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Harry Potter — Tu as parlé à la fois comme le fils de ton père et de ta mère et comme le digne filleul de Sirius ! assura Dumbledore en exprimant son approbation par une petite tape sur l’épaule. Je te tire mon chapeau – ou tout au moins, je le ferais si je n’avais pas peur de te couvrir d’araignées.
— Le Baron Sanglant m’a dit qu’il l’avait vu arriver, déclara Nick. À l’en croire, il avait l’air de bonne humeur, quoique un peu fatigué, bien sûr.
— Où est-il ? demanda Harry qui sentit son coeur bondir dans sa poitrine.
— Oh, il gémit et fait des bruits de chaînes dans la tour d’astronomie, c’est un de ses passe-temps préférés…
— Pas le Baron Sanglant, Dumbledore !
— Je veux que vous me fournissiez une potion qui le forcera à me révéler la vérité !
— Je vous ai déjà dit, répondit Rogue avec douceur, qu’il ne me reste plus de Veritaserum. À moins que vous ne souhaitiez empoisonner Potter - et je puis vous assurer qu’une telle tentative m’inspirerait la plus grande sympathie - il m’est impossible de vous aider. Le seul ennui, c’est que la plupart des venins agissent trop vite pour laisser à la victime le temps de dire tout ce qu’elle sait.
À ce moment-là, ils ont dû estimer qu’il n’y avait plus qu’un seul moyen de m’arrêter et ils s’en sont pris à ma grand-mère.
— Quoi ? s’exclamèrent Harry, Ron et Hermione d’une même voix.
— Oui, dit Neville, qui haletait un peu à cause de la pente raide que suivait le passage. On comprend leur raisonnement. Ils avaient obtenu de très bons résultats en kidnappant des élèves pour
obliger leur famille à rentrer dans le rang, il fallait s’attendre à ce qu’ils appliquent la même méthode dans l’autre sens. Seulement voilà – il se tourna pour leur faire face et Harry fut étonné de le voir sourire –, ils ne savaient pas à quoi ils s’exposaient avec ma grand-mère. Une petite vieille qui vivait
seule, ils ont sans doute pensé qu’il était inutile d’envoyer quelqu’un de très qualifié. Le résultat, s’esclaffa Neville, c’est que Dawlish est toujours à Ste Mangouste et que ma grand-mère est en fuite.
Elle m’a envoyé une lettre – il tapota la poche de poitrine de sa robe – pour me dire qu’elle était fière de moi, que j’étais le digne fils de mes parents et que je devais continuer comme ça.
— Cool, ta grand-mère, dit Ron.
— Oui, approuva Neville d’un air joyeux.
— Avez-vous compris le contenu de mon petit mot, Minerva ? demanda le professeur Ombrage d’un ton mielleux, en oubliant cette fois de tousser.
— Bien sûr que j’ai compris, répliqua le professeur McGonagall, les dents si serrées que sa voix sembla un peu étouffée.
— Dans ce cas, quelque chose m’échappe… J’ai bien peur de ne pas saisir pourquoi vous donnez à Mr Potter de faux espoirs sur…
— De faux espoirs ? répéta le professeur McGonagall en refusant toujours de regarder Ombrage. Il a obtenu des notes élevées dans tous ses examens de défense contre les forces du Mal…
— Je suis profondément navrée d’avoir à vous contredire, Minerva, mais si vous lisez bien mon petit mot, vous verrez que les résultats de Harry dans ma classe ont été très médiocres…
— J’aurais dû me montrer plus explicite, dit le professeur McGonagall en se tournant enfin vers Ombrage pour la regarder droit dans les yeux. Il a obtenu des notes élevées aux examens de défense contre les forces du Mal chaque fois qu’il a eu affaire à un professeur compétent.
Puis une silhouette se leva à la table des Serpentard et il reconnut Pansy Parkinson qui tendit un bras tremblant et hurla :
— Mais il est là ! Potter est là ! Que quelqu’un l’attrape !
