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Harry Potter à l'École des Sorciers Harry aperçut Malefoy, Crabbe et Goyle qui arboraient un air triomphant en le regardant
partir sur les talons du professeur McGonagall. Harry savait qu'il allait être renvoyé. Il aurait voulu dire quelque chose pour se défendre, mais il avait l'impression que sa voix refusait de lui obéir. Le professeur McGonagall avançait à grands pas sans même le regarder et il lui fallait courir pour la suivre. Il n'avait pas tenu deux semaines. Dans dix minutes, il devrait faire sa valise. Que diraient les Dursley quand ils le verraient sur le pas de la porte ?
Il monta les marches de pierre, puis l'escalier de marbre. Le professeur McGonagall ne disait toujours rien. Elle ouvrait les portes à la volée et arpentait les couloirs, Harry sur ses talons. Peut-être l'emmenait-elle dans le bureau de Dumbledore. Il pensa à Hagrid qui s'était fait renvoyer mais qui avait pu rester à Poudlard comme garde-chasse. Peut-être pourrait-il devenir son assistant ? Il sentit son estomac se nouer à l'idée de voir Ron et les autres devenir sorciers tandis qu'il serait condamné à suivre Hagrid en portant son sac.
— Lui, c'est Crabbe et l'autre, c'est Goyle, dit le garçon d'un air détaché. Moi, je m'appelle Malefoy, Drago Malefoy.
Ron eut une toux discrète qui ressemblait à un ricanement. Drago Malefoy tourna les yeux vers lui.
— Mon nom te fait rire ? Inutile de te demander le tien. Mon père m'a dit que tous les Weasley ont les cheveux roux, des taches de rousseur et beaucoup trop d'enfants pour pouvoir les nourrir.
— Fais bien attention à qui tu fréquentes, Potter. Si tu veux éviter les gens douteux, je peux te donner des conseils.
Malefoy lui tendit la main, mais Harry refusa de la serrer.
— Je n'ai besoin de personne pour savoir qui sont les gens douteux, dit-il avec froideur.
Les joues pâles du garçon rosirent légèrement,
— Si j'étais toi, je serais un peu plus prudent, Potter, dit-il lentement. Si tu n'es pas plus poli, tu vas finir comme tes parents. Eux aussi ont manqué de prudence. Si tu trames avec de la racaille comme les Weasley ou ce Hagrid, ils finiront par déteindre sur toi.
—J'ai décidé de l'appeler Norbert, dit Hagrid en regardant le dragon avec des yeux embués. Il me connaît bien, maintenant, regardez. Norbert ! Norbert ! Où est maman ?
—Il a perdu la boule, murmura Ron à l'oreille de Harry.
Mrs Dursley avait passé une journée agréable et parfaitement normale. Au cours du dîner, elle lui raconta tous les problèmes que la voisine d'à côté avait avec sa fille et lui signala également que Dudley avait appris un nouveau moi: « Veux pas ! ».
Harry se sentait parfaitement à l'aise, à présent. Il jeta à nouveau un coup d'oeil à la Grande Table. Hagrid vidait son gobelet, le professeur McGonagall bavardait avec Albus Dumbledore et le professeur Quirrell, avec son turban ridicule, parlait à l'un de ses collègues, un homme aux cheveux noirs et gras, le nez crochu, le teint cireux.
Tout se passa en un éclair. Le professeur au nez crochu regarda Harry dans les yeux et celui-ci ressentit aussitôt une douleur aiguë, fulgurante, à l'endroit de sa cicatrice.
— Aie ! s'écria Harry en se plaquant une main sur le front.
— Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta Percy.
— R... rien...
La douleur avait disparu aussi vite qu'elle était venue. En revanche, Harry n'arrivait pas à chasser la sensation qu'il avait éprouvée en croisant le regard du professeur—la sensation que cet homme ne l'aimait vraiment pas.
— Qui c'est, le prof qui parle avec Quirrell ? demanda-t-il à Percy.
— Tu connais déjà Quirrell ? Pas étonnant qu'il ait l'air si nerveux, l'autre, c'est le professeur Rogue. Il est chargé des cours de potions, mais ça ne lui plaît pas. Tout le monde sait qu'il essaye de prendre la place de Quirrell. Il en connaît un rayon en magie noire, ce Rogue.
Harry observa longuement le professeur Rogue, mais celui-ci ne tourna plus les yeux vers lui.
— Mais si on se fait prendre, vous aussi, vous serez renvoyés, fit remarquer Harry.
— Je pourrai peut-être m'arranger, répondit Hermione. Flitwick m'a dit en secret que j'avais cent douze pour cent de bonnes réponses à son examen.
Une lueur de respect et de sympathie brillait dans le regard de Hagrid, mais Harry, au lieu de ressentir de la fierté, avait la certitude que tout cela n'était qu'un terrible malentendu. Lui, un sorcier ? Comment serait-ce possible ? Toute sa vie, il avait été brutalisé par Dudley et malmené par l'oncle Vernon et la tante Pétunia. S'il était vraiment un sorcier, pourquoi ne les avait-il pas changés en crapauds chaque fois qu'ils l'enfermaient dans son placard ? S'il avait été capable de vaincre le plus grand sorcier du monde, comment se faisait-il que Dudley ait pu le traiter comme un ballon de football ?
— Hagrid, dit-il, je crois que vous avez fait une erreur. Je ne suis pas un sorcier.
Les Dursley achetèrent à Dudley et à Piers de grosses glaces au chocolat. Mais, avant qu'ils aient eu le temps de repartir, la jeune femme souriante qui vendait les glaces avait demandé à Harry ce qu'il voulait et ils avaient fini par lui acheter une sucette à bon marché. Elle n'était d'ailleurs pas si mauvaise que ça, pensa Harry tandis qu'il la léchait devant la cage d'un gorille occupé à se gratter la tête. L'animal ressemblait étrangement à Dudley, sauf qu'il n'était pas blond.
—J'en suis désolé, mais c'est moi qui ai vendu la baguette responsable de cette cicatrice, dit-il d'une voix douce, 33,75 centimètres. En bois d'if. Une baguette puissante, très puissante, et entre des mains maléfiques... Si j'avais su ce que cette baguette allait faire en sortant d'ici...
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