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Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé — Pauvre Lucius… Après la colère de Voldemort, furieux qu’il ait gâché un Horcruxe pour son propre bénéfice, et le fiasco du ministère l’année dernière, je ne serais pas étonné qu’il soit secrètement content d’être en sécurité à Azkaban pour le moment.
Harry et Ron quittèrent l’infirmerie le lundi matin à la première heure après avoir pleinement recouvré la santé grâce aux bons soins de Madame Pomfresh. Ils pouvaient à présent bénéficier de tous les avantages d’avoir été respectivement assommé et empoisonné, le plus notable de tous étant qu’Hermione s’était réconciliée avec Ron. Elle les accompagna même à la table du petit déjeuner en leur annonçant la nouvelle que Ginny s’était disputée avec Dean. La créature qui sommeillait dans la poitrine de Harry releva soudain la tête, reniflant autour d’elle avec espoir.
— Pourquoi se sont-ils disputés ? demanda-t-il d’un ton qu’il essaya de rendre désinvolte
[...]
— Il ne fallait quand même pas que Ginny et Dean se séparent pour autant, dit Harry qui s’efforçait toujours d’avoir un ton dégagé. Ils sont restés ensemble ou pas ?
— Oui… Mais pourquoi tu t’y intéresses tant ? demanda Hermione en observant Harry d’un regard aigu.
— Je ne veux pas avoir d’autres ennuis dans mon équipe de Quidditch ! répondit-il précipitamment.
Il s’allongea tout habillé sur son lit, le regard perdu. Il n’éprouvait aucune curiosité à l’égard de R.A.B. Il lui semblait même qu’il n’éprouverait plus jamais de curiosité pour quoi que ce soit. Étendu sous son baldaquin, il s’aperçut soudain que le parc était redevenu silencieux. Fumseck ne chantait plus.
Il sut alors, bien qu’il eût été incapable de dire comment il le savait, que le phénix était parti, qu’il avait à jamais quitté Poudlard, tout comme Dumbledore avait quitté son école, avait quitté le monde… avait quitté Harry.
— Pourquoi ? demanda aussitôt Harry en levant les yeux vers Dumbledore. Pourquoi était-il revenu ? L’avez-vous jamais découvert ?
— J’ai quelques idées, répondit Dumbledore, rien d’autre.
— Quelles idées, monsieur ?
— Je t’en ferai part lorsque tu seras parvenu à recueillir le souvenir du professeur Slughorn. Quand nous disposerons de cette dernière pièce du puzzle, j’espère que tout deviendra clair… pour nous deux.
Harry brûlait toujours de curiosité et bien que Dumbledore lui eût ouvert la porte, il ne sortit pas tout de suite.
— Voulait-il toujours enseigner la défense contre les forces du Mal ? Il ne l’a pas dit…
— Oh, c’était ce qu’il désirait, sans aucun doute, assura Dumbledore. La suite de notre petite rencontre l’a prouvé. Nous n’avons jamais pu conserver un professeur de défense contre les forces du Mal plus d’un an depuis que j’ai refusé ce poste à Lord Voldemort.
Les sortilèges informulés étaient à présent exigés non seulement en cours de défense contre les forces du Mal, mais également en classe de sortilèges et de métamorphose. Souvent, dans la salle commune ou aux heures des repas, Harry voyait autour de lui des condisciples au visage tendu et au teint violacé, comme s’ils avaient pris une dose excessive de Pousse-Rikiki, mais il savait qu’en fait, ils essayaient de toutes leurs forces d’exécuter un sortilège sans prononcer d’incantation. Sortir du château pour se rendre dans les serres était un grand soulagement. En cours de botanique, ils avaient affaire à des plantes plus dangereuses que jamais mais au moins, ils avaient le droit de jurer haut et fort si une Tentacula vénéneuse les attrapait inopinément par-derrière.
Elle se retourna pour regarder une grande horloge posée de travers sur une pile de draps dans le panier de linge sale, au bout de la table. Harry la reconnut aussitôt : elle avait neuf aiguilles qui portaient chacune le nom d’un des membres de la famille ; en général, elle était accrochée au mur du salon mais à en juger par la place qu’elle occupait à présent, Mrs Weasley avait dû prendre l’habitude de l’emporter avec elle partout dans la maison. En cet instant, chacune de ses neuf aiguilles pointait sur « En danger de mort ».
