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Hermione Granger — J’ai couru après toi ! Je t’ai appelé ! Je t’ai supplié de revenir !
— Je sais, dit Ron. Hermione, je suis désolé, vraiment, je suis…
— Ah, tu es désolé !
Elle éclata de rire, d’un rire aigu, incontrôlable. Ron se tourna vers Harry en quête de secours, mais
celui-ci lui répondit par une grimace impuissante.
— Tu reviens après des semaines… des semaines… et tu penses qu’il te suffira de dire « désolé »
pour que tout s’arrange ?
— Qu’est-ce que tu veux que je dise d’autre ? s’écria Ron.
Harry fut content qu’il se défende.
— Oh, je ne sais pas ! vociféra Hermione avec une ironie redoutable. Creuse-toi la cervelle, ça ne
devrait pas te prendre plus de deux ou trois secondes…
— Hermione, intervint Harry, qui considérait cette dernière réplique comme un coup bas, il vient de
me sauver la…
— Je m’en fiche ! hurla-t-elle. Je me fiche de ce qu’il a fait !
— Ça doit encore être une de ces histoires de gobelins qui prétendent que les sorciers essayent toujours de prendre l’avantage sur eux, affirma Ron. On peut s’estimer heureux qu’il ne nous ait pas réclamé une de nos baguettes.
— Les gobelins ont de bonnes raisons de ne pas aimer les sorciers, Ron, rétorqua Hermione. Ils ont été maltraités dans le passé.
— Les gobelins ne sont pas vraiment de mignons petits lapins, fit remarquer Ron. Ils ont tué beaucoup d’entre nous. Ils nous ont combattus sans pitié.
— Mais discuter avec Gripsec pour essayer de savoir laquelle des deux espèces est la plus fourbe et la plus violente ne l’incitera pas à nous aider davantage, tu ne crois pas ?
Lorsqu’ils avancèrent le long de la rue, les mendiants aperçurent Hermione et semblèrent disparaître devant elle, tirant leur capuchon sur leur visage, fuyant aussi vite qu’ils le pouvaient. Hermione les regarda avec curiosité, jusqu’à ce que l’homme au bandage ensanglanté vienne d’un pas chancelant lui barrer le chemin.
— Mes enfants ! mugit-il en pointant le doigt sur elle. Il y avait un accent de détresse dans sa voix éraillée, haut perchée.
— Où sont mes enfants ? Qu’a-t-il fait d’eux ? Vous le savez, vous le savez !
— Je… en fait, je…, balbutia Hermione.
L’homme se jeta sur elle, essayant de la prendre à la gorge. Un éclair rouge jaillit aussitôt, accompagné d’un bang !, et il fut projeté à terre, inconscient. Ron resta figé, sa baguette toujours tendue devant lui, une expression d’horreur perceptible derrière sa barbe.
JAMES POTTER, NÉ LE 27 MARS 1960,
MORT LE 31 OCTOBRE 1981
LILY POTTER, NÉE LE 30 JANVIER 1960,
MORTE LE 31 OCTOBRE 1981
LE DERNIER ENNEMI QUI SERA DÉTRUIT, C’EST LA MORT
Harry lut lentement ces mots, comme si c’était sa seule et unique chance d’en comprendre le sens, et
prononça la citation à haute voix :
— Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort…
Une horrible pensée lui vint alors en tête, accompagnée d’une sorte de panique.
— Ce ne serait pas une idée de Mangemort ? Pourquoi cette phrase est-elle écrite ici ?
— Ça ne veut pas dire vaincre la mort à la manière des Mangemorts, Harry, répondit Hermione
d’une voix douce. Ça signifie… enfin, tu comprends… vivre au-delà de la mort. Vivre après la mort. Le coeur battant, Harry retourna son questionnaire - trois rangées à sa droite, à quatre tables devant lui, Hermione avait déjà commencé à écrire - et lut la première question : « a) Donnez la formule et b) décrivez le mouvement de baguette magique permettant de faire voler un objet. »
Harry eut le souvenir fugitif d’une massue qui s’élevait très haut dans les airs et retombait avec un craquement sinistre sur le crâne épais d’un troll… Esquissant un sourire, il se pencha sur son parchemin et commença à écrire.
Lorsque Hermione fut retournée dans son lit, Harry baissa la voix :
— Tu l’as approuvée simplement pour te faire bien voir.
— Comme dit le proverbe, À la guerre et en amour, tous les coups sont permis, répliqua Ron d’un
ton joyeux. Et en l’occurrence, on est un peu dans les deux.
— Quand nous étions sur le Chemin de Traverse…, commença Harry, mais Mr Weasley l’interrompit avec une grimace.
— Vais-je enfin apprendre où vous avez disparu, Ron, Hermione et toi, pendant que vous étiez censés vous trouver dans l’arrière-boutique ?
— Comment avez-vous…
— Harry, s’il te plaît, tu parles à l’homme qui a élevé Fred et George.
— L’arme est cachée dans la cabane de Hagrid, c’est cela ? demanda Ombrage, impatiente, à l’oreille de Harry.
— Bien sûr que non, répondit Hermione d’un ton cinglant. Hagrid aurait pu la déclencher accidentellement.
— Oui, dit Ombrage, de plus en plus excitée. Oui, bien sûr, c’était le risque avec cet hybride imbécile.
— Tu devrais écrire un livre, dit Ron à Hermione en coupant ses pommes de terre. Un truc qui donne la traduction des idioties que font les filles pour que les garçons puissent comprendre à quoi ça rime.
— Je t’adore, Hermione ! s’exclama Ron.
Il s’enfonça dans son fauteuil en se frottant les yeux d’un air las.
Hermione rosit légèrement et répondit :
— Ne répète pas ça quand Lavande est dans les parages.
— Non, dit Ron, le visage dans les mains. Ou plutôt si… Comme ça, elle me laissera tomber…
— Pourquoi tu ne la laisses pas tomber toi-même si tu en as assez ? interrogea Harry.
— Tu n’as jamais laissé tomber personne, toi ? remarqua Ron. Avec Cho, vous avez simplement…
— … cessé de nous voir, oui, acheva Harry.
— J’aimerais bien que ça se passe de la même façon entre Lavande et moi, marmonna Ron d’un air lugubre. Mais plus j’essaye de lui faire comprendre que je voudrais en finir, plus elle s’accroche. J’ai l’impression de sortir avec le calmar géant.
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