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Harry Potter — Il serait possible de le faire sans Harry Potter, Maître.
— Sans Harry Potter ? dit la deuxième voix dans un souffle. Vraiment ?
— Maître, je ne dis pas cela par souci de protéger ce garçon ! assura Queudver, sa voix montant dans les aigus, comme un grincement. Il ne représente rien pour moi, rien du tout ! Simplement, si nous nous servions d'une autre sorcière ou d'un autre sorcier — n'importe quel sorcier — la chose pourrait être accomplie beaucoup plus vite !
Même si Harry préférait de beaucoup voir un Ron réjoui et prompt à la plaisanterie plutôt que le personnage maussade et agressif qu’il avait supporté au cours des dernières semaines, il estimait un peu trop élevé le prix à payer pour cette amélioration. Tout d’abord, il devait subir la présence fréquente de Lavande Brown qui considérait chaque instant où elle n’embrassait pas Ron comme un instant perdu. Ensuite, Harry se retrouvait une fois de plus le meilleur ami de deux personnes qui semblaient ne plus jamais vouloir se parler.
— La curiosité n'est pas répréhensible, dit-il, mais nous devrions toujours l'exercer avec prudence... avec prudence...
— Il dit qu’il veut nous faire une surprise. J’ai essayé de lui expliquer qui était Ombrage, mais il n’a toujours pas compris. Il prétend qu’aucune personne saine d’esprit ne préférerait étudier les Noueux plutôt que les Chimères… Oh, non, je ne pense pas qu’il ait de Chimère, s’empressa-t-elle d’ajouter en voyant le regard épouvanté de Harry et de Ron.
Harry lança à Hermione un regard en biais.
— Tu sais ce que ça me rappelle ?
— Non, quoi ?
— La marque des Mangemorts. Il suffit que Voldemort touche l’une d’elles pour que toutes les autres marques deviennent douloureuses. Ils savent alors qu’ils doivent le rejoindre.
— En fait… oui, admit Hermione à voix basse. C’est ce qui m’a donné l’idée… Mais tu auras quand même remarqué que j’ai gravé les chiffres sur des morceaux de métal pas sur la peau.
— Oui… Je préfère ta méthode, dit Harry avec un sourire en glissant son Gallion dans sa poche. Le seul ennui, avec ces pièces, c’est qu’on risque de les dépenser par inadvertance.
— Aucun danger, dit Ron qui contemplait son propre Gallion d’un air un peu triste. Je n’ai aucun vrai Gallion avec lequel je puisse le confondre.
— Oh, ce serait merveilleux s’ils se mariaient ! murmura Lily avec ravissement. Teddy ferait vraiment partie de la famille ! [à propos de Teddy et Victoire]
— Il vient déjà dîner à la maison à peu près quatre fois par semaine, dit Harry. Pourquoi ne pas lui proposer d’habiter chez nous, comme ça, ce serait fait ?
— Ouais ! s’écria James avec enthousiasme. Je veux bien partager ma chambre avec Al… Teddy
pourrait avoir la mienne !
— Non, répliqua fermement Harry. Al et toi, vous ne partagerez la même chambre que quand j’aurai décidé de démolir la maison.
— Eh bien, tu n’as qu’à aller la voir et lui demander de te libérer vendredi, répondit Angelina d’un ton féroce, et peu importe comment tu t’y prends. Dis-lui que Tu-Sais-Qui est un produit de ton imagination si ça t’arrange, mais débrouille-toi pour être là sans faute !
Puis elle s’éloigna à grands pas.
— Vous savez quoi ? dit Harry à Ron et à Hermione lorsqu’ils entrèrent dans la Grande Salle. On devrait demander au Club de Quidditch de Flaquemare si Olivier Dubois n’aurait pas été tué au cours d’une séance d’entraînement, parce qu’on dirait que son esprit s’est réincarné dans Angelina.
— Alors ? dit enfin Ron en levant les yeux vers Harry, comment c’était ?
— Humide, dit Harry en toute sincérité.
Ron fit un bruit qui pouvait exprimer au choix la jubilation ou la répugnance.
— Parce qu’elle pleurait, reprit Harry d’un ton abattu.
— Oh, dit Ron, son sourire s’effaçant légèrement. Tu embrasses si mal que ça ?
— Sais pas, dit Harry qui n’avait pas vu les choses sous cet aspect et sembla soudain inquiet. C’est possible.
— Bien sûr que non, dit Hermione d’un air absent, sans cesser d’écrire sa lettre.
— Comment tu le sais ? dit Ron d’un ton abrupt.
— Tout simplement parce que Cho passe la moitié de son temps à pleurer, ces temps-ci, répondit Hermione d’un ton absent. Elle pleure pendant les repas, aux toilettes, un peu partout dans le château.
— Un bon baiser, ça aurait dû lui remonter le moral, commenta Ron avec un sourire.
La seule chose qui inquiétait vraiment Harry, c’était de savoir jusqu’à quel point Ron se laisserait affecter par la tactique des Serpentard pour le déstabiliser. Harry avait supporté leurs quolibets pendant plus de quatre ans, aussi accueillait-il par un éclat de rire les réflexions du genre : « Hé, petit pote Potter, on m’a dit que Warrington a juré de te faire tomber de ton balai samedi. » Il répondait du tac au tac : « Warrington est incapable de tirer juste, je serais beaucoup plus inquiet s’il visait le joueur à côté de moi », ce qui amusait beaucoup Ron et Hermione et effaçait le sourire narquois du visage de Pansy Parkinson.
— Le médaillon ! s’écria soudain Harry. La coupe de Poufsouffle !
— Oui, approuva Dumbledore avec un sourire. Je serais prêt à mettre mon autre main au feu – enfin, disons deux doigts – qu’ils sont devenus les Horcruxes numéro trois et quatre.
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