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Rubeus Hagrid — Doucement, ne mets pas la charrue avant les hippogriffes !
Rubeus Hagrid
Personnages concernés : Rubeus Hagrid
Hagrid semblait avoir déposé avec précaution le corps sur la table de marbre. Il repartait à présent le long de l’allée, se mouchant avec des bruits de trompette qui lui attirèrent quelques regards scandalisés, dont celui, remarqua Harry, de Dolores Ombrage… Harry savait cependant que Dumbledore ne s’en serait pas formalisé. Il essaya d’adresser un geste amical à Hagrid au moment où celui-ci passait à sa hauteur mais ses yeux étaient si gonflés qu’on se demandait comment il parvenait à voir où il allait.
— L’arme est cachée dans la cabane de Hagrid, c’est cela ? demanda Ombrage, impatiente, à l’oreille de Harry.
— Bien sûr que non, répondit Hermione d’un ton cinglant. Hagrid aurait pu la déclencher accidentellement.
— Oui, dit Ombrage, de plus en plus excitée. Oui, bien sûr, c’était le risque avec cet hybride imbécile.
— La nuit, quand les géants dormaient et qu’on voulait explorer les cavernes, Macnair et les autres rôdaient dans les montagnes pour nous chercher. J’ai eu du mal à empêcher Olympe de leur sauter dessus, dit Hagrid, les coins de sa bouche soulevant sa barbe hirsute. Elle avait une envie folle de les attaquer… C’est quelque chose quand elle est remontée, Olympe… Un tempérament de feu… Son côté français, sans doute…
— Et les funérailles de Dumbledore ? demanda Harry, parlant enfin.
— Eh bien, dit le professeur McGonagall, la voix soudain tremblante, le ton radouci, je… je sais que c’était la volonté de Dumbledore de reposer ici, à Poudlard…
— Cette volonté sera donc respectée ? interrogea Harry d’un ton féroce.
— Si le ministère le juge opportun, répondit le professeur McGonagall. Aucun autre directeur, ni directrice, n’a jamais été…
— Aucun autre directeur, ni directrice, n’a jamais autant donné à cette école, gronda Hagrid.
— Poudlard doit devenir la dernière demeure de Dumbledore, assura le professeur Flitwick.
— Absolument, approuva le professeur Chourave.
— Dans ce cas, reprit Harry, vous ne devriez pas renvoyer les élèves chez eux avant l’enterrement. Ils voudront lui dire…
Le dernier mot s’étouffa dans sa gorge mais le professeur Chourave se chargea de le prononcer à sa place :
— … adieu.
Cinq des camarades de Charlie s'approchèrent du dragon en vacillant sous le poids d'un tas d'énormes oeufs semblables à des pierres grises, qu'ils portaient sur une couverture déployée dont chacun tenait un bout. Ils déposèrent délicatement la couverture à côté du Magyar à pointes, sous les yeux de Hagrid qui laissa échapper un gémissement d'envie.
— Je les ai fait compter, Hagrid, dit Charlie d'un ton très sérieux. Comment va Harry ? ajouta-t-il.
— Très bien, répondit Hagrid sans quitter du regard les oeufs de dragon.
— Ils ont bien grandi, ils doivent faire pas loin de un mètre, maintenant. Le seul ennui, c'est qu'ils ont commencé à s'entre-tuer.
— Non, vraiment ? dit Hermione en lançant un regard réprobateur à Ron qui s'apprêtait visiblement à faire une remarque sur la nouvelle coiffure de Hagrid.
— Oui, soupira Hagrid avec tristesse. Mais ça va mieux, maintenant, je les ai mis dans des boîtes séparées. J'en ai encore une vingtaine.
— C'est une chance, dit Ron.
— TAISEZ-VOUS ! s’exclama Voldemort.
Il y eut un bang !, un éclair de lumière brillante et ils furent réduits par la force au silence.
— C’est fini. Pose-le par terre, Hagrid, à mes pieds, c’est là qu’est sa place !
— Il l’a cru beaucoup plus vite que moi – quand vous lui avez annoncé qu’il était un sorcier, dit Harry. Moi, au début, je ne croyais pas Hagrid quand il me l’a révélé.
— Oui, Jedusor se montrait tout disposé à accepter l’idée qu’il était – pour employer ses propres termes – « quelqu’un d’exceptionnel », dit Dumbledore.
— Et… saviez-vous, à l’époque ? demanda Harry.
— Savais-je que je venais de rencontrer le plus dangereux mage noir de tous les temps ? Non, je n’avais pas la moindre idée de ce qu’il allait devenir. Mais il est certain qu’il m’intriguait. Je suis rentré à Poudlard avec l’intention de garder un oeil sur lui, ce que j’aurais fait de toute façon, étant donné qu’il était seul et sans amis. Mais je sentais déjà que c’était nécessaire autant pour le bien des autres que pour le sien.
Le banquet avait commencé depuis une vingtaine de minutes lorsque Hagrid se faufila à l'intérieur de la salle en passant par une porte située derrière la table des professeurs. Il se glissa à sa place et salua Harry, Ron et Hermione en agitant une main entourée de bandages.
— Les Scroutts vont bien, Hagrid ? lança Harry depuis la table des Gryffondor.
— En pleine forme, répondit Hagrid d'un air ravi.
— Rien d'étonnant, dit Ron à voix basse. Apparemment, la nourriture qui leur convient le mieux, ce sont les doigts de Hagrid.