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Hermione Granger — Allons, allons, je vois que personne ne se rappelle que ma couleur préférée, c'est le lilas. Je l'ai pourtant indiqué clairement dans Une année avec le Yéti. Et certains d'entre vous feraient bien de relire attentivement Promenades avec les loups-garous—j'y explique dans le chapitre douze que mon cadeau d'anniversaire idéal serait l'harmonie entre tous les hommes, qu'ils aient ou non des pouvoirs magiques. Mais il est vrai que je ne dirais pas non si on m'offrait un magnum d'Ogden's Old Firewhisky !
Il leur lança un nouveau clin d'oeil un peu canaille. Ron le regardait à présent avec une expression d'incrédulité; Seamus Finnigan et Dean Thomas étaient secoués d'un fou rire silencieux. Hermione, en revanche, buvait les paroles de Lockhart et sursauta lorsqu'il prononça son nom.
— ... Mais Miss Hermione Granger sait que mon ambition secrète serait de débarrasser le monde des Forces du Mal et de lancer ma propre marque de produits pour les cheveux. Bravo ! Excellente élève. En fait—il lut intégralement sa copie—, elle a tout bon ! Qui est Miss Hermione Granger ?
Hermione leva une main tremblante.
— Excellent ! s'exclama Lockhart avec un sourire radieux. Vraiment excellent. Dix points pour Gryffondor ! Et maintenant, au travail...
— Au moins, aucun joueur de Gryffondor n’a payé pour faire partie de l’équipe, dit sèchement Hermione. C’est pour leur talent qu’on les a choisis.
Malefoy perdit soudain de sa superbe.
— Personne ne t’a demandé ton avis, à toi, espèce de Sang-de-Bourbe, éructa-t-il.
LILY
Tu m’as apporté mon nouveau tour de magie ?
RON
Tu connais l’haleine qui fait disparaître les nez ? Tout droit sortie de chez Weasley, le magasin de farces pour sorciers facétieux
ROSE
Maman ! Papa va encore nous faire son vieux tour débile.
HERMIONE
Tu trouves ça débile, il trouve ça irrésistible. Moi, je dirais que c’est quelque part entre les deux.
— Harry, tu es un grand sorcier ! [Hermione]
— Pas autant que toi... répondit Harry, un peu gêné.
— Moi ? J'ai tout appris dans les livres. Mais il y a des choses beaucoup plus importantes, le courage, l'amitié..
— Dans ce cas... dit le professeur McGonagall en les fixant tous les trois. Mais laissez-moi vous dire, Miss Granger, que vous êtes bien sotte d'avoir cru que vous pourriez vaincre un troll des montagnes à vous toute seule.
Hermione baissa la tête. Harry resta silencieux. Voir Hermione faire semblant d'avoir enfreint le règlement pour leur sauver la mise, c'était comme si Rogue s'était mis à leur distribuer des bonbons.

HERMIONE
Vu de dos, mes cheveux sont vraiment comme ça ?
Ron tendit une main tremblante, prit l'enveloppe dans le bec d'Errol et l'ouvrit. Neville se boucha aussitôt les oreilles. Un instant plus tard, Harry comprit pourquoi. Sur le moment, il crut que la lettre avait bel et bien explosé : un rugissement féroce retentit dans l'immense salle en faisant tomber de la poussière du plafond.
...VOLER LA VOITURE ! ÇA ME M'AURAIT PAS ÉTONNÉ QU'ILS TE RENVOIENT ! ATTENDS UN PEU QUE JE T'AIE SOUS LA MAIN ! J'IMAGINE QUE TU NE T'ES PAS DEMANDÉ DANS QUEL ETAT D'INQUIÉTUDE ON ÉTAIT, TON PÈRE ET MOI QUAND ON A VU QUE LA VOITURE AVAIT DISPARU !...
Les hurlements de Mrs Weasley, cent fois plus puissants que d'habitude, faisaient trembler les assiettes et les cuillères et se répercutaient en échos assourdissants sur les murs de pierre. Tous les élèves s'étaient tournés vers eux pour voir qui avait reçu la Beuglante et Ron s'était tellement tassé sur sa chaise qu'on ne voyait plus que son front écarlate dépasser de la table.
...REÇU UNE LETTRE DE DUMBLEDORE HIER SOIR ! J'AI CRU QUE TON PÈRE ALLAIT MOURIR DE HONTE ! ON NE T'A PAS ÉLEVÉ PENDANT TOUTES CES ANNÉES POUR QUE TU TE CONDUISES COMME ÇA ! HARRY ET TOI, VOUS AURIEZ PU VOUS TUER '...
