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Harry Potter et les Reliques de la Mort L’endroit était vide. Il était la seule personne présente, en dehors de…
Il eut un mouvement de recul. Il venait de voir la chose qui produisait tous ces bruits. Elle avait la forme d’un petit enfant nu, recroquevillé par terre, la peau à vif, rêche, comme écorchée, et reposait,
frissonnante, sous le siège où on l’avait laissée, rejetée, cachée à la vue, luttant pour respirer.
Harry en avait peur. Même si la créature était fragile, toute petite, blessée, il ne voulait pas s’en approcher. Il s’avança cependant un peu plus, prêt à bondir en arrière à tout moment. Bientôt, il en fut suffisamment proche pour la toucher, mais ne put se résoudre à le faire. Il se sentit lâche. Il aurait dû essayer de la réconforter, mais il éprouvait de la répulsion.
— Tu ne peux pas l’aider.
Il pivota sur ses talons. Albus Dumbledore marchait vers lui, droit et fringant, vêtu d’une longue robe bleu nuit.
— Harry.
Il ouvrit largement les bras et ses mains étaient toutes deux blanches et intactes.
— Tu es décidément un garçon merveilleux ! Un homme courageux, très courageux ! Viens avec moi.
— Ce vieil imbécile, marmonna Abelforth. [...] Il a toujours pensé que mon frère répandait le soleil par tous ses orifices, il en était convaincu. Comme beaucoup d’autres, d’ailleurs, y compris vous trois, si j’en crois les apparences.
— Qu’est-ce que vous avez fait du dragon ? [Neville]
— On l’a relâché dans la nature, répondit Ron. Hermione avait très envie de le garder avec elle…
— N’exagère pas, Ron…
Albus a été bouleversé par la mort d’Ariana. C’était tellement affreux pour les deux frères. Ils avaient perdu toute, leur famille, il n’y avait plus qu’eux. Pas étonnant qu’ils aient eu les nerfs à vif. Abelforth rejetait la responsabilité sur Albus, comprenez-vous, comme c’est souvent le cas en d’aussi terribles circonstances. Mais Abelforth disait toujours des choses un peu folles, le pauvre garçon. Enfin, quand même, casser le nez d’Albus pendant l’enterrement, ce n’était pas très convenable.
— J’arrive trop tard ? C’est déjà commencé ? Je viens seulement d’apprendre ce qui se passait, et
je… je…
Les balbutiements de Percy s’évanouirent dans le silence. Visiblement, il ne s’était pas attendu à
tomber sur sa famille presque au complet. Il y eut un long moment de stupéfaction, enfin brisé par Fleur
qui se tourna vers Lupin. Dans une tentative cousue de fil blanc, elle s’efforça de rompre la tension en
demandant :
— Au fait… Comment va le petit Teddy ?
Lupin sursauta, interloqué. Le silence qui s’était établi entre les Weasley semblait se solidifier,
comme de la glace.
— Je… Oui… il va très bien ! répondit Lupin d’une voix sonore. Tonks est avec lui… chez sa mère.
Percy et les autres Weasley continuaient de s’observer, pétrifiés.
Le grand atrium semblait plus sombre que dans ses souvenirs. Auparavant, une fontaine d’or occupait le centre du hall, projetant des reflets de lumière scintillante sur les murs lambrissés et le parquet de bois poli. À présent, une gigantesque statue de pierre noire dominait le décor. C’était une grande sculpture, assez effrayante, représentant une sorcière et un sorcier assis sur des trônes ouvragés. Les deux figures regardaient de haut les employés du ministère qui tombaient des cheminées. Gravés au bas de la sculpture, en lettres d’une trentaine de centimètres de hauteur, on lisait ces mots : LA MAGIE EST PUISSANCE.
[...]
— C’est horrible, hein ? dit-elle à Harry qui avait levé la tête et contemplait la statue. Tu as vu sur quoi ils sont assis ?
Harry regarda plus attentivement et s’aperçut que ce qu’il avait pris pour des trônes ouvragés était
en fait un entassement d’êtres humains sculptés : des centaines et des centaines de corps nus d’hommes, de femmes, d’enfants, aux visages laids et stupides, étaient serrés les uns contre les autres, dans des
poses contournées, pour supporter le poids des sorciers élégamment vêtus de leurs robes.
— Des Moldus, murmura Hermione. Remis à leur place. Venez, on y va.
— Qu’est-ce que vous faites avec Potter pendant toutes ces soirées où vous êtes enfermés tous les deux ? demanda brusquement Rogue.
Dumbledore eut un air las.
— Pourquoi ? Vous voudriez lui infliger encore plus de retenues, Severus ? Ce garçon aura bientôt passé plus de temps en retenue que dehors.
— On dirait que c’est son père qui est revenu…
— Dans son apparence physique, peut-être, mais sa nature profonde est plus proche de celle de sa mère.
— Je vous demande cette grande et unique faveur, Severus, car la mort vient à moi aussi sûrement que les Canons de Chudley arriveront derniers du championnat cette année. Je dois vous avouer que je préférerais une sortie rapide et indolore plutôt que longue et répugnante si, par exemple, Greyback s’en mêlait – j’ai entendu dire que Voldemort l’avait pris à son service ? Ou encore, si j’avais affaire à cette chère Bellatrix qui aime bien jouer avec la nourriture avant de la manger.
— Très bien, très bien. Mais ne le dites jamais à personne, Dumbledore, jamais à personne ! Cela doit rester entre nous ! Jurez-le ! Je ne peux pas supporter… Surtout le fils de Potter… Je veux votre parole !
— Vous voulez ma parole, Severus, que je ne révélerai jamais ce qu’il y a de meilleur en vous ? soupira Dumbledore en baissant les yeux sur le visage à la fois féroce et angoissé de Rogue. Si vous insistez…
— Madame Lestrange, murmura Tom.
Au passage d’Hermione, il inclina la tête avec servilité.
— Bonjour, dit Hermione.
Quand Harry se glissa silencieusement devant le bar, portant toujours Gripsec sous la cape, il vit une expression de surprise sur le visage de Tom.
— Trop polie, murmura Harry à l’oreille d’Hermione lorsqu’ils sortirent dans la petite cour de l’auberge. Il faut traiter les gens comme des détritus.
— D’accord, d’accord !
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