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Fred Weasley — Un jour, il nous a débarrassés de Goyle en le mordant ! répliqua Ron d'un air accablé. Tu te souviens, Harry ?
— C'est vrai, dit Harry.
— Son heure de gloire, dit Fred, incapable de garder son sérieux. Que la cicatrice sur le doigt de Goyle témoigne de cet acte de bravoure !
Vous n'auriez quand même pas l'intention de recommencer cette histoire de Farces pour sorciers facétieux ?
– Écoute, maman, répondit Fred en levant vers elle un regard attristé. Si demain, le Poudlard Express déraille et qu'on est tués tous les deux, George et moi, imagine dans quel état tu seras en pensant que, la dernière fois que tu nous as adressé la parole, c'était pour nous accuser injustement ?
— Mais je crois que vous connaissez déjà ma petite Luna ? ajouta-t-il à l’adresse de Ron.
— Oui, répondit celui-ci. Elle n’est pas avec vous ?
— Elle s’est attardée dans ce charmant petit jardin pour dire bonjour aux gnomes. Leur invasion est
une bénédiction ! Combien sont rares les sorciers qui se rendent compte de tout ce qu’on peut apprendre grâce à ces petits gnomes pleins de sagesse – ou plutôt, pour leur donner leur vrai nom, ces Gemumbli
jardinsi.
— Les nôtres connaissent d’excellents jurons, dit Ron, mais je crois que ce sont Fred et George qui les leur ont appris.
L’attention de Harry fut détournée par un sortilège de Mort
qui passa à deux centimètres de Ginny et faillit la tuer…
Il changea alors de direction, se précipitant vers Bellatrix plutôt que Voldemort, mais à peine avait-il
fait quelques pas qu’il fut poussé de côté.
— PAS MA FILLE, ESPÈCE DE GARCE !
Tout en courant, Mrs Weasley se débarrassa de sa cape pour avoir les mains plus libres. Bellatrix
pivota sur ses talons et éclata d’un grand rire en voyant sa nouvelle adversaire.
— ÉCARTEZ-VOUS ! cria Mrs Weasley aux trois filles.
Dans un grand mouvement de baguette, elle engagea le combat. Harry regarda avec un mélange de
terreur et d’allégresse la baguette magique de Molly Weasley tournoyer, cingler, fendre l’air. Le sourire
de Bellatrix Lestrange s’évanouit, se transformant en rictus. Des traits de lumière jaillissaient des deux
baguettes, le sol autour des deux sorcières était brûlant, craquelé. Les deux femmes se livraient un duel
à mort.
— Non ! s’exclama Mrs Weasley lorsque plusieurs élèves se ruèrent à sa rescousse. Reculez !
Reculez ! Elle est à moi ! [...]
— Qu’arrivera-t-il à tes enfants quand je t’aurai tuée ? railla Bellatrix, aussi démente que son
maître, faisant des bonds pour éviter les maléfices qui dansaient autour d’elle. Quand maman sera partie
de la même manière que Freddie ?
— Tu… ne… toucheras… plus jamais… à nos… enfants ! hurla Mrs Weasley.
Bellatrix éclata de rire, du même rire exultant qu’avait eu son cousin Sirius avant de basculer en
arrière à travers le voile, et soudain Harry sut ce qui allait se produire.
Le maléfice de Molly passa sous le bras tendu de Bellatrix et la frappa en pleine poitrine, juste au dessus
du coeur.
Le sourire jubilant de Bellatrix se figea, ses yeux semblèrent sortir de leurs orbites. En une fraction
de seconde, elle comprit ce qui était arrivé, avant de basculer et de s’abattre sur le sol. Des rugissements
s’élevèrent de la foule et Voldemort poussa un cri. [...]
La fureur de
Voldemort en voyant tomber son dernier et meilleur lieutenant avait explosé avec la puissance d’une
bombe.