Harry s'était demandé à quel moment son nom allait être cité. Il essaya de faire comme s'il n'entendait pas la voix qui lui perçait les tympans.
ABSOLUMENT INDIGNÉE ! TON PÈRE RISQUE UNE ENQUÊTE DU MINISTÈRE ! C'EST ENTIÈREMENT TA FAUTE ET SI JAMAIS TU REFAIS LA MOINDRE BÊTISE, TU REVIENS IMMÉDIATEMENT À LA MAISON !
Le silence retomba, encore imprégné de fureur. L'enveloppe rouge qui avait glissé des mains de Ron prit soudain feu et fut rapidement réduite en cendres. Harry et Ron semblaient assommés, comme si un raz-de-marée les avait brusquement submergés. Quelques élèves éclatèrent de rire et, peu à peu, les conversations reprirent.
Hermione referma Voyages avec les vampires et baissa les yeux vers Ron dont on ne voyait toujours que le sommet du crâne.
— Je ne sais pas à quoi tu t'attendais, Ron, mais tu...
— Ne me dis pas que je l'ai bien mérité ! répliqua Ron sèchement.
Presque tout de suite, il trouva celle qui l’intéressait, le jeune Dumbledore et son séduisant compagnon, riant de bon coeur à une plaisanterie depuis longtemps oubliée. Harry lut la légende.
« Albus Dumbledore, peu après la mort de sa mère, en compagnie de son ami Gellert Grindelwald. »
À la lecture du dernier mot, Harry resta un long moment bouche bée. Grindelwald. Son ami. Grindelwald. Il jeta un regard en biais à Hermione qui contemplait ce nom comme si elle n’en croyait pas ses yeux. Lentement, elle leva la tête vers lui.
— Grindelwald ?
— Ce collier est-il à vendre ? demanda-t-elle en s’arrêtant devant une vitrine.
— Oui, si vous disposez de mille cinq cents Gallions, répondit froidement Barjow.
— Oh… heu… non, je n’ai pas tout à fait assez, dit Hermione qui fit encore quelques pas. Et cette… charmante petite… heu… tête ?
— Seize Gallions.
— Ah, elle est donc à vendre ? Vous ne l’avez pas mise de côté pour… pour quelqu’un ?
Barjow la regarda en plissant les paupières. Harry eut la très désagréable impression qu’il savait exactement ce qu’Hermione avait en tête. Apparemment, elle aussi s’était sentie démasquée car elle décida soudain d’abandonner toute prudence.
— Voilà, en fait, le… heu… garçon qui vient de sortir de chez vous, Drago Malefoy, est un de mes amis et je voudrais lui acheter un cadeau pour son anniversaire, mais s’il a déjà fait mettre un objet de côté, je ne voudrais pas risquer de lui offrir la même chose, alors… heu…
Son histoire ne tenait pas debout, estima Harry, et de toute évidence, Barjow pensait la même chose.
— Dehors, ordonna-t-il sèchement. Sortez d’ici ! [...]
— Bah, dit Ron, en recouvrant Hermione de la cape. Ça valait la peine d’essayer mais tu as peut-être été un peu trop directe…
— Eh bien, la prochaine fois, tu me montreras comment on doit s’y prendre, monsieur le maître du Mystère ! répliqua Hermione d’un ton abrupt.
— Vous savez ce que je pense, Potter ? poursuivit Rogue à voix très basse. Je pense que vous êtes un menteur, un tricheur, et que vous méritez de rester en retenue avec moi tous les samedis jusqu’à la fin du trimestre. Qu’en dites-vous, Potter ?
— Je… je ne suis pas d’accord, monsieur, répondit Harry qui refusait toujours de regarder Rogue en face.
— Eh bien, nous verrons quel sera votre sentiment à l’issue de vos retenues. Dix heures, samedi matin, Potter. Dans mon bureau.
— Mais monsieur, protesta Harry en levant les yeux d’un air désespéré. Le Quidditch… Le dernier match de…
— Dix heures, murmura Rogue avec un sourire qui découvrit ses dents jaunâtres. Pauvre Gryffondor… J’ai bien peur que cette année, son équipe se retrouve à la quatrième place…
Et il sortit sans ajouter un mot, laissant Harry seul devant le miroir craquelé.
— Je ne te ferai pas le coup du Je-te-l’avais-bien-dit, déclara Hermione une heure plus tard dans la salle commune.
— Laisse tomber, Hermione, lança Ron avec colère.
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