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Harry Potter et les Reliques de la Mort Agité et irritable, Ron avait contracté une manie agaçante qui consistait à
jouer dans sa poche avec le Déluminateur. Hermione en était particulièrement exaspérée car, pour passer
le temps en attendant le retour de Kreattur, elle étudiait Les Contes de Beedle le Barde et n’appréciait
guère que les lumières ne cessent de s’éteindre et de se rallumer.
— Tu vas arrêter ça, oui s’écria-t-elle.
C’était la troisième soirée d’absence de Kreattur et les lumières venaient à nouveau de s’éteindre
dans le salon.
— Désolé, désolé ! répondit Ron en actionnant le Déluminateur pour rallumer les lampes. Je le fais
sans y penser.
— Tu ne pourrais pas trouver quelque chose de plus utile pour t’occuper ?
— Quoi, par exemple ? Lire des contes pour les mômes ?
— Dumbledore m’a légué ce livre, Ron…
— Et moi, il m’a légué le Déluminateur. C’était peut-être pour que je m’en serve !
— Je sais ce que tu es.
— Comment ça ?
— Tu es… Tu es une sorcière, chuchota Rogue.
Lily parut offensée.
— Ce n’est pas très gentil de dire ça à quelqu’un !
Elle tourna la tête, levant le nez en signe de dédain, et s’éloigna à grands pas en direction de sa soeur.
— Non ! s’écria Rogue.
— Grindelwald. Enfin, mon frère avait un égal à qui parler, quelqu’un d’aussi brillant, d’aussi talentueux que lui. S’occuper d’Ariana devint alors très secondaire, pendant qu’ils mijotaient leurs plans pour établir un ordre nouveau chez les sorciers, et chercher les reliques ou faire je ne sais quoi encore qui les intéressait tant. De grands projets qui devaient bénéficier à toute la communauté magique, et si on négligeait de prendre soin d’une fillette, quelle importance, puisque Albus travaillait pour le plus grand bien ?
J’ai beaucoup appris, à présent. Je comprends aujourd’hui des choses qui m’échappaient auparavant. Je dois être celui qui tuera Harry Potter et je le serai.
Harry envoyait en rafales des sortilèges de Stupéfixion qui parvenaient à peine à tenir les Mangemorts à distance. Lorsqu’il leur lança un nouveau maléfice paralysant, le Mangemort qui se trouvait le plus près de lui vira pour y échapper et son capuchon glissa de sa tête. À la lueur rougeoyante du sortilège, Harry aperçut alors le visage étrangement inexpressif de Stan Rocade… Stan…
— Expelliarmus ! hurla Harry.
— C’est lui, c’est lui, le vrai !
— Lorsque ma soeur avait six ans, elle a été attaquée, agressée, par trois Moldus. Ils l’avaient vue pratiquer la magie en l’épiant à travers la haie du jardin. C’était une enfant, elle n’arrivait pas à contrôler ses pouvoirs, aucun sorcier ne le peut, à cet âge. J’imagine que ce qu’ils avaient vu les avait effrayés. Ils se sont introduits dans le jardin à travers la haie et comme elle était incapable de leur montrer le « truc » qui permettait d’en faire autant, ils se sont un peu emportés en voulant empêcher le petit monstre de recommencer. [...] Ce qu’ils lui ont infligé l’a détruite. Elle n’a plus jamais été la même. Elle ne voulait plus entendre parler de magie mais elle ne parvenait pas à s’en débarrasser. Alors, la magie, enfermée à l’intérieur, l’a rendue folle, elle explosait hors d’elle quand elle n’arrivait pas à la contrôler, et parfois elle se montrait étrange, dangereuse même. Mais la plupart du temps, elle était douce, craintive, inoffensive.
— Tu as montré du caractère et de la bravoure et tu es issu d’une noble lignée. Tu feras un précieux
Mangemort. Nous avons besoin de gens comme toi, Neville Londubat. [Voldemort]
— Je me rallierai à vous quand il gèlera en enfer ! répondit Neville. L’armée de Dumbledore ! s’écria-t-il.
— Il existait peut-être un homme sur un million qui pouvait rassembler les reliques, Harry. Je
n’étais capable de posséder que la plus médiocre, la moins extraordinaire. Je pouvais posséder la
Baguette de Sureau, et ne pas m’en vanter, ne pas m’en servir pour tuer. Il m’était permis de la dominer,
de l’utiliser, simplement parce que je l’avais prise, non pour un bénéfice personnel, mais pour sauver les
autres de ses méfaits.
La cape, en revanche, je l’ai examinée par une simple et vaine curiosité. Elle n’aurait jamais
fonctionné pour moi aussi bien que pour toi, son véritable propriétaire. Quant à la pierre, je m’en serais
servi pour essayer de ramener ceux qui reposaient en paix, plutôt que pour accomplir le sacrifice de
moi-même, comme toi tu l’as fait. Tu es le digne possesseur des reliques.
— Que se passe-t-il, Queudver ? lança Lucius Malefoy, au-dessus d’eux.
— Rien ! répondit Ron, dans une imitation acceptable de la voix sifflante de Pettigrow. Tout va bien ! Harry avait du mal à respirer.
— Tu veux me tuer ? haleta-t-il en essayant de se dégager des doigts métalliques. Alors que je t’ai sauvé la vie ? Tu as une dette envers moi, Queudver !
Les doigts d’argent relâchèrent leur étreinte. Harry ne s’y était pas attendu. Abasourdi, il se libéra, gardant sa main plaquée sur la bouche de Queudver. Il vit ses petits yeux de rat s’écarquiller dans une expression de surprise apeurée : il semblait aussi stupéfié que Harry par ce que sa main venait de faire, par ce minuscule élan de commisération qu’elle avait trahi.
JAMES POTTER, NÉ LE 27 MARS 1960,
MORT LE 31 OCTOBRE 1981
LILY POTTER, NÉE LE 30 JANVIER 1960,
MORTE LE 31 OCTOBRE 1981
LE DERNIER ENNEMI QUI SERA DÉTRUIT, C’EST LA MORT
Harry lut lentement ces mots, comme si c’était sa seule et unique chance d’en comprendre le sens, et
prononça la citation à haute voix :
— Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort…
Une horrible pensée lui vint alors en tête, accompagnée d’une sorte de panique.
— Ce ne serait pas une idée de Mangemort ? Pourquoi cette phrase est-elle écrite ici ?
— Ça ne veut pas dire vaincre la mort à la manière des Mangemorts, Harry, répondit Hermione
d’une voix douce. Ça signifie… enfin, tu comprends… vivre au-delà de la mort. Vivre après la mort.
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