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Hermione Granger Les obligations qui incombaient à Ron et à Hermione dans leur rôle de préfets devinrent également de plus en plus écrasantes à mesure que Noël approchait. On fit appel à eux pour superviser la décoration du château (« Essaye donc de poser des guirlandes quand c’est Peeves qui tient l’autre bout et qu’il cherche à t’étrangler avec », dit Ron), surveiller les première et les deuxième année qui devaient passer leurs récréations à l’intérieur du château à cause du froid (« Ils sont d’une insolence incroyable, ces petits morveux, on n’était sûrement pas aussi mal élevés quand on était en première année », dit encore Ron), et patrouiller dans les couloirs en alternance avec Rusard qui pressentait que l’esprit de Noël pourrait bien se traduire par une multiplication de duels magiques (« Il a de la bouse de dragon à la place du cerveau, celui-là », commenta Ron avec fureur).
— Est-ce que quelqu'un a vu mon exemplaire de Numérologie et grammaire ?
— Oui, bien sûr, je l'ai emprunté pour lire un peu au lit, répondit Ron, à voix très basse.
— Ils parlent de quelqu’un qu’on connaît ? demanda Ron pendant qu’Hermione parcourait les titres.
— Oui ! s’exclama-t-elle.
Harry et Ron avalèrent de travers.
— Mais ce n’est pas grave, il n’est pas mort. C’est Mondingus, il a été arrêté et envoyé à Azkaban ! Il s’est fait passer pour un Inferius au cours d’une tentative de cambriolage… Il y a aussi un certain Octavius Pepper qui a disparu… Oh, ça, c’est horrible, un garçon de neuf ans a été arrêté pour avoir essayé de tuer ses grands-parents, on pense qu’il était soumis au sortilège de l’Imperium…
— Je ne sais pas pourquoi l’équipe a tant de succès tout d’un coup.
— Allons, Harry, dit Hermione, soudain agacée. Ce n’est pas le Quidditch qui a du succès, c’est toi ! Tu n’as jamais été aussi intéressant et, franchement, jamais aussi attirant.
Ron s’étrangla en avalant un gros morceau de hareng fumé. Hermione le gratifia d’un regard dédaigneux avant de se tourner à nouveau vers Harry.
— Ils savent tous désormais que tu disais la vérité, non ? Le monde de la sorcellerie tout entier a dû reconnaître que tu avais raison quand tu déclarais que Voldemort était de retour, que tu l’avais combattu à deux reprises au cours des deux dernières années et que tu avais réussi à lui échapper les deux fois. Désormais, ils t’appellent l’Élu – alors, tu comprends pourquoi tu fascines les gens ?
Tout à coup, Harry eut l’impression qu’il faisait très chaud dans la Grande Salle, même si le plafond paraissait toujours froid et pluvieux.
— Et puis, il y a eu toute cette persécution du ministère qui essayait de te présenter comme un menteur et un instable. On voit toujours les marques, là où cette horrible bonne femme t’obligeait à écrire avec ton propre sang, mais tu n’as jamais dévié de ton récit pour autant…
— Sur moi aussi, on voit les marques, là où les cerveaux ont enroulé leurs tentacules, au ministère, dit Ron en secouant les bras pour remonter ses manches.
— Enfin, le fait que tu aies pris trente centimètres pendant l’été ne gâche rien, conclut Hermione sans prêter attention à Ron.
— Moi aussi, je suis grand, fit observer Ron, en passant.
Hermione fit jaillir de l’extrémité de sa baguette des serpentins dorés et violets qui vinrent s’enrouler comme une véritable oeuvre d’art autour des arbres et des buissons.
— Très beau, dit Ron tandis que, d’un dernier mouvement de sa baguette, Hermione colorait d’or les feuilles du pommier sauvage. Tu as vraiment l’oeil pour ces choses-là.
— Merci, Ron ! répondit Hermione, à la fois ravie et un peu perplexe.
Harry se détourna, se souriant à lui-même. Il avait l’étrange impression que, lorsqu’il aurait le temps de le lire, il trouverait un chapitre sur les compliments dans Douze moyens infaillibles de séduire les sorcières.
ROGUE
Dans ce cas, j’irai tout seul avec ce garçon.
HERMIONE
Sans vouloir t’offenser, Rogue, je ne me fierais à personne d’autre que moi… c’est trop important.
— Ce vieil imbécile, marmonna Abelforth. [...] Il a toujours pensé que mon frère répandait le soleil par tous ses orifices, il en était convaincu. Comme beaucoup d’autres, d’ailleurs, y compris vous trois, si j’en crois les apparences.
Ron paraissait ravi d’avoir mis fin à sa liaison avec Lavande. Hermione aussi avait l’air joyeux, mais quand on lui demandait ce qui la faisait sourire ainsi, elle se contentait de répondre : « C’est une belle journée. » Ni l’un ni l’autre ne semblait avoir remarqué qu’un féroce combat s’était engagé dans l’esprit de Harry :
C’est la soeur de Ron.
Mais elle a laissé tomber Dean !
Elle reste la soeur de Ron.
Je suis son meilleur ami !
Ce serait encore pire.
Si je lui parle d’abord.
Il te casserait la figure.
Et si je m’en fiche ?
C’est ton meilleur ami !
GINNY
« Je ferai renaître les Ténèbres. Je ramènerai mon père. »
RON
Non. Elle ne peut pas être…
HERMIONE
Comment serait-ce même – possible ?
DRAGO
Voldemort a eu une fille ?
Ils lèvent les yeux, terrifiés. GINNY prend la main de HARRY.
HARRY
Non, non, non. Pas ça. Tout mais pas ça.
Le noir se fait sur la scène.
— Comment tu te sens ? demanda Hermione.
— Très bien, assura Harry avec raideur.
— Ne mens pas, Harry, répliqua-t-elle d’un ton agacé. Ron et Ginny m’ont dit que tu te cachais de tout le monde depuis ton retour de Ste Mangouste.
— Ah, ils ont dit ça ?
Harry jeta à Ron et à Ginny un coup d’oeil furieux. Ron baissa les yeux, mais Ginny ne manifesta aucun embarras.
— En tout cas, c’est ce que tu as fait ! dit-elle. Et tu ne nous regardes même plus !
— C’est vous qui ne me regardez plus ! dit Harry avec colère.
— Peut-être que vous vous regardez à tour de rôle mais jamais en même temps, suggéra Hermione, les coins de sa bouche frémissant en un sourire.
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