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Harry Potter et les Reliques de la Mort — Avez-vous l’intention de faire carrière dans la justice magique, Miss Granger ? interrogea Scrimgeour.
— Non, pas du tout, répliqua Hermione. J’espère plutôt pouvoir faire un peu de bien dans le monde !
Ron éclata de rire.
— TAISEZ-VOUS ! s’exclama Voldemort.
Il y eut un bang !, un éclair de lumière brillante et ils furent réduits par la force au silence.
— C’est fini. Pose-le par terre, Hagrid, à mes pieds, c’est là qu’est sa place !
Ils finirent par s’installer pour la nuit dans un champ lointain qui appartenait à une ferme isolée où
ils purent se procurer des oeufs et du pain.
— Ce n’est pas du vol, hein ? demanda Hermione, anxieuse, tandis qu’ils dévoraient des oeufs
brouillés sur toast. Puisque j’ai laissé de l’argent à côté du poulailler ?
Ron leva les yeux au ciel et répondit, les joues pleines :
— Her-mignonne, ’u es ’oujours ’rop inquiè’e. ’é’ends-’oi.
Harry laissa tomber ses cheveux dans le liquide boueux. Dès qu’ils entrèrent en contact avec sa surface, la potion se mit à mousser et à fumer puis, tout à coup, elle prit une couleur dorée, claire et brillante.
— Oh, Harry, tu as l’air d’avoir bien meilleur goût que Crabbe et Goyle, dit Hermione.
Puis elle vit Ron hausser les sourcils et ajouta en rougissant légèrement :
— Tu comprends bien ce que je veux dire. La potion de Goyle ressemblait à de la morve.
Ron sursauta.
— La biche argentée ! s’exclama-t-il, surexcité. C’était vous ?
— De quoi parles-tu ? s’étonna Abelforth.
— Quelqu’un nous a envoyé un Patronus !
— Avec un cerveau comme le tien, tu pourrais devenir Mangemort, fiston. N’ai-je pas montré il y a
un instant que mon Patronus était un bouc ?
— Oui, c’est vrai…, admit Ron. En tout cas, j’ai faim ! ajouta-t-il, sur la défensive, alors que son
estomac grondait bruyamment.
— J’ai de quoi manger, répondit Abelforth.
— Et si je suis à Serpentard ?
La question qu’il avait murmurée était destinée uniquement à son père. Harry savait que seul le
moment du départ pouvait forcer Albus à révéler à quel point sa peur était profonde et sincère.
Harry s’accroupit, le visage de son fils un peu au-dessus du sien. Des trois enfants de Harry, Albus
était le seul à avoir les yeux de Lily.
— Albus Severus, dit-il.
Il parlait à mi-voix pour que personne ne puisse l’entendre en dehors de Ginny. Elle eut le tact de
faire semblant de ne pas écouter, adressant des signes de la main à Rose qui était montée dans le train.
— Tes deux prénoms t’ont été donnés, poursuivit Harry, en souvenir de deux directeurs de Poudlard.
L’un d’eux était un Serpentard et il était sans doute l’homme le plus courageux que j’aie jamais
rencontré.
— Mais dis-moi simplement…
— … si c’était le cas, alors Serpentard gagnerait un excellent élève, n’est-ce pas ? Pour nous, ça n’a
pas d’importance, Al. Mais si ça en a pour toi, tu pourras choisir Gryffondor plutôt que Serpentard. Le
Choixpeau magique tiendra compte de tes préférences.
— Vraiment ?
— C’est ce qui s’est passé pour moi, dit Harry.
— Tu es sur la liste des nés-Moldus qui ne se sont pas présentés à l’entretien obligatoire ! [Ron]
— Et toi, tu es censé être en train de mourir d’éclabouille au Terrier ! Si quelqu’un devait ne pas y
aller, ce serait Harry. Sa tête est mise à prix dix mille Gallions. [Hermione]
— Très bien, dans ce cas, je resterai ici, répliqua Harry. Si jamais vous arrivez à vaincre Voldemort,
n’oubliez pas de me prévenir, d’accord ?
— Dumbledore a dû avoir des milliers d’élèves, insista Scrimgeour. Pourtant vous êtes tous les trois les seuls dont il se souvienne dans son testament. Pour quelles raisons ? Quel usage pensait-il que vous feriez de ce Déluminateur, Mr Weasley ?
— Il pensait que j’éteindrais les lumières, j’imagine, grommela Ron. À quoi ça peut servir d’autre ?
Mais l’image de Harry-Jedusor parlait à présent avec la voix de Voldemort et Ron, hypnotisé, fixait son visage.
— Pourquoi es-tu revenu ? Nous étions beaucoup mieux sans toi, beaucoup plus heureux, contents de ton absence… Nous nous moquions de ta stupidité, de ta lâcheté, de ta prétention…
— Ta prétention ! répéta en écho l’image d’Hermione-Jedusor, plus belle, mais aussi plus terrible que la véritable Hermione : elle se balançait, parlant d’une voix caquetante, devant Ron horrifié, cloué sur place, l’épée pendant inutilement à son côté. Qui donc pourrait te regarder, qui donc pourrait jamais te remarquer, à côté de Harry Potter ? Qu’as-tu jamais réussi à accomplir, comparé à l’Élu ?
Qui es-tu, comparé au Survivant ?
— Ron, transperce-le, TRANSPERCE-LE ! hurla Harry, mais Ron ne bougea pas. Il avait écarquillé ses yeux dans lesquels se reflétaient le Harry et l’Hermione-Jedusor, leurs cheveux dansant comme des flammes, leur regard rougeoyant, leurs voix aiguës se mêlant en un duo maléfique.
— Ta mère a avoué, reprit Harry-Jedusor d’un ton narquois, accompagné des ricanements de la
fausse Hermione, qu’elle aurait préféré m’avoir comme fils, qu’elle serait ravie de faire l’échange…
— Qui ne le préférerait pas ? Quelle femme te choisirait ? Tu n’es rien, rien, face à lui, susurra
Hermione-Jedusor.
— Écoutez ! répéta Harry.
— Non, Harry, c’est toi qui vas nous écouter, l’interrompit Hermione. On vient avec toi. La décision a été prise il y a des mois – des années, en fait.
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