— On a gagné ! hurla Ron qui avait surgi devant lui en brandissant la coupe d’argent sous son nez. On a gagné ! Quatre cent cinquante à cent quarante ! On a gagné !
Harry tourna la tête et vit Ginny courir vers lui. Elle se jeta dans ses bras, le visage résolu, le regard flamboyant. Alors, sans réfléchir, sans l’avoir prévu, sans se soucier des cinquante personnes qui les regardaient, Harry l’embrassa.
Au bout d’un long moment – il n’avait plus de notion du temps, il pouvait s’être passé une demi-heure ou même plusieurs jours sous un soleil radieux –, ils relâchèrent leur étreinte. Un grand silence s’était installé autour d’eux. Puis des sifflets admiratifs retentirent et des gloussements de rire nerveux parcoururent la salle. Harry regarda par-dessus la tête de Ginny. Il vit Dean Thomas, un verre brisé à la main, et Romilda Vane qui paraissait sur le point de jeter quelque chose. Hermione rayonnait mais c’était Ron que Harry cherchait des yeux. Il finit par le trouver, tenant toujours la coupe contre lui, avec l’air d’avoir pris un coup de massue sur le crâne. Pendant une fraction de seconde, ils échangèrent un regard puis Ron eut un bref mouvement de tête qui, d’après ce que Harry put comprendre, signifiait : « Bah… s’il le faut vraiment…»
Harry sentit la créature pousser un rugissement de triomphe dans sa poitrine. Il sourit à Ginny et, sans dire un mot, montra d’un geste le trou du portrait. Une longue promenade dans le parc semblait tout indiquée. Ils pourraient alors parler du match – s’ils en avaient le temps.
— Ces temps-ci, il faut quatre heures de queue pour récupérer son or, tellement les gobelins ont renforcé leurs mesures de sécurité. Il y a deux jours, Arkie Philpott s’est fait enfoncer une Sonde de Sincérité dans le…
— Pourquoi ne pas demander tout cela directement à Ron ? lui suggéra-t-il après avoir subi de sa part un interrogatoire particulièrement long au cours duquel elle avait tout passé en revue, depuis l’opinion de Ron sur ses nouvelles robes de soirée jusqu’à la question de savoir s’il considérait leur relation comme « sérieuse ».
— Je voudrais bien, mais il dort toujours quand je vais le voir ! répondit Lavande, exaspérée.
— Vraiment ? s’étonna Harry, car il avait trouvé Ron parfaitement éveillé chaque fois qu’il le rejoignait à l’infirmerie, s’intéressant beaucoup au récit de la dispute entre Dumbledore et Rogue et toujours prêt à dire pis que pendre de McLaggen.
— Est-ce qu’il a toujours des visites d’Hermione Granger ? interrogea soudain Lavande.
— Oui, je crois. Ils sont amis, non ? dit Harry, mal à l’aise.
— Amis, ne me fais pas rire, répliqua Lavande avec mépris. Elle a cessé de lui parler pendant des semaines quand il a commencé à sortir avec moi ! Mais j’imagine qu’elle veut se réconcilier avec lui maintenant qu’il est devenu si intéressant…
— Tu trouves que c’est intéressant d’être empoisonné ? lui demanda Harry.
— Sois raisonnable, aucun type sain d’esprit ne va préférer Tonks si Fleur est dans les parages [assura Ron]. D’accord, Tonks n’est pas mal, quand elle ne s’arrange pas le nez et les cheveux avec des trucs stupides, mais…
— Elle est sacrément plus agréable que Fleurk, l’interrompit Ginny.
— Et elle est plus intelligente, c’est une Auror ! lança Hermione dans son coin de mur.
— Fleur n’est pas bête du tout, elle a été choisie pour le Tournoi des Trois Sorciers, fit remarquer Harry.
— Tu ne vas pas t’y mettre aussi ! s’exclama Hermione d’un ton amer.
— J’imagine que tu aimes bien la façon dont Fleurk t’appelle « Arry » ? demanda Ginny d’un air méprisant.
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