Avant que Harry ait pu ouvrir la bouche, il y eut un mouvement collectif. Devant lui, les Gryffondor s’étaient dressés et faisaient face, non pas à Harry lui-même, mais aux Serpentard. Puis les Poufsouffle se mirent debout à leur tour et, presque au même moment, les Serdaigle les imitèrent, le dos tourné à Harry, les yeux fixés sur Pansy. Harry, impressionné, bouleversé, vit des baguettes magiques jaillir de partout, sortant de sous les capes ou de l’intérieur des manches.
— Merci, Miss Parkinson, dit le professeur McGonagall d’un ton cassant. Vous allez quitter la Grande Salle la première avec Mr Rusard. Il serait souhaitable que les autres élèves de votre maison partent avec vous.
— Je pense que je vais enlever cinquante points à Gryffondor pour votre retard, dit Rogue. Et, voyons… encore vingt pour votre accoutrement de Moldu. Je crois qu’aucune maison n’a eu un nombre négatif de points si tôt dans le trimestre – nous n’en sommes même pas au dessert. Il se peut que vous ayez établi un record, Potter. [...] J’imagine que vous aviez l’intention de faire une entrée remarquée ? poursuivit Rogue. Et comme il n’y avait pas de voiture volante disponible, vous avez pensé que surgir dans la Grande Salle en plein milieu du festin aurait un effet spectaculaire.
— C'était votre tête, Potter. Votre tête qui flottait en l'air. Il y eut un long silence.
— Il ferait peut-être bien de consulter Madame Pomfresh, suggéra Harry. S'il voit des choses comme...
— Qu'est-ce que votre tête pouvait bien faire à Pré-au-lard, Potter ? l'interrompit Rogue. Votre tête n'a pas le droit de se rendre là-bas. Aucune partie de votre corps n'a reçu l'autorisation d'aller à Pré-au-lard.
— ...À contrecoeur, la
Mort lui tendit alors sa propre Cape d’Invisibilité. [Hermione lisant le conte des Trois Frères]
— La Mort a une cape d’invisibilité ? l’interrompit Harry.
— Pour s’approcher des gens sans être vue, expliqua Ron. Parfois, elle en a assez de se précipiter
sur ses victimes en agitant les bras et en poussant des cris…
Il ne savait pas pourquoi il agissait ainsi, pourquoi il s’approchait du mourant. Il ne savait même pas très bien ce qu’il ressentait en voyant le visage livide de Rogue et ses doigts qui essayaient d’étancher la plaie sanglante de son cou. Il enleva la cape d’invisibilité et baissa le regard vers l’homme qu’il haïssait. Les yeux de Rogue se posèrent sur Harry. Il essaya de parler. Lorsque Harry se pencha, Rogue saisit le devant de sa robe et l’attira vers lui. Un râle, un gargouillement abominable sortit de sa gorge.
— Prenez-… les… Prenez-… les…
Quelque chose d’autre que du sang ruisselait du visage de Rogue. D’un bleu argenté, ni gaz, ni liquide, la substance jaillissait de sa bouche, de ses oreilles, de ses yeux. Harry savait ce que c’était, mais ne savait que faire…
Hermione glissa alors dans ses mains tremblantes une flasque, surgie de nulle part. À l’aide de sa baguette, Harry y versa la substance argentée. Lorsque la flasque fut pleine et que Rogue sembla ne plus avoir en lui une goutte de sang, l’étreinte de sa main sur la robe de Harry se desserra.
— Regardez-… moi, murmura-t-il.
Les yeux verts de Harry croisèrent les yeux noirs de Rogue mais un instant plus tard, quelque chose sembla s’éteindre au fond du regard sombre qui devint fixe, terne, vide. La main qui tenait encore Harry retomba avec un bruit sourd et Rogue ne bougea plus.
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