Jamais encore il n’avait assisté à un mariage, il ne pouvait donc pas savoir en quoi les célébrations des sorciers différaient de celles des Moldus mais il était quasiment sûr que, chez ces derniers, on ne voyait pas de pièce montée ornée de deux petits phénix qui s’envolaient lorsqu’on coupait le gâteau, ni de bouteilles de champagne passant toutes seules parmi la foule des invités. À mesure que le soir tombait et que les papillons de nuit commençaient à s’engouffrer sous le dais, éclairé à présent par des lanternes flottantes, les réjouissances devenaient de plus en plus débridées. Fred et George avaient disparu depuis longtemps dans l’obscurité en compagnie de deux cousines de Fleur. Charlie, Hagrid et un petit sorcier trapu coiffé d’un canotier violet chantaient Odo le héros dans un coin.
Se faufilant dans la foule pour échapper à un oncle de Ron, manifestement ivre, qui se demandait
s’il n’était pas son fils.
— Bien, dit-il en demandant leur attention, j’ai pensé que ce soir, nous devrions revoir tout ce que nous avons fait jusqu’à maintenant, puisque c’est notre dernière réunion avant les vacances et qu’il ne servirait à rien de commencer quelque chose de nouveau à la veille d’une interruption de trois semaines.
— On ne va rien faire de nouveau ? protesta Zacharias Smith dans un murmure de mauvaise humeur assez sonore pour être entendu dans toute la salle. Si j’avais su, je ne serais pas venu.
— Dans ce cas, on regrette tous beaucoup que Harry ne t’ait pas prévenu à temps, dit Fred à haute voix.
— Bill est ici ? demanda-t-il. Je croyais qu’il travaillait en Égypte ?
— Il a fait une demande pour un emploi de bureau. Comme ça, il a pu rentrer et travailler pour l’Ordre, dit Fred. Il prétend que les tombeaux égyptiens lui manquent, mais… il y a des compensations, ajouta-t-il avec un petit rire.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— Tu te souviens de cette bonne vieille Fleur Delacour ? répondit George. Elle a trouvé un travail chez Gringotts pour speaker un betteur Anglish…
— Et Bill lui donne beaucoup de leçons particulières, ricana Fred.
— Quand nous étions sur le Chemin de Traverse…, commença Harry, mais Mr Weasley l’interrompit avec une grimace.
— Vais-je enfin apprendre où vous avez disparu, Ron, Hermione et toi, pendant que vous étiez censés vous trouver dans l’arrière-boutique ?
— Comment avez-vous…
— Harry, s’il te plaît, tu parles à l’homme qui a élevé Fred et George.
— Comme son nom l’indique, on ne peut pas violer un Serment Inviolable…
— Aussi curieux que ça puisse te paraître, je m’en étais douté. Mais qu’est-ce qui se passe si on le viole ?
— Tu en meurs, dit simplement Ron. Fred et George ont voulu m’obliger à en faire un quand j’avais cinq ans. J’ai failli aller jusqu’au bout. Je tenais la main de Fred et il commençait à prononcer la formule quand papa est arrivé. Il est devenu fou, se rappela Ron, l’oeil brillant à l’évocation de ce souvenir. C’est la seule fois où j’ai vu papa aussi en colère que maman. Fred dit que sa fesse gauche n’a plus jamais été la même depuis.
— Pas possible, dit George d’une voix étouffée.
— Il y a eu erreur, dit Fred.
Il arracha la lettre de la main de Ron et la leva contre la lumière comme s’il cherchait un filigrane.
— Aucune personne saine d’esprit n’aurait l’idée de nommer Ron préfet.
Les jumeaux tournèrent la tête d’un même mouvement et regardèrent Harry.
— On pensait que ce serait toi à coup sûr ! dit Fred, d’un ton qui laissait entendre que Harry avait dû leur jouer un tour.
— On croyait que Dumbledore serait forcé de te choisir, ajouta George d’un ton indigné.
— Après avoir remporté le Tournoi des Trois Sorciers et tout ça ! dit Fred.
— J’imagine que toutes ces histoires de folie ont dû jouer contre lui, dit George à Fred.
— Ouais, répondit Fred d’une voix lente. Ouais, tu as causé trop d’ennuis, mon vieux. Enfin, il y en a au moins un de vous deux qui sait où sont ses priorités.
Il s’approcha de Harry et lui donna une claque dans le dos tandis qu’il foudroyait Ron du regard.
— Préfet… Le petit Ronnie préfet.
— Maman va devenir intenable, grogna George en rendant à Ron son insigne, comme s’il avait eu peur d’être contaminé.