Votre recherche :Tome :
Harry Potter et les Reliques de la Mort Hermione toussota et commença la lecture.
— Il était une fois trois frères qui voyageaient au crépuscule, le long d’une route tortueuse et solitaire…
— Quand elle le racontait, maman disait que ça se passait à minuit, fit remarquer Ron qui avait allongé les jambes, ses bras derrière la tête, pour écouter.
Hermione lui jeta un regard agacé.
— Désolé, je pense simplement que c’est un peu plus effrayant si ça se passe à minuit ! insista Ron.
— Justement, ça tombe bien, il n’y a pas assez de choses effrayantes dans notre vie, coupa Harry sans avoir pu s’en empêcher.
En les voyant, Harry sentait son coeur rayonner, se dilater de bonheur : il éprouvait pour chacun d’eux une extraordinaire affection, même pour Mondingus qu’il avait essayé d’étrangler lors de leur dernière rencontre.
— Je suis désolé, dit-il d’une voix sourde. Je suis désolé d’être parti. Je sais que je me suis conduit comme un… un…
Il scruta l’obscurité comme s’il espérait qu’un mot suffisamment fort allait fondre sur lui et
s’imposer d’office.
— On peut dire que tu t’es rattrapé, cette nuit, assura Harry. Aller chercher l’épée, détruire l’Horcruxe, me sauver la vie…
— Tu me fais apparaître plus cool que je ne le suis, marmonna Ron.
— Ce genre de choses paraissent toujours plus cool, comme tu dis, qu’elles ne l’ont vraiment été, répliqua Harry. C’est ce que j’ai essayé de te faire comprendre pendant des années.
Puis un chant de Noël s’éleva à l’intérieur de la petite église.
— Harry, je crois que c’est la veille de Noël ! dit Hermione.
— Ah bon ?
Il avait perdu la notion des dates. Ils n’avaient pas vu un journal depuis des semaines.
— … et tes cheveux sont beaucoup trop longs, Ronald. Au début, je t’ai pris pour ta soeur Ginevra. Par la barbe de Merlin, comment Xenophilius Lovegood s’est-il accoutré ? On dirait une omelette. Et vous, qui êtes-vous ? aboya-t-elle à l’adresse de Harry.
— Ah oui, tante Muriel, voici notre cousin Barny.
— Un autre Weasley ? Ma parole, vous vous reproduisez comme des gnomes. Harry Potter n’est pas là ? J’espérais le rencontrer. Je croyais que c’était un de tes amis, Ronald, à moins que tu ne te sois
vanté ?
— Non, il n’est pas là… Il n’a pas pu venir…
— Mmmmh. Il a trouvé une excuse, hein ? Il n’est donc pas si niais qu’il en a l’air sur ses photos. Je
viens d’expliquer à la mariée comment il convient de porter ma tiare, cria-t-elle à Harry. Elle a été fabriquée par des gobelins, figurez-vous, et ça fait des siècles qu’elle est dans ma famille. C’est une jolie fille mais il n’empêche qu’elle est… française. Voyons, voyons, trouve-moi un bon siège, Ronald, j’ai cent sept ans et il ne faut pas que je reste debout trop longtemps.
Hébété, Harry repensa à la façon dont les Dursley l’avaient enfermé, bouclé dans un placard, caché à la vue des autres, pour avoir commis le seul crime d’être un sorcier. La soeur de Dumbledore avait-elle subi le même traitement pour la raison inverse ? L’avait-on séquestrée parce qu’elle n’était pas suffisamment douée pour la magie ? Et Dumbledore l’avait-il véritablement abandonnée à son sort, pendant que lui-même allait à Poudlard où il se montrait brillant et talentueux ?
— Harry Potter, dit-il très doucement.
Sa voix aurait pu se confondre avec le crépitement du feu.
— Le Survivant.
Les Mangemorts ne bougeaient pas. Ils attendaient. Tout attendait autour d’eux. Hagrid se débattait
et Bellatrix haletait. Inexplicablement, Harry songea à Ginny, à son regard flamboyant, à la sensation de
ses lèvres contre les siennes…
Voldemort avait levé sa baguette, la tête toujours penchée de côté, comme un enfant en proie à la
curiosité, se demandant ce qui arriverait s’il poussait les choses plus loin. Harry soutenait le regard des
yeux rouges. Il voulait que tout se passe vite, pendant qu’il pouvait encore tenir debout, avant qu’il ne
perde le contrôle de lui-même, avant qu’il ne trahisse sa peur…
Il vit alors la bouche remuer, puis il y eut un éclair de lumière verte et tout disparut.
— J’ai aussi modifié les souvenirs de mes parents pour les convaincre qu’ils s’appellent en réalité Wendell et Monica Wilkins et que la grande ambition de leur vie est d’aller s’installer en Australie, ce qu’ils ont fait, à l’heure qu’il est. Tout cela pour rendre la tâche de Voldemort plus difficile s’il veut les retrouver et les interroger à mon sujet – ou au tien car, malheureusement, je leur ai raconté pas mal de choses sur toi.
En admettant que je survive à la chasse aux Horcruxes, j’irai rejoindre papa et maman pour lever le sortilège. Sinon… je crois que j’ai utilisé un charme suffisamment puissant pour qu’ils puissent vivre heureux et en toute sécurité. Wendell et Monica Wilkins ne savent pas qu’ils ont une fille, tu comprends ?
Les yeux d’Hermione étaient à nouveau embués de larmes. Ron se releva de son lit, la prit encore une fois par les épaules et regarda Harry en fronçant les sourcils, comme pour lui reprocher son manque de tact. Harry ne trouva rien à dire, notamment parce qu’il était très inhabituel que Ron donne des leçons de tact.
Une certitude intérieure venait de s’effondrer en lui. C’était exactement ce qu’il avait éprouvé après le départ de Ron. Il avait eu confiance en Dumbledore, il avait été convaincu qu’il était l’incarnation du bien et de la sagesse. Tout cela partait en cendres : que pouvait-il encore perdre ? Ron, Dumbledore, la baguette à la plume de phénix.
Pensées de Harry à propos des révélations de Rita Skeeter sur Dumbledore
Personnages concernés : Harry Potter, Albus Dumbledore, Ron Weasley
— Vous parlez de Muriel ? demanda George qui émergeait du chapiteau en compagnie de Fred. Elle vient de me faire remarquer que mes oreilles ne sont pas symétriques. Quelle vieille toupie ! En revanche, j’aurais bien voulu que l’oncle Bilius soit encore parmi nous. On rigolait bien, avec lui, aux
mariages.
— Ce ne serait pas celui qui est mort vingt-quatre heures après avoir vu un Sinistros ? interrogea Hermione.
— Oui, il faut dire qu’il était un peu bizarre, vers la fin, admit George.
— Mais avant qu’il devienne dingue, c’était un vrai boute-en-train, dit Fred. Il vidait toute une bouteille de whisky Pur Feu puis se précipitait sur la piste de danse, soulevait sa robe et faisait sortir des
bouquets de fleurs de son…
— Un vrai charmeur, coupa Hermione tandis que Harry éclatait d’un grand rire.
— Il ne s’est jamais marié, je ne sais pas pourquoi, ajouta Ron.
— Tu m’étonnes, répliqua Hermione.
Page 25 sur 28
271 résultats