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Harry Potter et les Reliques de la Mort — Voldemort a toujours considéré la vie des elfes de maison indigne de son attention, à la manière des Sang-Pur qui les traitent comme des animaux… Il ne lui serait jamais venu à l’esprit qu’ils puissent posséder des pouvoirs magiques dont il ne disposait pas lui-même.
Hébété, Harry repensa à la façon dont les Dursley l’avaient enfermé, bouclé dans un placard, caché à la vue des autres, pour avoir commis le seul crime d’être un sorcier. La soeur de Dumbledore avait-elle subi le même traitement pour la raison inverse ? L’avait-on séquestrée parce qu’elle n’était pas suffisamment douée pour la magie ? Et Dumbledore l’avait-il véritablement abandonnée à son sort, pendant que lui-même allait à Poudlard où il se montrait brillant et talentueux ?
— Ces gens ne se rendent donc pas compte de ce que vous avez traversé ? Des dangers que vous courez ? De la position unique que vous occupez dans les coeurs, au sein du mouvement anti-Voldemort ?
— Heu… non, ils ne s’en rendent pas compte, répondit Harry. En fait, ils pensent que je prends inutilement de la place, mais j’y suis habitué…
— Je ne crois pas que tu prennes inutilement de la place.
Si Harry n’avait pas vu remuer les lèvres de Dudley, il n’en aurait sans doute pas cru ses oreilles. Mais après avoir regardé fixement Dudley pendant plusieurs secondes, il dut admettre que c’était bien son cousin qui avait parlé ainsi. D’ailleurs, Dudley était devenu écarlate. Harry lui-même était stupéfait et un peu embarrassé.
— Eh bien, heu… Merci, Dudley.
À nouveau, Dudley sembla s’empêtrer dans des pensées trop difficiles à formuler et il se contenta de marmonner :
— Tu m’as sauvé la vie.
— Pas vraiment, dit Harry. C’était ton âme que les Détraqueurs auraient prise…
— Vous l’avez maintenu en vie pour qu’il puisse mourir au bon moment ?
— Ne soyez pas choqué, Severus. Combien d’hommes et de femmes avez-vous vus mourir ?
— Récemment, seuls ceux que je n’ai pas pu sauver, dit Rogue.
Il se leva.
— Vous vous êtes servi de moi.
— Que voulez-vous dire ?
— Que j’ai espionné pour vous, menti pour vous, que j’ai couru des dangers mortels pour vous.
Tout cela devait assurer la sécurité du fils de Lily Potter. Et maintenant, vous m’annoncez que vous
l’avez élevé comme un porc destiné à l’abattoir…
— Voilà qui est très émouvant, Severus, remarqua Dumbledore d’un ton sérieux. En êtes-vous venu
à éprouver de l’affection pour ce garçon ?
— Pour lui ? s’écria Rogue. Spero Patronum !
De l’extrémité de sa baguette jaillit alors la biche argentée. Elle atterrit sur le sol, traversa la pièce
d’un bond, et s’envola par la fenêtre. Dumbledore la regarda s’éloigner et lorsque sa lueur d’argent se
fut évanouie, il se tourna à nouveau vers Rogue, les yeux pleins de larmes.
— Après tout ce temps ?
— Toujours, dit Rogue.
Aussitôt, le bec de l’aigle s’ouvrit, mais au lieu d’un cri d’oiseau, une voix douce, mélodieuse s’en éleva pour demander :
— Qui est apparu en premier, le phénix ou la flamme ?
— Hmmm… Qu’en penses-tu, Harry ? dit Luna, l’air songeuse.
— Quoi ? Il ne suffit pas d’avoir un mot de passe ?
— Oh non, il faut répondre à une question, expliqua Luna.
— Et si on se trompe ?
— Alors, on doit attendre que quelqu’un d’autre vienne avec la bonne réponse. Comme ça, on a appris quelque chose, tu comprends ?
— Ouais… L’ennui, c’est qu’on ne peut pas vraiment se permettre d’attendre l’arrivée de quelqu’un d’autre, Luna.
— Je vois ce que tu veux dire, déclara-t-elle d’un ton grave. Dans ce cas, je pense que la réponse, c’est que le cercle n’a pas de commencement.
— Bien raisonné, approuva la voix de l’aigle.
Et la porte s’ouvrit.
Harry continuait de ressentir des picotements dans sa cicatrice. Il remarqua que le phénomène se produisait plus souvent lorsque c’était lui qui portait l’Horcruxe. Parfois, il ne pouvait s’empêcher de réagir à la douleur.
— Quoi ? Qu’est-ce que tu as vu ? demandait Ron lorsqu’il voyait Harry grimacer.
— Un visage, marmonnait celui-ci à chaque fois. Toujours le même. Celui du voleur de Gregorovitch.
Ron détournait alors la tête sans chercher à dissimuler sa déception. Harry savait qu’il espérait avoir des nouvelles de sa famille, ou des autres membres de l’Ordre du Phénix mais, après tout, il n’était pas une antenne de télévision. Il pouvait seulement voir ce que pensait Voldemort à un moment donné, et non pas se brancher sur ce qu’il souhaitait, au gré de sa fantaisie.
Gabrielle ressemblait à Fleur en miniature. Elle avait onze ans et une longue chevelure d’un blond pur, argenté, qui lui tombait jusqu’à la taille. Elle adressa à Mrs Weasley un sourire éclatant et la serra dans ses bras, puis lança à Harry un regard de braise en battant des cils. Ginny s’éclaircit bruyamment la gorge.
À ce moment-là, ils ont dû estimer qu’il n’y avait plus qu’un seul moyen de m’arrêter et ils s’en sont pris à ma grand-mère.
— Quoi ? s’exclamèrent Harry, Ron et Hermione d’une même voix.
— Oui, dit Neville, qui haletait un peu à cause de la pente raide que suivait le passage. On comprend leur raisonnement. Ils avaient obtenu de très bons résultats en kidnappant des élèves pour
obliger leur famille à rentrer dans le rang, il fallait s’attendre à ce qu’ils appliquent la même méthode dans l’autre sens. Seulement voilà – il se tourna pour leur faire face et Harry fut étonné de le voir sourire –, ils ne savaient pas à quoi ils s’exposaient avec ma grand-mère. Une petite vieille qui vivait
seule, ils ont sans doute pensé qu’il était inutile d’envoyer quelqu’un de très qualifié. Le résultat, s’esclaffa Neville, c’est que Dawlish est toujours à Ste Mangouste et que ma grand-mère est en fuite.
Elle m’a envoyé une lettre – il tapota la poche de poitrine de sa robe – pour me dire qu’elle était fière de moi, que j’étais le digne fils de mes parents et que je devais continuer comme ça.
— Cool, ta grand-mère, dit Ron.
— Oui, approuva Neville d’un air joyeux.
— Madame Lestrange, murmura Tom.
Au passage d’Hermione, il inclina la tête avec servilité.
— Bonjour, dit Hermione.
Quand Harry se glissa silencieusement devant le bar, portant toujours Gripsec sous la cape, il vit une expression de surprise sur le visage de Tom.
— Trop polie, murmura Harry à l’oreille d’Hermione lorsqu’ils sortirent dans la petite cour de l’auberge. Il faut traiter les gens comme des détritus.
— D’accord, d’accord !
— Je pensais qu’il serait avec vous. Où l’avez-vous laissé ? [Abelforth Dumbledore]
— Il est mort, dit Harry. Bellatrix Lestrange l’a tué.
Le visage du barman resta impassible. Au bout d’un moment, il murmura :
— Je suis navré de l’apprendre. J’aimais bien cet elfe.
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