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Albus Dumbledore — Oh, je n'aurais jamais la prétention d'affirmer que je connais tous les secrets de Poudlard, Igor, répliqua Dumbledore d'un ton amical. Pas plus tard que ce matin, par exemple, je me suis trompé de chemin en allant aux toilettes et je me suis retrouvé dans une pièce aux proportions admirables que je n'avais encore jamais vue. Or, savez-vous ce qu'il y avait dans cette pièce ? Une magnifique collection de pots de chambre ! Et, quand j'y suis retourné pour l'examiner de plus près, je me suis aperçu que la pièce avait disparu. Mais j'essayerai quand même de la retrouver. Il est possible qu'on ne puisse y accéder qu'à cinq heures et demie du matin. Ou alors, peut-être qu'elle n'apparaît que lorsque la lune est à son premier quartier — ou encore lorsque celui qui la cherche a la vessie particulièrement pleine.
— Très bien, très bien. Mais ne le dites jamais à personne, Dumbledore, jamais à personne ! Cela doit rester entre nous ! Jurez-le ! Je ne peux pas supporter… Surtout le fils de Potter… Je veux votre parole !
— Vous voulez ma parole, Severus, que je ne révélerai jamais ce qu’il y a de meilleur en vous ? soupira Dumbledore en baissant les yeux sur le visage à la fois féroce et angoissé de Rogue. Si vous insistez…
— Les première année doivent savoir qu'il est interdit à tous les élèves sans exception de pénétrer dans la forêt qui entoure le collège. Certains de nos élèves les plus anciens feraient bien de s'en souvenir.
Dumbledore tourna ses yeux étincelants vers les jumeaux Weasley.
— Tu peux l'appeler Voldemort, Harry. Nomme toujours les choses par leur nom. La peur d'un
nom ne fait qu'accroître la peur de la chose elle-même.
— Si nous sommes attaqués, répondit Dumbledore, je te donne l’autorisation de recourir à tous les antisorts et contre-maléfices qui te viendront à l’esprit. Mais je crois que nous n’avons pas à craindre d’attaque, cette nuit.
— Pourquoi, monsieur ?
— Parce que tu es avec moi, dit simplement Dumbledore. Ce devrait être suffisant.
— Mais où est donc ce cher professeur Lupin ?
— J'ai bien peur que le malheureux soit à nouveau malade, répondit Dumbledore en faisant signe aux convives de se servir. C'est d'autant plus dommage que cela tombe le jour de Noël.
— J'imagine que vous deviez déjà le savoir, Sibylle ? dit le professeur McGonagall, les sourcils levés. Le professeur Trelawney lui lança un regard glacial.
— Bien sûr que je le savais, Minerva, répliqua-t-elle d'une voix feutrée. Mais ce n'est pas parce qu'on sait les choses qu'il faut s'en vanter sans cesse. Je me comporte souvent comme si je n'avais pas le Troisième OEil pour ne pas mettre les autres mal à l'aise.
— Une lettre ? répéta le professeur McGonagall d'une voix éteinte en se rasseyant sur le muret. Dumbledore, vous croyez vraiment qu'il est possible d'expliquer tout cela dans une lettre ? Des gens pareils seront incapables de comprendre ce garçon ! Il va devenir célèbre—une véritable légende vivante—je ne serais pas étonnée que la date d'aujourd'hui devienne dans l'avenir la fête de Harry Potter. On écrira des livres sur lui. Tous les enfants de notre monde connaîtront son nom !
— C'est vrai, dit Dumbledore en la regardant d'un air très sérieux par-dessus ses lunettes en demi-lune. Il y aurait de quoi tourner la tête de n'importe quel enfant. Être célèbre avant même d'avoir appris à marcher et à parler ! Célèbre pour quelque chose dont il ne sera même pas capable de se souvenir ! Ne comprenez-vous pas qu'il vaut beaucoup mieux pour lui qu'il grandisse à l'écart de tout cela jusqu'à ce qu'il soit prêt à l'assumer ?
Je mentionne alors les récents commentaires, largement diffusés, d’Elphias Doge, conseiller spécial auprès du Magenmagot et ami de longue date d’Albus Dumbledore, selon lesquels « Le livre de Skeeter contient moins de faits réels qu’une carte de Chocogrenouille ».
Extrait de l'interview de Rita Skeeter accordée à Betty Braithwaite à propos de son livre Vie et Mensonges d'Albus Dumbledore
Personnages concernés : Betty Braithwaite, Elphias Doge, Albus Dumbledore, Rita Skeeter
— Horace avait constitué une sorte de club où il rassemblait ses élèves préférés et dont il était le centre, faisant les présentations, établissant des contacts utiles entre ses membres et récoltant toujours un quelconque avantage en échange, que ce soit une boîte d’ananas confits ou l’occasion de recommander un jeune collaborateur au Bureau de liaison des gobelins.
Harry eut soudain la vision saisissante d’une grosse araignée qui tissait sa toile autour d’elle, secouant un fil ici ou là pour rapprocher ses grosses mouches bien juteuses.
— Pétards surprises ! annonça Dumbledore avec enthousiasme.
Il tendit l'extrémité d'un gros pétard argenté à Rogue qui tira dessus à contrecoeur. Le pétard explosa comme un coup de feu et laissa apparaître un chapeau pointu surmonté d'un vautour empaillé.
Harry se rappela l'épouvantard coiffé d'un chapeau semblable. Il échangea un sourire avec Ron tandis que Rogue, les lèvres plus minces que jamais, poussait le chapeau vers Dumbledore qui s'en coiffa aussitôt.
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