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Luna Lovegood Il a sauté, dit le professeur McGonagall au moment où Harry et Luna arrivaient en courant.
— Vous voulez dire qu’il est mort ?
Harry se précipita vers la fenêtre, ne prêtant aucune attention aux cris de stupeur que poussèrent Flitwick et Chourave en le voyant soudain apparaître.
— Non, il n’est pas mort, répondit McGonagall d’un ton amer. À la différence de Dumbledore, il avait toujours sa baguette… et il semble que son maître lui ait appris quelques petites choses.
Avec un frisson d’horreur, Harry vit au loin une forme massive, semblable à une chauve-souris,
voler dans l’obscurité en direction du mur d’enceinte.
— Elle est un peu remuée, déclara Luna. Au début, j’ai cru entendre Mimi Geignarde mais en fait, c’était Hermione. Elle a dit quelque chose à propos de ce Ron Weasley…
— Oui, ils se sont disputés, expliqua Harry.
— Il est parfois très drôle, non ? remarqua Luna, tandis qu’ils repartaient ensemble dans le couloir. Mais il lui arrive de ne pas être très gentil. Ça m’avait déjà frappée l’année dernière.
— Oui, sans doute, admit Harry. Luna manifestait une fois de plus son talent habituel pour dire des vérités gênantes. Il ne connaissait personne d’autre qui ait un tel don.
— Je veux que tu saches, Potter, dit-il d’une voix sonore, qu’il n’y a pas que des dingos qui sont avec toi. Personnellement, je te crois à cent pour cent. Ma famille a toujours soutenu Dumbledore et moi aussi.
— Heu… Merci beaucoup, Ernie, répondit Harry, pris au dépourvu, mais content.
Dans des occasions comme celle-ci, Ernie manifestait parfois une certaine grandiloquence mais Harry appréciait pleinement une telle marque de confiance de la part de quelqu’un qui n’avait pas de radis accrochés aux oreilles.
— J’entendais le commentaire du match, d’ici, dit Ron, la voix à présent secouée d’un rire. J’espère que ce sera toujours Luna qui le fera, désormais… La perdantinite…
Aussitôt, le bec de l’aigle s’ouvrit, mais au lieu d’un cri d’oiseau, une voix douce, mélodieuse s’en éleva pour demander :
— Qui est apparu en premier, le phénix ou la flamme ?
— Hmmm… Qu’en penses-tu, Harry ? dit Luna, l’air songeuse.
— Quoi ? Il ne suffit pas d’avoir un mot de passe ?
— Oh non, il faut répondre à une question, expliqua Luna.
— Et si on se trompe ?
— Alors, on doit attendre que quelqu’un d’autre vienne avec la bonne réponse. Comme ça, on a appris quelque chose, tu comprends ?
— Ouais… L’ennui, c’est qu’on ne peut pas vraiment se permettre d’attendre l’arrivée de quelqu’un d’autre, Luna.
— Je vois ce que tu veux dire, déclara-t-elle d’un ton grave. Dans ce cas, je pense que la réponse, c’est que le cercle n’a pas de commencement.
— Bien raisonné, approuva la voix de l’aigle.
Et la porte s’ouvrit.
— Tu crois que c’est leur maison et qu’ils sont partis pour Noël ? dit Hermione en regardant à
travers la fenêtre, ornée de géraniums, d’une petite cuisine propre et nette.
Ron ricana.
— Tu sais, j’ai bien l’impression que si on regardait à travers la fenêtre des Lovegood, on saurait tout de suite qui habite là. Essayons plutôt les collines voisines.
— Bonjour, Harry, je m’appelle Romilda, Romilda Vane, dit-elle d’une voix forte et assurée. Tu ne veux pas venir avec nous dans notre compartiment ? Tu n’es pas obligé de rester avec eux, ajouta-telle en aparté.
Elle montra le derrière de Neville qui dépassait de sous la banquette, tandis qu’il cherchait Trevor à tâtons, et Luna qui portait à présent ses Lorgnospectres gratuites en ayant l’air d’un hibou bariolé et un peu fou.
— Ce sont des amis à moi, répliqua Harry d’un ton glacial.
— Ah bon ? s’étonna la fille. D’accord.
Elle battit en retraite et referma derrière elle la porte du compartiment.
— Les gens pensent que tu devrais avoir des amis plus cool que nous, dit Luna, manifestant à nouveau une sincérité embarrassante.
— Vous êtes très cool tous les deux, trancha sèchement Harry. Aucune d’elles ne se trouvait au ministère le jour où vous vous êtes battus à côté de moi.
— C’est très gentil de dire ça, répondit Luna, le visage rayonnant.
— Et tu es… heu… absolument sûr que c’est bien celui de Grindelwald… ?
— Je ne me trrrompe pas, répliqua froidement Krum. Je suis passé devant ce signe pendant des
années, je le connais bien.
— Dans ce cas, reprit Harry, il est possible que Xenophilius ne sache pas vraiment ce que représente ce symbole. Les Lovegood sont un peu… particuliers. Il l’a peut-être trouvé quelque part et pense que c’est la coupe transversale d’une tête de Ronflak Cornu ou quelque chose comme ça.
— La coupe trrransverrrsale de quoi ?
— Je ne sais pas vraiment ce que sont les Ronflaks Cornus, mais apparemment, sa fille et lui
essayent d’en attraper pendant leurs vacances…
Harry sentit qu’il s’y prenait mal pour expliquer qui étaient Luna et son père.
— La voici, là-bas, dit-il en montrant Luna qui dansait toujours toute seule, remuant les bras autour de sa tête comme si elle chassait des moucherons.
— Pourrrquoi fait-elle ça ? demanda Krum.
— Elle essaye sans doute de se débarrasser d’un Joncheruine, répondit Harry qui reconnaissait les symptômes.
— Et vous feriez un très grand Auror ! s’écria Slughorn de sa voix tonnante.
— Moi, je ne crois pas que tu devrais être Auror, dit Luna inopinément.
Ils se tournèrent tous vers elle.
— Les Aurors font partie de la conspiration de Rancecroc, je croyais que tout le monde le savait. Ils travaillent de l’intérieur pour abattre le ministère en combinant la magie noire et une maladie des gencives.
Harry éclata de rire en inspirant par le nez la moitié de son hydromel. Rien que pour cela, il valait la peine d’avoir invité Luna.
— Oh, oui, répondit-elle [Luna Lovegood]. Je les ai vus dès le premier jour où je suis venue ici. Ce sont toujours eux qui tirent les diligences. Ne t’inquiète pas, tu es aussi sain d’esprit que moi.
Avec un faible sourire, elle monta à la suite de Ron dans la diligence d’où s’exhalait une odeur de moisi. Sans être rassuré le moins du monde, Harry la suivit.