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Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé — « Une simple incantation et vous entrerez dans un rêve éveillé de trente minutes, hautement réaliste et d’une exceptionnelle qualité, facile à utiliser dans un cours de durée moyenne et pratiquement indétectable (les effets secondaires peuvent entraîner un regard vide et une tendance à baver). Interdit à la vente aux moins de seize ans. » Tu sais, fit remarquer Hermione en levant les yeux vers Harry, c’est vraiment extraordinaire, comme magie !
— Pour avoir dit ça, lança une voix derrière eux, tu as droit à une boîte gratuite. [Fred]
— Vraiment ? s’exclama Hagrid, qui paraissait à la fois surpris et ému. C’est… c’est très gentil de sa part, et aussi de ne pas te dénoncer. Je n’ai jamais eu beaucoup affaire à Horace Slughorn, jusqu’à maintenant… Mais venir dire adieu à Aragog… Alors, là… Ça lui aurait plu, à Aragog, tu peux me croire…
Harry songea que ce qui aurait surtout plu à Aragog, chez Slughorn, c’était la quantité appréciable de chair comestible qu’il aurait pu lui fournir.
— Comment me trouves-tu ? demanda Hepzibah en tournant la tête devant le miroir pour admirer son visage sous tous les angles.
— Ravissante, madame, couina Hokey.
Harry pensa qu’il était sans doute spécifié dans son contrat qu’elle devait mentir ouvertement lorsque cette question lui était posée car, à son avis, Hepzibah Smith était loin d’être ravissante.
— Horace avait constitué une sorte de club où il rassemblait ses élèves préférés et dont il était le centre, faisant les présentations, établissant des contacts utiles entre ses membres et récoltant toujours un quelconque avantage en échange, que ce soit une boîte d’ananas confits ou l’occasion de recommander un jeune collaborateur au Bureau de liaison des gobelins.
Harry eut soudain la vision saisissante d’une grosse araignée qui tissait sa toile autour d’elle, secouant un fil ici ou là pour rapprocher ses grosses mouches bien juteuses.
Elle se retourna pour regarder une grande horloge posée de travers sur une pile de draps dans le panier de linge sale, au bout de la table. Harry la reconnut aussitôt : elle avait neuf aiguilles qui portaient chacune le nom d’un des membres de la famille ; en général, elle était accrochée au mur du salon mais à en juger par la place qu’elle occupait à présent, Mrs Weasley avait dû prendre l’habitude de l’emporter avec elle partout dans la maison. En cet instant, chacune de ses neuf aiguilles pointait sur « En danger de mort ».
— Cormac ? s’étonna Parvati. Tu veux dire Cormac McLaggen ?
— Exactement, répondit Hermione d’une voix suave. Celui qui a failli – elle appuya lourdement sur le mot – devenir le gardien de Gryffondor.
— Tu sors avec lui ? demanda Parvati, les yeux ronds.
— Oui… Tu ne savais pas ? dit Hermione avec un gloussement de rire qui n’avait rien d’hermionien.
— Non ! s’exclama Parvati, surexcitée par cette confidence qui avait de quoi alimenter les ragots. Toi, au moins, on peut dire que tu aimes les joueurs de Quidditch ! D’abord Krum, maintenant McLaggen…
— J’aime les joueurs de Quidditch qui sont vraiment bons, rectifia Hermione, toujours souriante. À plus tard… Il faut que je me prépare pour aller à la soirée…
— On a gagné ! hurla Ron qui avait surgi devant lui en brandissant la coupe d’argent sous son nez. On a gagné ! Quatre cent cinquante à cent quarante ! On a gagné !
Harry tourna la tête et vit Ginny courir vers lui. Elle se jeta dans ses bras, le visage résolu, le regard flamboyant. Alors, sans réfléchir, sans l’avoir prévu, sans se soucier des cinquante personnes qui les regardaient, Harry l’embrassa.
Au bout d’un long moment – il n’avait plus de notion du temps, il pouvait s’être passé une demi-heure ou même plusieurs jours sous un soleil radieux –, ils relâchèrent leur étreinte. Un grand silence s’était installé autour d’eux. Puis des sifflets admiratifs retentirent et des gloussements de rire nerveux parcoururent la salle. Harry regarda par-dessus la tête de Ginny. Il vit Dean Thomas, un verre brisé à la main, et Romilda Vane qui paraissait sur le point de jeter quelque chose. Hermione rayonnait mais c’était Ron que Harry cherchait des yeux. Il finit par le trouver, tenant toujours la coupe contre lui, avec l’air d’avoir pris un coup de massue sur le crâne. Pendant une fraction de seconde, ils échangèrent un regard puis Ron eut un bref mouvement de tête qui, d’après ce que Harry put comprendre, signifiait : « Bah… s’il le faut vraiment…»
Harry sentit la créature pousser un rugissement de triomphe dans sa poitrine. Il sourit à Ginny et, sans dire un mot, montra d’un geste le trou du portrait. Une longue promenade dans le parc semblait tout indiquée. Ils pourraient alors parler du match – s’ils en avaient le temps.
— Voldemort est intervenu dans sa mémoire, comme dans celle de Morfin !
— Oui, c’est aussi ce que je pense ! dit Dumbledore. Et comme pour Morfin, le ministère était tout disposé à soupçonner Hokey…
— … parce que c’était une elfe de maison, acheva Harry.
Il avait rarement éprouvé autant de sympathie pour la SALE, l’association qu’avait fondée Hermione.
Lorsqu’ils s’assirent à table pour le déjeuner, ils portaient tous de nouveaux pulls, à l’exception de Fleur (pour qui, semblait-il, Mrs Weasley n’avait pas voulu gaspiller sa laine)
— Le mauvais goût de Slughorn me fait pitié. Peut-être qu’il devient un peu gâteux. Dommage, mon père, qui était un de ses élèves préférés, a toujours dit qu’il était un bon sorcier en son temps. Slughorn ne doit pas savoir que je suis dans le train, sinon…
— À ta place, je ne compterais pas sur une invitation, dit Zabini. Quand je suis arrivé, il m’a demandé des nouvelles du père de Nott. Ils étaient amis, apparemment, mais quand il a appris qu’il avait été arrêté au ministère, il ne semblait pas très content et Nott n’a pas été invité. Je ne crois pas que Slughorn s’intéresse aux Mangemorts.
Malefoy paraissait en colère mais il se força à rire, d’un rire singulièrement dépourvu d’humour.
— Personne ne se soucie de ce qui l’intéresse ou pas. Qui est-il, quand on y réfléchit ? Un imbécile de prof, rien de plus.
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