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Gilderoy Lockhart — Je crois que je n'ai jamais été aussi stupéfait ! Venir à Poudlard en voiture volante ! Bien sûr, j'ai tout de suite compris pourquoi tu avais fait ça. C'était évident. Ah, Harry, Harry, Harry !
Même lorsqu'il ne parlait pas, il avait l'extraordinaire faculté d'exhiber ses dents étincelantes.
— Je t'ai donné le goût de la publicité, c'est bien ça ? dit Lockhart. Je t'ai passé le virus. Tu as fait la une du journal grâce à moi et tu as absolument voulu recommencer.
— Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que j'entends ? Gilderoy Lockhart s'approcha d'eux à grands pas, les pans de sa robe turquoise flottant derrière lui. Qui dédicace des photos ? demanda-t-il.
Harry voulut dire quelque chose mais il fut interrompu par Lockhart qui le prit par les épaules et lança d'un ton joyeux :
— Je n'aurais pas dû poser la question ! Nous voici à nouveau réunis, Harry !
— Mais quand j'avais douze ans, je n'étais pas plus que toi. J'étais même moins que toi ! Toi, tu as déjà une vague réputation chez certaines personnes, n'est-ce pas ? A cause de cette histoire avec Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. [Lockhart]
Il jeta un coup d'oeil à la cicatrice, sur le front de Harry.
— Je sais, je sais, poursuivit-il, ce n'est pas tout à fait aussi glorieux que de remporter cinq fois de suite le prix du sourire le plus charmeur décerné par les lectrices de Sorcière-Hebdo, comme c'est mon cas, mais c'est quand même un début, Harry, c'est un début.
— Elle n’est pas morte, Argus, dit-il d’une voix douce.
— Pas morte ? s’étrangla Rusard en regardant Miss Teigne à travers ses doigts écartés. Mais comment se fait-il qu’elle soit toute raide ?
— Elle a été pétrifiée, dit Dumbledore.
— C’est bien ce que je pensais, commenta Lockhart.
Il a simplement voulu nous faire faire des travaux pratiques, dit Hermione qui immobilisa aussitôt deux lutins à l’aide d’une formule magique et les enferma dans leur cage.
— Des travaux pratiques ? s’exclama Harry en essayant d’attraper un lutin qui lui tirait la langue. Il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il fallait faire !
— Tu dis des bêtises, répliqua Hermione. Tu as lu ses livres ? Tu as bien vu tous les prodiges qu’il a accomplis ?
— Ça, c’est ce qu’il prétend ! marmonna Ron.
— Allons, allons, je vois que personne ne se rappelle que ma couleur préférée, c'est le lilas. Je l'ai pourtant indiqué clairement dans Une année avec le Yéti. Et certains d'entre vous feraient bien de relire attentivement Promenades avec les loups-garous—j'y explique dans le chapitre douze que mon cadeau d'anniversaire idéal serait l'harmonie entre tous les hommes, qu'ils aient ou non des pouvoirs magiques. Mais il est vrai que je ne dirais pas non si on m'offrait un magnum d'Ogden's Old Firewhisky !
Il leur lança un nouveau clin d'oeil un peu canaille. Ron le regardait à présent avec une expression d'incrédulité; Seamus Finnigan et Dean Thomas étaient secoués d'un fou rire silencieux. Hermione, en revanche, buvait les paroles de Lockhart et sursauta lorsqu'il prononça son nom.
— ... Mais Miss Hermione Granger sait que mon ambition secrète serait de débarrasser le monde des Forces du Mal et de lancer ma propre marque de produits pour les cheveux. Bravo ! Excellente élève. En fait—il lut intégralement sa copie—, elle a tout bon ! Qui est Miss Hermione Granger ?
Hermione leva une main tremblante.
— Excellent ! s'exclama Lockhart avec un sourire radieux. Vraiment excellent. Dix points pour Gryffondor ! Et maintenant, au travail...
— On aurait pu faire cuire un oeuf sur tes joues, dit Ron. Il faut espérer que Crivey ne va pas devenir copain avec Ginny, sinon ils vont fonder le fan-club de Harry Potter.
— Silence ! coupa Harry qui n'avait pas du tout envie que Lockhart entende les mots « fan club de Harry Potter. »
— Fais-nous un beau sourire, Harry, dit Lockhart à travers ses dents étincelantes largement exhibées. Toi et moi, on va faire la une.
Harry laissait Lockhart déverser sur lui un flot de paroles sans prendre la peine de lui répondre autre chose que « oui, oui », « d’accord », « très bien ». De temps en temps, il percevait une phrase du genre : « La renommée est une amie bien peu fidèle, Harry », ou « La célébrité ne peut donner que ce qu’elle a, ne l’oublie jamais. »
— Bonjour, tout le monde ! lança Lockhart en adressant aux élèves un sourire radieux. Je viens de montrer au professeur Chourave comment il fallait s'y prendre pour soigner un saule cogneur ! Mais n'allez surtout pas vous mettre dans la tête que je suis meilleur qu'elle en botanique ! Il se trouve simplement que j'ai souvent rencontré ce genre de plantes exotiques au cours de mes voyages...