l’autre camp aussi pratique la magie.